|
Un
organisme gouvernemental britannique, le CEMACH (Confidential
Enquiry into Maternal and Child Health), vient de rendre publique
une enquête qui révèle que jusqu'à 50 bébés par an survivent à
l'avortement.
De son côté, l'université royale des obstétriciens et des
gynécologues a commandité sa propre recherche.
Ces enquêtes provoquent chez les cliniciens un certain malaise
car ils pourraient être accusés d'infanticide ; l'enfant survivant d'un
avortement meurent parfois après la naissance par faute de soins.
L'enquête révèle qu'à partir de 22 semaines de
gestation, le fœtus doit être avorté par une injection de chlorure de
potassium avant d'être expulsé mais que peu de médecins souhaitent ou
sont capables de pratiquer une opération si délicate. Pour des foetus
plus jeunes, la mort du foetus est causée par une injection de
médicaments. Mais selon Stuart Campbell, ex-professeur d'obstétrique et
de gynécologie à l'hôpital St-Georges de Londres, un certain nombre
survivent : "A 19 semaines de gestation, ils peuvent naître en
respirant et en criant". "Je ne suis pas contre l'avortement mais
d'après moi c'est de la médecine de seconde zone".
En Angleterre, le délai légal d'interruption
volontaire de grossesse est 24 semaines de grossesse. En 1994, 5 166
avortements au delà de la 18ème semaine de grossesse étaient pratiqués,
7 432 en 2004. Dans cette même décennie, les soins portés aux enfants
prématurés se sont beaucoup améliorés, près de 70 à 80 % des bébés nés
entre 23 et 24 semaines de grossesse survivent.
Pour Stuart Campbell, le délai d'IVG devrait être ramené à 18
semaines de grossesse. Le 6 décembre prochain, Giana Jessen témoignera
devant le Parlement en tant qu'enfant ayant survécu à un avortement.
Elle milite pour la réduction du délai de l'IVG. Atteinte d'une
paralysie cérébrale, elle va courir le Marathon de Londres en avril
prochain pour soulever des fonds destinés aux enfants survivants d'IVG.
"Si l'avortement est un droit de la femme, quels sont alors mes
droits?" interroge-t-elle. "Quand les gens parlent de
l'avortement, c'est important qu'ils sachent que ces bébés peuvent
naître et survivre". |