Revue de presse du lundi 09/05/05
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L'euthanasie par handiphobie

Le Docteur Carlo Bellieni, néonatalogiste à la  polyclinique de Sienne a accordé une interview à Zenit dans laquelle il explique les raisons de la multiplication des cas d'euthanasie.

Rappelons qu'en septembre 2004, les autorités judiciaires des Pays-Bas et la clinique Universitaire de Groningen ont passé un accord autorisant à tuer sans leur consentement, les enfants de moins de 12 ans atteints de maladies incurables ou victimes de grandes souffrances (cf. revue de presse du 07/09/05).

Le Dr Bellieni estime que les analgésiques utilisés en néonatalogie sont d'une telle force que l'on ne devrait pas avoir besoin de recourir à l'euthanasie.

Interrogé sur les souffrances morales du patient, le Dr Bellieni rappelle qu'il est impossible de raisonner ainsi dans le cas d'un nouveau né. Il explique avoir reçu des témoignages de patients gravement atteints qui s'estiment plus sereins que certaines personnes dites "en bonne santé". Il estime que la souffrance de ces enfants n'en fait pas "un état inhumain", une vie "qui ne vaut pas la peine d'être vécue".

Lorsque l'euthanasie est invoquée, il lui semble vital d'avoir un pronostic exact et d'en discuter avec les parents. Lorsque ces derniers sont impliqués cela signifie que l'issue n'est pas figée mais toujours sujet aux passions humaines, aux doutes et aux incertitudes.

Il estime que l'euthanasie n'est pas une réponse aux souffrances des patients mais une réponse à ceux qui décident. 

Le Dr Bellieni soutient que la façon dont un enfant handicapé est accepté dépend de la personnalité de ses parents et de l'environnement dans lequel il évolue. 

L'euthanasie, estime t-il, s'explique par l'handiphobie, c'est à dire la phobie du handicap, la phobie de ce qui n'est pas contrôlé et qui empêche d'appréhender le handicap avec sérénité. Comme toutes les phobies, l'handiphobie doit être combattue et doit disparaître.

Interrogé sur la solution à mettre en place dans le cas d'une naissance d'un enfant lourdement handicapé, le Dr Bellieni estime que la solution consiste à ne pas l'abandonner, ni lui ni sa famille. Il explique que l'enfant a besoin de sa famille et que la famille a besoin du soutien du corps médical afin de mettre au point une thérapie adaptée.

Zenit 09/05/05 

 

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L’échographie fœtale en voie de disparition en France ?

Un rapport du Comité national technique de l’échographie de dépistage prénatal sur l’échographie fœtale, prochainement remis au ministère de la santé, tire la sonnette d’alarme.

Le rapport souligne qu’il devient de plus en plus difficile pour une femme enceinte d’obtenir un rendez-vous pour une échographie. Les délais d’attente tournent facilement aux alentours de deux mois.  Dans certaines régions environ 90% des radiologues et près de 80% des gynécologues libéraux ont arrêté de pratiquer des échographies, et les futures mères sont amenées à faire jusqu’à 80 kilomètres pour un rendez-vous.

Pour un certain nombres de praticiens les responsables de cet état de fait sont l’arrêt Perruche, et la sécurité Sociale qui rembourse très mal les échographies.

L’arrêt Perruche, en effet, a conduit les professionnels libéraux à se désengager de l’échographie fœtale, jugée trop risquée et trop chère en primes d’assurance.

La Sécurité Sociale, en ne remboursant pas assez les échographies, selon les professionnels, amène ceux-ci à pratiquer des tarifs supérieurs à ceux recommandés. L’assurance maladie s’étaient pourtant engagée à revaloriser de 120 % les tarifs de l’échographie fœtale. Les mères les mieux remboursées par leur mutuelle se voient ainsi appliquées un tarif supérieur, qui peut atteindre le double du remboursement de la Sécurité Sociale.

