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Ronald
Cranford, le médecin qui a donné la mort à Terri Schiavo, vient de
prendre sa retraite. Atteint d'un cancer depuis deux ans, il a décidé de
passer le reste de sa vie à faire des conférences sur le thème de la fin
de la vie.
En septembre, ses collègues ont célébré sa
carrière par une conférence internationale sur la mort cérébrale et le
droit à mourir.
"Terri Schiavo fut en quelque sorte le
sommet de ma carrière", a-t-il dit, "Il y a eu énormément de
changements dans le domaine de l'acharnement thérapeutique",
explique-t-il, "des centaines de familles ne peuvent accepter
la réalité de l'acharnement thérapeutique."
Le Dr Cranford était médecin émérite et chef
adjoint du service de neurologie au centre médical Hennepin à
Minneapolis. Il est considéré comme l'un des plus fameux experts dans la
recherche sur la fin de la vie. Il a toujours milité pour le droit à
mourir. Il fait partie de la Choice in Dying Society qui promeut le
suicide assisté et l'euthanasie.
Cranford soutient qu'il existe beaucoup de cas
similaires à celui de Terri Schiavo aux Etats-Unis. La particularité en
ce qui concerne l'Etat de Floride est que le Congrès, et le Président
lui-même sont intervenus.
"Il existe des centaines et des
centaines de cas Schiavo partout, où les familles ne sont pas d'accord.
Arrêter l'alimentation est une pratique très courante aux Etats-Unis, en
dépit de toute cette controverse."
"L'Etat et le gouvernement fédéral ont
été fous d'intervenir sur le cas Schiavo. Quelques décisions [d'arrêter
de nourrir et d'hydrater les patients en fin de vie] sont prises au
niveau de l'Etat, mais la plupart sont prises au niveau local, par les
familles".
"Nous avons fait beaucoup de progrès
depuis les années 70", dit-il, "Mais nous avons encore beaucoup à
parcourir. Les 20 ou 30 prochaines années seront plus difficiles et
complexes que les 30 dernières" , estime-t-il.
Après l'arrêt de la nutrition des personnes en
état végétatif, il se tourne maintenant vers les personnes atteintes de
la maladie d'Alzheimer : "Bientôt ce pays aura plusieurs millions de
patients atteints de la maladie d'Alzheimer. Et le coût sera autrement
plus élevé que de maintenir en état végétatif quelques dizaines de
milliers de patients."
Il suggère donc de remédier à ce problème par le
suicide médical assisté. Il blâme les personnes qui découragent les
familles de faire le choix de l'euthanasie. Par contre, il applaudit les
pays européens qui légalisent l'euthanasie.
Marie Dietz, directrice du Centre pour les
études Pro-Life, pousse un cri d'alarme face à cette conception de la
fin de vie. Elle stigmatise ceux qui veulent créer le
Club-des-personnes-ayant-le-droit-de-vivre dont le Dr Cranford et son
collègue David Smith, seraient les principaux promoteurs.
Elle s'inquiète de la définition de la mort
clinique qu'ils veulent imposer, passant de la mort cérébrale à la mort
néo-corticale. Elle se demande où va s'arrêter cet élargissement : aux
personnes atteintes de démence, peut-être même seulement retardées
mentales. «Chaque fois qu'une loi passe pour autoriser un être humain
innocent à être tué, chaque fois qu'une cour de justice autorise le
meurtre d'un être humain innocent, la définition de la personne devient
de plus en plus floue et le nombre de personnes "inhumaines" s'accroît.» |