Revue de presse du vendredi 25/03/05
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Terri Schiavo condamnée à mourir

La Cour suprême des États Unis a refusé de se saisir du cas de Terri Schiavo en rejetant la demande des parents de "rebrancher" le tube d'alimentation et d'hydratation de leur fille.

Les rebondissements dans cette affaire sont nombreux. Le Sénat de Floride a rejeté mercredi une proposition de loi visant à criminaliser le débranchement de patients en état végétatif n'ayant pas laissé d'instructions écrites. Suite au diagnostic d'un neurologue qualifiant l'état de Terri Schiavo de "semi-conscient" et aux injonctions de Joe Bush, gouverneur de Floride et frère du président, les services sociaux de Floride ont demandé au juge chargé de l'affaire de leur confier la garde de la malade, ce qu'il leur a été refusé.

La mésentente entre les parents de Terri et son mari remonte à 1993. La garde de la jeune femme avait alors été confiée à son époux un an plus tôt. Un tribunal avait accordé 1,2 million de dollars de dommages et intérêts pour erreur médicale, dont 700 000 étaient bloqués pour financer les frais d'hospitalisation...

La Croix 25/03/05 - Le Figaro 25/03/05 - Libération (Pascal Riché) 25/03/05 - Le Monde 26 (Henri Tincq) et 29/03/05 - Libération 28/03/04

 

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Fin de vie : la proposition de loi française face à un "cas Schiavo"

L'équilibre autour de la proposition de loi sur la fin de vie, discutée au Sénat le 12 avril prochain, pourrait bien être fragilisé par la question que soulève l'affaire Terri Schiavo : la proposition de loi autorisera-t-elle les médecins à arrêter l'alimentation et l'hydratation de personnes dans le coma depuis plusieurs années ?

Selon le sénateur UMP Gérard Dériot, rapporteur du texte au Sénat, "il sera possible de "débrancher" l'alimentation artificielle d'un malade en état végétatif chronique, à partir du moment où la personne de confiance et deux médecins auront donné leur accord".

Pour Jean Leonetti, président de la Commission à l'origine de la proposition de loi, "les états de coma ne sont pas concernés par l'arrêt des traitements".

Le Père Verspieren, responsable du département d'éthique médicale du Centre Sèvres, déplore que les décisions dépendront "de l'interprétation qu'on en donnera. Nous ne pouvons pas accepter que l'on retire un soin de base tel que la nourriture à un malade qui ne peut pas donner son avis". Les évêques de France pourraient regretter le soutien qu'ils avaient apporté au texte sur la fin de vie.

NDLR : notons que la Lettre mensuelle Genethique avait dénoncé les risques de cette proposition de loi notamment en raison de la question du maintien des soins de base que sont l'alimentation et l'hydratation. La Lettre de décembre 2004 rappelle que dans l’exposé des motifs de la proposition de loi, l’alimentation est clairement considérée comme un traitement et non comme un soin et le texte précise « en autorisant le malade conscient à refuser tout traitement, le dispositif viserait implicitement le droit au refus de l’alimentation artificielle ». Genethique avait alors posé la question :"ne risque-t-on pas d’introduire par ce biais une forme d’euthanasie, en arrêtant l’alimentation de certains patients ?"... Pour Jean Leonetti, le malade qui "souffre trop" peut refuser l'acharnement thérapeutique et a "droit au refus de traitement".

La Vie (Claire Legros) 24/03/05

 

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Assistance médicale à la procréation : bilan et perspectives

Les 20èmes journées de techniques avancées en gynécologie-obstétrique, assistance médicale à la procréation (AMP), périnatalogie et pédiatrie se sont tenues à Fort-de-France. Le Pr André Van Steirteghem (VUB, université de Bruxelles), un des présidents de ces journées, est revenu sur les réalisations effectuées en 25 ans dans ce domaine et sur les défis à venir. Selon lui, 1,5 million d'enfants sont nés par AMP depuis 25 ans dans le monde.

Il montre que les causes de la stérilité n'ont pas évolué : 24 % à 28 % pour les troubles de l'ovulation, de 23 % à 27 % pour les anomalies du sperme, 20 % à 25 % pour la stérilité tubaire,...

Selon lui, 20 à 30 % des enfants issus d'une procréation médicalement assistée sont des enfants nés par Icsi (injection du spermatozoïde directement dans l'ovule). Le critère d'évaluation des résultats de la FIV et de l'Icsi n'est plus uniquement l'obtention d'une grossesse mais aussi la naissance d'un enfant sain. Actuellement, l'Université de Bruxelles mène des études de suivi sur plus de 10 000 enfants nés par AMP, à la naissance, à 1 an, 2, 5 et 8 ans.

Le Pr Van Steirteghem explique que le défi à venir est d'obtenir une grossesse unique par intervention, les grossesses multiples comportant trop de risques pour la mère et les enfants. Pour y parvenir, il préconise de mieux informer les couples, d'améliorer la sélection embryonnaire par le dépistage pré-implantatoire (afin de ne pas réimplanter les embryons porteurs d'une maladie génétique), d'optimiser les protocoles de congélation et de décongélation des embryons...

Le Quotidien du Médecin (Dr Lydia Marie-Scemama) 24/03/05

 

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Livre "Le bonheur blessé"

Tugdual Derville, délégué général de l'Alliance pour les droits de la vie, publie un livre "Le bonheur blessé - avortement, eugénisme et euthanasie en question" à l'occasion du dixième anniversaire de l'encyclique Evangelium Vitae.

Il montre que la France a laissé s'établir une sélection anténatale implacable : l'avortement et la procréation artificielle sont pratiquement entrés dans les moeurs, l'euthanasie partiellement dans les esprits. Pourtant, ces pratiques provoquent des blessures et des souffrances intimes chez de nombreuses personnes. Dans ce livre, l'auteur recueille les témoignages de ceux et celles qui y ont été confrontés révélant qu'il n'est pas anodin de toucher à l'essence même de la vie.

T. Derville interroge :  pourquoi voulons-nous tant maîtriser la vie ? dans une société qui essaie de concilier liberté et justice, l'emprise croissante sur la vie ne provoque-t-elle pas peu à peu l'exclusion des plus fragiles ?

Le bonheur blessé - avortement, eugénisme et euthanasie en question, ed. CLD, mars 2005.

 

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