Tous
les évêques, sans exception, qui se sont exprimés sur le Téléthon ont
fait part de leur désaccord sur la destruction des embryons dans le
cadre de la recherche et des pratiques financées ou promues par l'AFM.
Le journal La Croix
titre "pour le cardinal Ricard, l'heure est à la solidarité" au
dessus d'une grande photo du plateau télévision du Téléthon 2005,
laissant entendre ainsi que Mgr Ricard appelle à donner au Téléthon.
En réalité, le président de la
Conférence des évêques de France dit son inquiétude sur l'utilisation
des cellules souches embryonnaires. "Je suis inquiet de voir que tous
les garde-fous que l'on met dans ce domaine pour encadrer la recherche
sont sujets à remise en question les uns après les autres. La question
est redoutable : où allons-nous ? C'est l'avenir de l'homme qui est en
jeu."
Mgr Ricard considère que "ce
serait un mauvais procès de faire porter tout le poids de cette
interrogation au Téléthon" mais "qu'il est légitime qu'à
l'occasion du Téléthon, beaucoup de catholiques s'interrogent sur
l'affectation de leurs dons". A ses yeux, "il serait bon que le
débat sur ces questions soit repris plus largement, au moment de la
révision des lois sur la bioéthique".
Le site
www.catholique-paris.com
met en ligne
l'intégralité des propos de Mgr André Vingt-Trois recueillis par
J.Y. Nau pour le journal Le Monde du 1er décembre 2006. Il y
reconfirme sa position.
Mgr Vingt-Trois rappelle la
place du Téléthon dans notre société, mouvement de solidarité et de
générosité qui a permis de faire sortir de l'anonymat de nombreux
malades. "C’est précisément pourquoi j’estime qu’en raison de
l’ampleur de ce phénomène et du poids moral qu’il a acquis dans la
société française, on est en droit de poser des questions de fond sur
les recherches qui reçoivent un financement".
Il déplore notamment la
pratique du diagnostic préimplantatoire qui permet la sélection d'un
embryon exempt d'une maladie mais entraine la destruction des embryons
malades : "Guérir n’est pas, loin s’en faut, le synonyme d’empêcher
de naître. Et faire quelque chose de bien n’exonère en rien du mal que
l’on peut faire par ailleurs".
Concernant la pression exercée
pour une autorisation sans condition de la recherche sur l'embryon, il
interroge : "pourquoi une telle fascination pour la recherche sur
l’embryon humain ? Quelles sont les raisons de cette fascination ?"
Contrairement à ce que certains
veulent laisser entendre, de nombreux évêques ont pris la parole en ce
sens depuis le début de la polémique :
Mgr Aupetit vicaire général de Paris,
Mgr Philippe Barbarin archevêque
de Lyon, Mgr Di Falco évêque de Gap,
Mgr Guyard évêque du Havre et
président du comité épiscopal pour la santé,
Mgr Yves Patenôtre archevêque de
Sens-Auxerre, Mgr Ponthier
archevêque de Marseille et vice-président de la conférence épiscopale,
pour ne citer que ceux-là ... |