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Sommaire de la revue de presse du mardi 14 juin 2005

USA : La théorie de l'évolution en débats
Prématurés : les laisser vivre ?
Référendum en Italie : victoire des pro-life
Des cellules souches adultes pour traiter la maladie de Parkinson

L'Église et les enjeux bioéthiques

 

Revue de presse du mardi 14/06/05
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USA : La théorie de l'évolution en débats

Actuellement, aux USA, un étrange débat se produit autour de la théorie de l'évolution de Darwin. Des milieux fondamentalistes protestants demandent à ce que cette théorie ne soit enseignée dans les écoles qu'en tant que simple hypothèse. Les créationnistes, depuis 1925, tentent de faire reconnaître le récit de la Bible comme une théorie valable. Déboutés en 1987, par la Cour suprême, ils évoquent aujourd'hui l'idée d'un "dessein intelligent" inscrit dans les molécules.

Aujourd'hui, une association chrétienne a décidé d'ouvrir un parc touristique à thème, le Musée de la création, pour promouvoir l'idée que Dieu a créé le monde en 6 jours il y a 6 000 ans. La première partie du musée ouvrirait avant la fin de l'année.

Pour défendre la théorie officielle, l'académie américaine des sciences a créé un site Internet (http://nationalacademies.org/evolution). "On compte actuellement des remises en question de l'enseignement de la théorie de l'évolution dans quelque 40 États de l'union", précise l'Académie.

[NDLR] Entre le darwinisme et le créationnisme, Jérôme Lejeune propose une hypothèse originale sur la théorie de l'évolution, grâce à la génétique : il s'agit d'une évolution beaucoup moins progressive que celle professée par Darwin, mais effectuée par "bonds" successifs, avec des changements qualitatifs. Comme les chromosomes contiennent des milliers de gènes, ce qui sépare les espèces est d’un ordre de grandeur fort différent de celui d’une mutation génique comme l’entendait Darwin. Il y a donc eu un bond qualitatif pour obtenir l'espèce humaine. Il n'y a donc pas eu d'hominisation progressive, mais apparition soudaine de l'homme. Cette explication du Pr Jérôme Lejeune est en accord avec la paléontologie et sans contradiction avec la Genèse. (Cf. Revue de Presse du 16/04/03)

Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

La Croix (Dominique Lecourt) 14/06/05 - Lemonde.fr 11/06/05 - ProtestInfo 13/06/05 -

 

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 Prématurés : les laisser vivre ?
Aujourd'hui il est possible de faire vivre des nouveaux-nés qui seraient morts, il y a quelques années, du fait de leur prématurité. Mais cela soulève de nombreux problèmes éthiques, encore ignorés par la loi française. En effet, si la nature a prévu 9 mois, c'est bien qu'il faut ce temps pour faire un bébé sain, et la prématurité implique que quelque chose n'est pas bien terminé dans le processus de l'évolution du foetus. Pour évaluer si ce manque est important ou non, un temps d'attente de plusieurs semaines est nécessaire, après la naissance. La décision peut alors être prise d'arrêter les soins, voire même de tuer l'enfant.

Sur quels critères prend-on ces décisions ? Et qui les prend ? Selon Pierre Lequien, professeur de pédiatrie au CHU de Lille, ce sont les médecins qui décident, en informant les parents, mais sans leur faire porter le poids de la décision. Les décisions sont plus prises sur des critères sociologiques que physiques : un enfant qui aura des difficultés respiratoires aura plus de chance d'être laissé en vie, qu'un enfant en bonne santé physique, mais pouvant présenter des séquelles neuro-intellectuelles et donc des difficultés scolaires. C'est le problème de la place des personnes handicapées dans notre société qui est posé.

En France, on réanime et on prend en charge systématiquement  l'enfant né après 22 semaines d'aménorrhée et on déploie pour lui des trésors de soins exceptionnels pour tenter de  terminer son développement naturel, comme s'il était encore dans le ventre maternel. Mais souvent cela ne suffit pas, certains meurent naturellement et d'autres auront des séquelles que l'on ne peut évaluer rapidement, mais qui peuvent être sévères. Chaque service de réanimation a alors ses propres critères pour "l'abandon thérapeutique", c'est-à-dire l'arrêt des soins, qui peut conduire à la mort, ou l'acte volontaire d'euthanasie.

Rappelons que le taux de prématuré a tendance à augmenter : de 5,9% des naissances en 1995, on est passé à 7,2% en 2003. Cela est dû à plusieurs causes : les maternités de plus en plus tardives, la Fécondation in vitro qui par ses traitements et par l'implantation de plusieurs embryons favorise la prématurité, et l'augmentation des naissances provoquées prématurément en cas de danger pour la mère.

Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

La Croix (Christine Legrand) 14/06/05

 

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Référendum en Italie : victoire des pro-life

Le référendum sur un assouplissement de la loi sur la procréation médicalement assistée en Italie (cf revue de presse du 13/06/05) a été invalidé hier en raison d’une très forte abstention. La participation des électeurs a atteint 25,9 % alors qu’il aurait fallu que plus de 50% des électeurs se prononcent, pour que la consultation soit valide. 

