En
octobre dernier, un reportage dans la clinique privée du Dr Carlos Morin
à Barcelone, par une journaliste danoise qui avait fait croire qu'elle
était enceinte de 8 mois, avait secoué l'opinion danoise. Le médecin lui
aurait proposé d'avorter contre 4000 euros et se serait vanter de cette
pratique auprès de patientes venues d'Angleterre, d'Allemagne et
d'Australie avant de finir : "personne n'aime faire ce travail, mais
le monde est comme ça !". La journaliste dans son reportage avait
accusé le Dr Morin de pratiquer des "avortements frauduleux et
tardifs sur des fœtus en bonne santé". Rafael Manzanera du ministère
régional de la Santé a déclaré que "pour le moment, il n'y a pas
d'élément permettant de l'incriminer".
Ce n'est pas la première fois
que le Dr Morin est l'objet de telles accusations : déjà en 2004, le
Sunday Telegraph dénonçait sa pratique des avortements tardifs.
D'après des sites webs, le médecin aurait déjà fait un court séjour en
prison... Eduardo Hertfelder, président de l'Institut de politique
familiale, l'Espagne est devenue "le paradis de l'avortement sans
règles".
Depuis 10 ans, le nombre d'IVG
a doublé en Espagne et particulièrement augmenté en Catalogne (+ 60%).
5,7 % des femmes ayant avorté dans des cliniques catalanes sont des "étrangères
occidentales", 34,5 % des immigrées latino-américaines.
La Loi espagnole de 1985
dépénalise l'avortement à trois conditions : avant la 12è semaine en cas
de viol, avant la 22è semaine en cas de malformation du fœtus, et sans
limite de temps en cas de "risque pour la santé physique ou psychique
de la mère". Ce cas est invoqué dans 98 % des situations... La
majorité des avortements se fait en clinique privée car dans les
hôpitaux publics, les médecins sont nombreux à faire valoir l'objection
de conscience.
Les cliniques n'ont pas de
contrôle extérieur, ainsi les raisons invoquées pour avorter sont
presque toutes retenues. Les tarifs varient de 330 euros avant la 12è
semaine à 3 300 euros autour de la 25è semaine.
Face au flou juridique, le
gynécologue Santiago Barambio a créé l'Association des cliniques
accréditées pour l'IVG (Acai) où sont fédérées plus de la moitié des
cliniques espagnoles. Le code déontologique stipule : "entre la 25è
et la 26è semaine, on estime que le fœtus acquiert sa pleine autonomie
et peut vivre hors du ventre maternel. Au-delà, il ne s'agit plus d'un
avortement. Les cas sont rarissimes [moins de 1%] où l'IVG se justifie,
comme lorsque la mort du fœtus est inévitable". Le Dr Carlos Morin,
qui dirige cinq cliniques, a refusé d'adhérer à l'Acai... |