|
Le
cardinal Martini, ancien archevêque de Milan, s'est exprimé vendredi
dans l'hebdomadaire italien L'Espresso, sur les questions de
bioéthique opposant, selon lui, la médecine et la technologie à
l'enseignement catholique. Il a notamment évoqué les questions de
l'avortement, du préservatif, de la fécondation in vitro ou de
l'adoption d'embryons. "Dans les zones grises", là où
il n'est pas évident de voir où se situe le véritable bien de l'homme
et de la femme, il convient, estime-t-il, de s'abstenir de juger trop
vite.
Sur la question de
l'avortement, il juge "somme toute positif" que sa
légalisation "ait contribué à réduire et tende à éliminer
les avortements clandestins". Pour lui, "il est
difficile, qu'un État moderne n'intervienne pas au moins pour empêcher
une situation sauvage et arbitraire" mais, précise-t-il, ce qui
ne veut pas dire "permis de tuer". Il précise qu'il
faut que l'État s'efforce de diminuer les avortements "par tous
les moyens", et, pour sa part, il "ne parvient pas" à appliquer
le principe du moindre mal dans ce domaine.
Sur la question du
préservatif, il reconnaît que "son utilisation peut constituer
dans certaines situations un moindre mal", notamment face au
sida.
Le cardinal Martini
s'interroge aussi sur l'implantation à des fins d'adoption, d'embryons
congelés, la jugeant préférable à leur destruction. "Là où il y a un
conflit de valeurs, il me paraît éthiquement plus significatif
d'incliner vers une solution qui permet à une vie de s'épanouir
plutôt que de la laisser mourir", explique-t-il.
Enfin, il ne
souhaite ni "approuver" ni "condamner"
ceux qui ont recours à l'euthanasie de personnes gravement malades.
Les propos du cardinal
ont créé "surprise" et "perplexité"
au Vatican. "Le cardinal a utilisé des mots qui doivent être
étudiés, on ne peut réagir de façon impulsive", a ainsi
estimé Mgr Elio Sgreccia, président de l'Académie pontificale pour la
vie.
|