Pour
créer des embryons in vitro dans le cadre d'une fécondation in
vitro, la femme doit subir une stimulation ovarienne qui permettra de
recueillir en une fois une dizaine d'ovocytes. Ces ovocytes sont ensuite
fécondés avec les spermatozoïdes du conjoint. Une dizaine d'embryons
sont ainsi créés. Deux embryons maximum sont réimplantés chez la femme,
pour éviter les risques encourus par une grossesse multiple. Les autres
embryons, dits "surnuméraires", sont congelés avec l'accord des parents
pendant cinq ans au bout desquels les embryons sont détruits. Si les
parents désirent agrandir leur famille, certains seront implantés plus
tard dans l'utérus maternel. Quand il n'y a plus de "projet parental",
les parents doivent décider du sort de leur embryon : la destruction, le
don à un couple stérile, le don à la recherche.
Nathalie et son mari ont eu
recours à une FIV en 2003. Ils ont des jumeaux de 3 ans et ne désirent
pas d'autres enfants. Ils doivent décider d'ici 2 ans du sort de ses 5
embryons congelés. Elle témoigne :"cela me pèse énormément. J'ai beau
tourner la question dans tous les sens, je ne sais pas quelle décision
prendre". Pour Laurence qui a 4 embryons congelés : "comment
décider de détruire ou de donner ce qui s'avère être mes enfants en
devenir, les frères ou sœurs potentiels de mes jumeaux ?".
Pour Laure Camborieux,
présidente de l'association Maïa qui vient en aide aux couples
infertiles, l'information aux parents sur la problématique des embryons
surnuméraires est insuffisante. Faute d'aide, les parents "jouent à
la politique de l'autruche". Le Dr Erik Emard, biologiste
responsable du centre PMA de la polyclinique de l'Atlantique à Nantes,
constate que "moins de 10 % des couples se rappellent à nous au bout
des cinq ans".
Selon Le Figaro, fin
2004, 134 358 embryons congelés étaient conservés. 59 % bénéficiaient
d'un "projet parental". Près de 6 300 embryons ont été donnés à la
recherche. Quelques 9300 parents ont choisi de confier leurs embryons à
l'adoption.
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