Le Pr Insoo Hyun, spécialiste de
bioéthique à l'université de Cleveland, expliquait dans la revue Nature
du 10 août dernier pourquoi, selon lui, il faudrait rémunérer les donneuses
d'ovocytes.
La recherche sur le clonage
scientifique et sur les cellules souches embryonnaires nécessite un
grand nombre d'ovocytes pour la création d'embryons. Rappelons que le Pr
Hwang avait utilisé 2 061 ovocytes sans obtenir un seul clonage
d'embryon humain.
Les femmes qui donnent leurs ovocytes
à la recherche sont soumises à une stimulation ovarienne qui permet
d'obtenir une dizaine d'ovules en une seule fois. Mais cette
intervention est contraignante et comporte de gros risques. Une étude publiée dans la
revue Science en juin 2005 révélait que le syndrome
d'hyperstimulation pourrait survenir dans un cas sur dix avec des problèmes
d'infertilité, de dysfonctionnements rénaux, et dans certains cas
extrêmes, la mort.
Pour le Pr Hyun, la rémunération des
donneuses pourraient compenser les risques encourus. Il estime que les
donneuses "devraient entrer dans la même catégorie que des
volontaires sains dans un essai thérapeutique" dans la mesure où "les
recherches ne leur sont pas directement bénéfiques". Pour Jacqueline
Mandelbaum, spécialiste française de la fécondation in vitro et membre
du CCNE, "Hyun est dans une perspective pragmatique et consumériste.
On ne peut pas obtenir d'ovocytes par le don, alors on les achète".
En Grande Bretagne, vient d'être
approuvée une initiative selon laquelle les femmes participant à des
traitements contre l'infertilité pourraient offrir leur ovocytes
surnuméraires à la recherche. |