Clones
d’animaux : une chance pour l’alimentation ?
La
première chèvre Boer clonée, issue de cellules embryonnaires, est née en
Chine mercredi 2 novembre. Une chèvre Boer adulte peut peser jusqu’à 100
kg et fournir 40 kg de viande, de plus, elle grandit plus vite qu’une
autre chèvre. Les experts chinois espèrent ainsi donner du travail à des
millions de paysans.
Le journal l'Humanité révèle que l’agence de
réglementation des produits pharmaceutiques et alimentaires des USA, la
FDA, s’apprêterait à donner son accord à la commercialisation de
produits alimentaires issus d’animaux clonés avant la fin de l’année.
Deux rapports, un américain et un japonais ont, en effet, conclu à une
absence de risque accru sur ce type de produits. Mais l’Humanité
s’interroge sur l’innocuité de ces produits qui n’a jamais vraiment été
prouvée, et souligne que la production d’animaux clonés pour la
commercialisation de leur viande et de leur lait s’avèrerait peu
rentable, d’autant que les animaux clonés ne sont pas en bonne santé.
« La FDA semble agir sous la pression politique pour promouvoir le
clonage animal, au lieu de promouvoir la santé publique », dénonce
la Fédération des consommateurs d’Amérique.
En France, l'Agence
française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) rend public son
rapport sur les "bénéfices et risques liés aux applications du
clonage des animaux d'élevage". Le rapport préconise de continuer à
faire des études sur plusieurs générations d’animaux avant de déclarer
l’innocuité des produits alimentaires issus d’animaux clonés. Toutefois,
le rapport n'exclut pas la possibilité que la descendance des animaux
clonés puisse produire un lait ou une viande de bonne qualité. De plus,
il souligne que les animaux clonés meurent ou pâtissent de maladies
rares ou classiques beaucoup plus souvent que les animaux non clonés, ce
qui justifie des études plus approfondies. Les experts s’inquiètent
aussi de la menace sur la diversité génétique avec un clonage mal
maîtrisé. Mais ils prennent en compte aussi l’intérêt de l’animal et son
bien-être et s’inquiètent de leur état mental, les anomalies et
désordres physiopathologiques étant inhérents aux animaux clonés. Le
rapport préconise donc la création de troupeaux spécifiquement dédiés à
l’étude des clones et de leurs descendants et la création d’un comité de
surveillance.
Chaque article présenté
dans Gènéthique est une synthèse des articles parus dans la presse et
dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions
exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.
Libération
revient sur le livre de Claude Sureau : "Son nom est personne. Avant de
naître, l'enfant est-il une chose, un amas de cellules, ou un patient ?*
Dans
son ouvrage, Claude Sureau ancien président de l'Académie de médecine et
membre du Comité national d'éthique plaide pour un statut de l'enfant à
naître. Il dénonce l'absence d'une reconnaissance a minima des
foetus humains vivants ou morts in utero avant la naissance.
A
la lecture de cet ouvrage, la journaliste se demande "quelles
pesanteurs juridiques (ou idéologiques ?) font qu'on en est encore
là....". Pour l'auteur, c'est la loi qu'il faudrait modifier.
Aujourd'hui, rapporte Libération, cette loi statue que l'être non né est
un rien, un res nullus, s'il meurt avant la naissance.
Le
professeur Sureau plaide pour la création juridique d'un "être
prénatal", ni personne ni chose, mais enfant potentiel.
*"Son nom est personne.
Avant de naître, l'enfant est-il une chose, un amas de cellules, ou un
patient ?* Edi. Albin Michel, "Banc Public"
Chaque article présenté
dans Gènéthique est une synthèse des articles parus dans la presse et
dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions
exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.
Libération
(Genevieve
Delaisi de Parseval) 03/11/05 - La Croix
(Marianne Gomez)
08/11/05
RDT
info, le magazine de la recherche européenne, du mois de novembre 2005,
analyse les résultats de deux études publiées par la Commission
européenne en juin dernier concernant la science et la technologie et
leurs valeurs associées.
