Le
magazine Valeurs Actuelles consacre un dossier sur les "cellules
de l'espoir" ou "comment concilier la science et l'éthique ?"
Le Dr Nicolas Forraz codirige une
équipe de recherche à l'université de Newcastle et vient de réaliser "une
première mondiale" en fabricant un mini foie miniature à partir de
cellules souches de sang de cordon ombilical (cf.
revue de presse du 03/12/06). Le
chercheur regrette qu' "en Grande -Bretagne, plus de 90% des
financements vont aux cellules souches embryonnaires, alors que ce que
nous faisons est plus proche du domaine clinique ou a déjà débouché sur
des succès cliniques". En Grande-Bretagne, la recherche sur les
cellules embryonnaires est autorisée depuis quinze ans mais aucune
recherche n'a abouti à des traitements thérapeutiques. De son côté, le
Dr Serge Braun, directeur scientifique de l'AFM, déclare : "peut être
que les cellules souches adultes sont plus appropriées pour certaines
applications et les cellules embryonnaires pour d'autres. La question
n'est pas de les opposer mais d'identifier les intérêts et le potentiel
des unes et des autres". Il réclame, à l'instar d'autres chercheur,
la légalisation du clonage dit thérapeutique.
Le Pr Huriet, président de l'Institut Curie, estime que "face aux
cellules souches adultes, il y a eu d'emblée une réaction de
contestation à mon sens très idéologique de la part des chercheurs
engagés. Il existe des enjeux économiques liés à l'antériorité de la
découverte des cellules souches embryonnaires. Des firmes ont investi
beaucoup d'argent avant que n'apparaissent les possibilités des cellules
adultes".
Le Monde fait témoigner
dans ses colonnes des parents qui ont eu recours au diagnostic
préimplantatoire (DPI). En France, 34 enfants sont nés en 2004 par DPI.
Israël Nisand, professeur de gynécologie obstétrique au centre
hospitalier de Strasbourg (un des 3 centres français à être habilités à
mettre en œuvre des DPI), explique que l'intérêt du DPI pour les couples
est de ne pas avoir à subir une interruption médicale de grossesse quand
l'enfant, suite à un dépistage prénatal (DPN), est diagnostiqué porteur
d'une anomalie héréditaire. *(voir NDLR)
Libération revient sur
la position des évêques catholiques qui ont déploré la recherche sur les
embryons que mènent certaines équipes dont celle du Pr Peschanski
financée par l'AFM. Le journal explique que l'AFM est en France devenu "un
acteur majeur de la recherche" sur les maladies rares. Libération
revient sur le rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix
scientifiques et technologiques (cf.
revue de presse du 07/12/06). Ce rapport préconise de donner à la
recherche sur l'embryon "un régime d'autorisation contrôlée",
d'autoriser le clonage scientifique re-baptisé "transposition
nucléaire", et pour ce faire d'organiser le don d'ovocytes.
Aujourd'hui 200 ovocytes sont donnés chaque année par des femmes pour
aider des couples infertiles. Y aura-t-il des femmes qui feront cette
démarche pour aider la recherche fondamentale ?
Selon le journaliste, les recherches sur le clonage "sont toutefois
dans les limbes de la spéculation" : aucune lignée de cellules
souches embryonnaires n'a été créée à partir d'un embryon cloné, le seul
succès publié s'est révélé être "une fraude scientifique" et "une
faute déontologique" (cf.
Affaire Hwang).
Le Figaro fait un point
sur les débats actuels en rappelant : la répartition des financements du
Téléthon, les résultats obtenus en terme de recherche, les fondements
des critiques de l'Eglise face à la recherche sur l'embryon et les
pistes de recherche qu'elle encourage...
L'Eglise soutient les recherches qui n'impliquent pas la destruction
d'embryons humains. Elle invite donc les chercheurs à travailler sur les
cellules souches adultes, les cellules souches de sang de cordon... Lors
d'un congrès sur les cellules souches qui s'est tenu au Vatican, de
nombreux spécialistes ont fait le point sur les avancées thérapeutiques
de ces cellules souches qui ne posent pas de problème éthique (cf.
Lettre Genethique n°81) .
Au même moment, lors d'un colloque sur les thérapies cellulaires
régénératrices à l'Académie des Sciences, Nicole Le Douarin, secrétaire
perpétuelle honoraire de l'Académie, a rappelé que pour les cellules
souches embryonnaires : "la route est longue avant de découvrir de
réelles applications thérapeutiques. Il ne faut pas donner de faux
espoir à l'opinion publique".
* NDLR :
La technique du DPI sélectionne les
embryons sains pour les réimplanter dans l'utérus maternel. Ceux qui
sont malades sont détruits ou utilisés pour la recherche. Que ce soit
par le DPI ou par le DPN, il y a interruption de la vie d'un être humain
vivant qui attendait d'être aimé. |