Les médecins, qui ont signé en masse un appel devant cet état de fait, s’alarment, car les échographies ont surtout pour objectif de diminuer la mortalité périnatale et maternelle. La baisse de cette pratique pourrait empêcher de déceler des malformations, et par conséquent conduire à un défaut de prise en charge du nourrisson lors de sa naissance.

Consulter en ligne le dossier « Arrêt Perruche »

La Croix (Pierre Bienvault) 09/05/05  - Le Monde (Paul Benkimoun) 26/04/05 - Le Quotidien du Médecin (Karine Piganeau) 11/05/05

 

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Les chantiers de l'Agence de biomédecine

L'Agence de la biomédecine sera officiellement inaugurée le 10 mai. Cet organisme public devra superviser les activités de procréation assistée, de diagnostic prénatal, de génétique, de prélèvement et de greffe d'organes ainsi que la recherche sur l'embryon.

Le premier chantier de l'Agence de biomédecine dirigée par Carine Camby sera l'évaluation des activités d'assistance médicale à la procréation. "L'idée est de mieux apprécier les résultats obtenus par chaque équipe et d'en informer le public, en collaboration avec les professionnels" explique Carine Camby. L'Agence devra se pencher sur le sort des 110 000 embryons congelés. Sur ces questions, la loi prévoit un suivi des femmes ayant bénéficié d'une assistance à la procréation et des enfants nés par fécondation in vitro. Il faudra s'assurer que ces pratiques ne sont pas à l'origine de malformations congénitales. Ce suivi pose cependant un problème éthique, certains professionnels estimant que les familles ayant eu recours à ces méthodes ont le droit de vivre comme les autres sans se voir rappeler par une surveillance médicale régulière, la particularité de leur parcours procréatif.

Le deuxième chantier que devra mener l'Agence de biomédecine est celui du contrôle de la recherche sur l'embryon."Il faudra que l'on soit en mesure d'organiser une veille scientifique pointue" estime Carine Camby. Des experts "ouvert sur l'international" devront, avant d'autoriser une recherche prévoyant l'utilisation d'embryons conçus in vitro s'assurer que celle ci ne peut pas être menée "par une autre méthode d'efficacité comparable". Cette mesure vise à ne pas négliger la recherche sur les cellules souches adultes au profit de la recherche sur les cellules souches embryonnaires.

Carine Camby souhaite faire de l'Agence un lieu de débats, de réflexion permanente sur toutes les questions soulevées par la biomédecine. Elle veut ouvrit le dialogue aux professionnels, aux associations mais aussi aux membres de la société civile. Son but sera de remettre un rapport pour la nouvelle révision des lois de bioéthique qui doit avoir lieu dans 5 ans.

Consultez en ligne le Décret n° 2005 - 420 du 4 mai 2005 relatif à l'Agence de la biomédecine et modifiant le code de la santé publique (partie réglementaire).

La Croix (Marianne Gomez) 09/05/05 - Le Monde 07/05/05

 

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 Benoît XVI défend la vie
Benoît XVI a conclu samedi en la basilique de Saint Jean de Latran, les rites d'inauguration de son pontificat. A cette occasion il a rappelé son intention de ne pas s'écarter des positions de son prédécesseur en matière doctrinale. Au cours de son homélie, il s'est présenté comme "le témoin de la parole de Dieu" face aux "conceptions erronées de la liberté". Il "a souligné de façon irrévocable la caractère inviolable de l'être humain, de la vie humaine, de la conception jusqu'à la mort naturelle", "face à toutes les tentatives apparemment favorables à l'homme, face à toutes les interprétations erronées de la liberté".

"La liberté de tuer  n'est pas une vraie liberté, mais une tyrannie qui réduit l'être humain en esclavage" a t-il ajouté.

En Italie, ces propos ont été analysés comme un avertissement à cinq semaines du référendum visant à abroger une loi restrictive sur la fécondation assistée et sur les manipulations génétiques.

Le Figaro (Sophie de Ravinel) 09/05/05 - La Croix (Yves Pitette) 09/05/05 - Le Nouvel Obs 09/05/05 - Le Monde (Henri Tincq) 10/05/05

 

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