L’un des thèmes
traités est la vie prénatale. 53% des européens considèrent comme « très
important » le fait de protéger la dignité du fœtus dans les dix ans à
venir et 33% comme « assez important », soit 86% des européens sont
attachés à la protection de « toute vie humaine non née ». Ils sont
spécialement nombreux parmi ceux qui croient en Dieu (59%) ou croient en
une autre force spirituelle (49%). Les pays les plus concernés par ce
thème sont Malte, la Grèce et l’Irlande (73% de « très important »). Les
Français ne sont que 49% à considérer la dignité du fœtus comme « très
importante », il faut y ajouter 33% qui la considèrent comme « assez
importante ». Les pays en queue de liste sont le Danemark avec 22% des
Danois qui la considèrent comme « pas du tout importante » ou « pas
vraiment importante », et la Hongrie et la Lituanie avec 37% d’habitants
seulement à considérer la protection du fœtus comme « très importante ».
Les Européens considèrent que les décisions concernant la
science et la technologie doivent tenir compte de considérations morales
et éthiques à 59%.
D’autre part, au
Portugal, la justice juge inconstitutionnelle l’organisation d’un
référendum sur l’avortement. Aujourd’hui la loi portugaise permet
l’avortement en cas de viol ou pour sauver la mère en cas de problèmes
médicaux graves. Les socialistes, vainqueurs des dernières élections
législatives voudraient le libéraliser et en particulier autoriser
l’avortement après la 12ème semaine.
Chaque article présenté
dans Gènéthique est une synthèse des articles parus dans la presse et
dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions
exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.
La
première banque de cellules embryonnaires de Corée du Sud, ouverte le 19
octobre à Séoul serait submergée de demandes. La fondation a pour
objectif de fournir aux scientifiques du monde entier les lignées de
cellules souches embryonnaires dont ils ont besoin pour leurs travaux.
Les personnes qui se sont inscrites feront don de cellules somatiques
afin que celles-ci soient utilisées pour faire du clonage.
La
banque a indiqué se restreindre au traitement de la maladie de Parkinson
et aux lésions de la colonne vertébrale afin de réduire le nombre de
patients.
Rappelons
que l'établissement est géré par le professeur Hwang Woosuk,
professeur à l'université nationale de Séoul qui fut le premier, en
février 2004, à cloner des embryons humains.
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dans Gènéthique est une synthèse des articles parus dans la presse et
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exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.
La
Croix 03/11/05 - Le
Nouvel Observateur
(Cécile Dumas) 02/11/05 - Le Figaro03/11/05
De l'endoderme à partir de cellules souches
embryonnaires
Une
équipe américaine, dirigée par le Dr Emmanuel Baetge serait parvenue
pour la première fois à transformer des cellules souches embryonnaires
humaines en cellules d'endoderme définitif, condition préalable pour la
différenciation vers des cellules matures d'organes comme le pancréas et
le foie. Cette découverte a été publiée dans la revue "Nature
Biotechnology".
Rappelons
que l'endoderme fait partie des 3 feuillets cellulaires (avec
l'ectoderme et le mésoderme) qui sont formés au stade embryonnaire. Il
donnera naissance à l'épithélium tapissant les voies respiratoires et
les voies digestives, ainsi qu'à plusieurs organes comme le foie, le
pancréas, les poumons, le thymus et la thyroïde.
Les
scientifiques reconnaissent cependant que la recherche est encore
balbutiante et que l'on ne maîtrise pas le phénomène de différenciation
dans les lignées souhaitées.
NDLR : Rappelons qu'en juin 2002, l’équipe de Catherine Verfaillie
publiait dans Nature des résultats révélant que des cellules souches
dérivées de moelle osseuse (cellules souches adultes) pouvaient
participer à la formation des trois tissus embryonnaires : l’ectoderme,
l’endoderme et le mésoderme.
Chaque article présenté
dans Gènéthique est une synthèse des articles parus dans la presse et
dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions
exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.
Le
Quotidien du Médecin (Dr
Véronique Nguyen) 03/11/05
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