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Jean-Marie
Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, se félicite du "vrai
débat", qualifié d'"essentiel" par Mgr di Falco, évêque de
Gap, suscité par la polémique sur le Téléthon et rendu possible par les
médias. D'aucuns diront que le débat n'a pas lieu d'être puisque, votée
en 2004, la loi de bioéthique l'a clos. Pour Jean-Marie Le Méné, non
seulement le débat n'a jamais eu lieu car la loi de 2004 a été votée "dans
un silence assourdissant" comme le regrettait Mgr Barbarin, mais
aussi, "il n'est pas interdit de penser que ce que la loi autorise
n'est pas parfait". L'archevêque de Lyon l'a répété sur les
ondes d'Europe 1, "ce n'est pas parce que c'est légal que c'est moral".
En soulignant "la
grande et légitime diversité des prises de position", Jean-Marie Le
Méné note que chacun reconnaît le problème éthique posé par certaines
recherches financées par le Téléthon. Ainsi, même Didier Sicard,
président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), veut prévenir
des risques de "l'excès des promesses thérapeutiques, de l'avenir des
recherches en cours financées par les dons, du développement du
diagnostic préimplantatoire (DPI) et de l'instrumentalisation de
l'embryon humain". L'hebdomadaire La Vie en dénonçant
la logique du "donnez et taisez-vous", juge dangereux de "renvoyer
les convictions au placard". Pour le cardinal Philippe Barbarin,
archevêque de Lyon, "se battre pour le soin et la guérison, c'est pas
tout à fait pareil que se mettre à trier les embryons, à les détruire et
les utiliser comme si c'étaient des choses". Dans Valeurs
Actuelles, une lectrice s'interroge : "Pour moi, ancienne pupille
de la nation (mon père étant décédé des suites de déportation),
certaines recherches sont tout aussi inacceptables que les
expérimentations humaines entreprises dans les camps par des médecins.
(...) Pourquoi ne fait-on pas savoir que les cellules souches du
cordon sont tout aussi intéressantes pour la recherche que les cellules
des embryons (...) ? Si les embryons humains n'ont pas droit au
même respect qu'un être humain déjà né, comment peut-on s'étonner que
certains adultes ne respectent plus la vie d'un jeune enfant ? (...)
Comment voulez-vous que les enfants soient bien dans leur peau quand
ils découvrent que seul "un projet parental" donne le statut de futur
être humain ? (...) Si nous perdons de vue qu'un enfant a droit à
avoir des parents (...), mais qu'aucun adulte n'a de droit
à l'enfant, nous abandonnons notre spécificité d'êtres pensants".
Pour sortir de
la crise, des voix se sont élevées comme celles de Jean-Christophe
Parisot qui propose un "fléchage des dons" ou Mgr Dubost, évêque
d'Evry, qui appelle au dialogue ou encore La Vie qui demande de
renoncer à financer la recherche sur l'embryon. Paul, ancien
organisateur du Téléthon en province, a lui finalement renoncé à y
participer.
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