Les italiens devaient répondre à quatre questions : Faut-il retirer du texte les références à l'embryon en tant qu'être humain à part entière ? Doit-on supprimer la limitation à trois du nombre d'embryons créés et aussitôt implantés sans possibilité de diagnostic préalable ?  Faut-il annuler les limitations à la recherche sur les embryons? Enfin, faut-il revenir sur l'interdiction de recourir à un donneur extérieur ?

Les partisans de l'abstention se sont largement mobilisés : "Sur, la vie on ne vote pas" pouvait-on lire sur les affiches. L’Église et en particulier le cardinal Camillo Ruini, président de la Conférence épiscopale italienne a certainement joué un rôle important : « je suis frappé par la maturité montrée par le peuple italien » a-t-il déclaré lundi soir. 

Pour d’autres observateurs, dont le vaticaniste de la Stampa Federico Geremica, « le succès de l’abstention représente incontestablement une grande revanche des catholiques italiens trente ans après avoir été battus lors des referendums sur l’avortement et le divorce. C’est une revanche d’autant plus importante, souligne t-il que le monde se sécularise ».

Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Le Figaro (Richard Heuzé) 14/06/05 – La Croix (Anne Le Mir) 14/06/05 – Le NouvelObs 14/06/05 – Libération (Eric Jozsef) 14/06/05 - Le Monde 14/06/05 - Le Quotidien du Médecin 15/06/05 - L'Osservatore Romano 14/06/05

 

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Des cellules souches adultes
pour traiter la maladie de Parkinson

Les équipes de Pierre-Marie Lledo (CNRS et Institut Pasteur) et de Magdalena Götz (université allemande de Munich) ont réussi pour la première fois à provoquer la maturation de cellules souches adultes du cerveau en neurones secrétant de la dopamine, ce qui représente un nouvel espoir pour les malades atteints de la maladie de Parkinson. Rappelons que cette maladie est due à la dégénérescence des neurones qui fabriquent la dopamine.

«Nos travaux pourraient contribuer à élaborer  de nouvelles stratégies thérapeutiques permettant de choisir le destin cellulaire des neurones nouvellement formés, puis de les détourner depuis leur zone germinative vers les régions à réparer » explique Pierre-Marie Lledo.

Ces travaux permettent d’envisager à long terme de nouvelles stratégies thérapeutiques dans le traitement des maladies neuro-dégénératives en alliant une thérapie génique (orientation du devenir des cellules souches) à une thérapie cellulaire (conduite des cellules souches vers un secteur déterminé).

La prochaine étape sera de tester cette découverte sur un modèle murin de la maladie de Parkinson.

Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

 La Croix 14/06/05 – Le Nouvel Observateur (Cécile Dumas) 14/06/05 – Le Quotidien du Médecin 14/06/05 - Le Monde (Jean-Yves Nau) 15/06/05

 

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L'Église et les enjeux bioéthiques

Le père Alain Mattheeuws, jésuite et spécialiste en bioéthique a été interviewé par Olivia Raw, du "World Youth Alliance" sur l'Église et la bioéthique. Il s'étonne que le débat bioéthique soit si intense et focalisé sur le début et la fin de la vie, suggérant même, avec humour, que les chercheurs devraient êtres psychanalysés pour connaître l'origine de cette focalisation.

Contrairement à l'opinion si répandue, il considère que l'Église,  "experte en humanité", est ouverte sur ces débats, et que tout homme peut comprendre ses positions. "Le chemin de l'Église, c'est l'homme dans toute sa grandeur et sa beauté" dit-il. Et de rappeler que "toute exigence morale devrait toujours être en surimpression d'un acte de miséricorde et d'amour." "L'Église est pour la vie, elle est du côté des petits et des pauvres. Elle parle d'une vie qui appartient à Dieu et qui est don."

A l'objection d'une tentation d'une prise de pouvoir sur le monde par l'Église, le père Mattheeuws répond : "Nous ne sommes plus en régime de chrétienté. Cette culpabilisation au sujet du pouvoir est fantasme d'un autre monde." "La question est de savoir si l'Église sera respectée dans ses membres et dans la "bonne nouvelle" dont librement elle veut témoigner et parler."

Et d'évoquer le "cri" de l'Église face au mal, cri non d'une désespérance, mais "parole prophétique pour dire qu'il est encore possible d'aimer, de faire le bien, de respecter la vie, d'être heureux sur la terre".

Face aux avancées de la science, il considère qu'"il n'y a rien de fatal dans les découvertes humaines. Dans l'expérimentation et dans la recherche, la liberté des hommes intervient toujours." La recherche "est programmée, c'est-à-dire, voulue institutionnellement et soutenue politiquement et financièrement." et de rêver à ce qu'on pourrait faire avec l'argent utilisé pour la recherche sur l'embryon pour soulager les populations atteintes du paludisme et de malnutrition...

Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Zenit 10/06/05

 

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