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La
commission sud-coréenne qui devait rendre son rapport en janvier sur les
travaux récents de l'ex-professeur Hwang n'a pas mis longtemps à
découvrir que tout était faux.
Pour elle, Hwang Woo-suk a
falsifié tous les résultats de sa dernière publication : aucune des 11
lignées de cellules souches déclarées n'a été obtenue par clonage
humain. Sur 9 d'entre elles, la fraude était déjà avérée. Il restait à
la commission d'établir la validité des 2 lignées restantes.
Le 29 décembre, celle-ci pouvait annoncer : "Les
trois laboratoires engagés dans cette expertise ont conclu que ces deux
lignées proviennent d'ovules fécondés in vitro fournis par le service de
médecine de la reproduction de l'hôpital MizMedi à Séoul". "Nous avons
découvert que Hwang et son équipe n'ont aucune donnée scientifique pour
prouver qu'ils ont bien produit des lignées de cellules souches
correspondant spécifiquement à l'ADN d'une personne", a
précisé la commission.
Hwang Woo-suk, ex-nobélisable, porté aux nues
par la communauté scientifique après la publication de son article, se
retrouve maintenant cloué au pilori. Non seulement toutes ses recherches
sont entachées de doute, en particulier le clonage d'une vache en 1999,
son premier clonage humain en 2004, et le premier chien cloné en août
2005, mais il risque aussi une enquête criminelle pour détournement de
fonds du gouvernement de son pays (40 millions de dollars depuis 2002).
Cette affaire jette aussi un sérieux doute sur
la validité des articles publiés dans des revues scientifiques
généralistes comme Science ou Nature, contrairement aux
revues spécialisées, plus rigoureuses, mais moins médiatisées. Jacques
Ninio, directeur de recherche au CNRS affirme, dans le quotidien La
Croix, que ces revues sont "les proies privilégiées des fraudeurs",
leur but étant d'avoir le plus d'impact médiatique possible. "Tout
ceci se fait dans une course folle au scoop. Même s'il est illusoire
d'imaginer la disparition de toute fraude, il est clair qu'un tel
système a tendance à la favoriser."
Les intérêts financiers sont à prendre en compte
: "Science est une revue très politicienne, coutumière d'annonces
scientifiques avant les discussions budgétaires aux Etats-Unis.",
regrette Jacques Ninio.
Corinne
Bensimon dans Libération donne le mot de la fin :
"Le clonage humain en série redevient ce qu'il
n'a jamais cessé d'être : un mirage". |