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Jean-Marie
Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, réagit vivement au
livre du Pr. Bernard Debré,
La Revanche du serpent ou la Fin de l'homo sapiens (Le Cherche
midi): "L'urologie est une discipline honnête qui ne prédispose pas
forcément ses experts à devenir des Che Guevara de laboratoire. Et quand
le Pr. Bernard Debré nous fait prendre des vessies pour des lanternes,
on ne marche pas."
Tout d'abord, M. Le Méné s'étonne du manque
d'objectivité et d'analyse scientifique de la part d'un urologue réputé
:"Il convoque le surnaturel à tout bout de champ, ce qui n'est
pas très révolutionnaire. Et, en titillant sans arrêt la fibre
émotionnelle, sans s'adresser à la raison, il sous-estime le lecteur, ce
qui risque de l'agacer", regrette-t-il.
Il dénonce le scientisme primaire de l'ouvrage :
"Au commencement, 'la Science' planait sur les eaux, divinité
omnipotente, infiniment bonne et infiniment aimable, autour de laquelle
M. Debré tricote un catéchisme sur mesure." Et s'amuse du "panthéon
syncrétique" invoqué par M. Debré : "Isis et Osiris dans la
procréation post mortem, Cronos et Aphrodite dans la fécondation
artificielle, Zeus et Athéna dans le clonage".
Il s'étonne de voir le brave patriarche Noé présenté
comme le père de l'eugénisme, et saint Thomas d'Aquin soupçonné de
prendre le parti de l'avortement.
Mais le plus fort est pour la fin, quand "le
Pr. Debré s'emploie ensuite à vouloir convaincre [le lecteur] en
suscitant, à bon compte, son émotion. Et là, ce n'est plus de la
littérature, c'est du théâtre de marionnettes", regrette-t-il. Le Pr.
Debré n'envisage-t-il pas en effet un futur proche où l'on pourra "recréer
des organes entiers, exempts de toute malformation", grâce aux
cellules souches embryonnaires ? "Et voilà le lecteur en train de
fantasmer sur des bocaux contenant des cœurs et des reins en conserve où
il suffira d'aller piocher comme dans un bocal de cornichons".
Pour Bernard Debré
puisque l'avortement
est permis, on peut en conclure que l'embryon n'est rien. "Pourquoi,
si l'on peut, en toute légalité, supprimer un fœtus, ne pas autoriser
les expériences jusqu'à cette date ?". Jean-Marie Le Méné apprécie à
sa juste valeur cette "percée conceptuelle fulgurante"... "Que c'est simple et beau la science avec M. Debré !"
s'émerveille-t-il.
Jean-Marie Le Méné dénonce "l'eugénisme de liberté"
auquel M. Debré souscrit sans réserve.
Et M. Le Méné de conclure :
"Il n'y a pas de risque à soutenir que le chef de service hospitalier
vaut mieux que le livre qu'il a commis : un ouvrage prétentieux et
pédant qui sonne faux du début à la fin, comme si son auteur se forçait
à porter un vêtement très tendance, pour faire genre. M. Debré n'est pas
un révolutionnaire de légende. Il n'y peut rien, personne ne lui en veut
pour cela. Et cette frénésie vaporeuse à vouloir changer l'homme, à se
prendre pour un prophète en annonçant une post humanité, dans le
piétinement snob des valeurs de sa propre famille politique, tombe à
plat. On a envie de dire à propos des thèses qu'il véhicule imprudemment
: non, pas lui, pas comme ça, qu'il laisse tomber, ça ne lui va pas…"
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