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L'affaire
Hwang Woo-suk continue de susciter un vif intérêt en Corée du Sud. Le
comité, dont le rapport d'enquête sera rendu public début janvier, a
d'ores et déjà annoncé que 9 des 11 lignées de cellules souches obtenues
ont été falsifiées et que de sérieux doutes planaient sur la véracité
des 2 lignées de cellules souches restantes.
C'est un sentiment de honte qui plane sur la
Corée du Sud et l'affaire embarrasse le gouvernement. Vendredi, le
ministère des sciences et des technologies a annoncé le retrait des 2,4
millions d'euros promis au chercheur pour l'année 2006. Le ministère de
la santé ne s'est pas encore prononcé sur les 9,5 millions d'euros
destinés au Centre mondial pour la recherche sur les cellules souches
embryonnaires inauguré en octobre par le professeur Hwang. Cette affaire
pourrait toutefois avoir de sérieuses retombées politiques, le président
Roh ayant publiquement soutenu le professeur Hwang au cours des 2
dernières années. Les travaux du biologiste se trouvaient au centre
d'une stratégie de l'État dont l'objectif était de promouvoir la Corée
du Sud comme "pionnier" dans la recherche sur les cellules
souches embryonnaires.
Les scientifiques sud-coréens s'inquiètent aussi
des répercussions de ce scandale sur leurs travaux : "j'espère que
cette affaire ne ternira pas l'image des savants sud-coréens, car elle
n'est pas représentative de la recherche dans notre pays" souligne
le professeur O II-whan, spécialiste des recherches sur les cellules
souches adultes.
L'Église catholique de Corée du Sud est de fait
renforcée dans ses critiques à l'égard des recherches sur les cellules
souches embryonnaires et le clonage. Le Révérend Lee Donk-Ik entend "dénoncer
à nouveau les problèmes éthiques que soulève ce type de recherches".
Le Comité pour la Vie créé en 2005 par le diocèse de Séoul doit
débloquer 208 millions d'euros en juin 2007 pour une recherche
respectueuse des règles éthiques dans le domaine des sciences de la vie.
Dans ce cadre, 8 millions d'euros iront à la recherche sur les cellules
souches adultes. Pour conclure, le Révérend Lee-Donk-Ik estime urgent de
réformer la loi sur la bioéthique et d'interdire le clonage d'embryons
humains. "La vie ne doit pas répondre à des objectifs économiques"
affirme-t-il.
Les scientifiques français favorables au clonage
déchantent. Marc Peschanski, Directeur de recherche à l'Inserm,
reconnaît que cette affaire aura un retentissement sur la recherche. Il
affirme "depuis presque un an, toutes les perspectives de recherche
sur le clonage s'appuyaient sur le fait que le professeur Hwang avait
réussi à le faire". Si le biologiste sud-coréen a menti, "je
pense que l'on assistera à un gel de la recherche, et pour longtemps"
ajoute-t-il. Si l'équipe du professeur Hwang qui "dispose de
compétences humaines et de moyens technologiques considérables" n'a
pas réussi dans ses tentatives de clonage "cela remettra en question
la faisabilité du clonage humain".
Pour Axel Kahn, Directeur de l'Institut Cochin
de génétique moléculaire, "les travaux qui se donnaient pour objectif
d'isoler des lignées de cellules souches provenant de personnes malades,
dans le but d'étudier ces maladies, vont obligatoirement connaître un
coup d'arrêt s'il s'avère que l'on ne sait effectivement pas obtenir des
embryons humains clonés!". Pour lui, ce scandale révèle "l'aspect
fantasmatique du clonage dit thérapeutique". "Car même si on
obtenait une seule lignée de cellules souches dérivées d'un embryon
humain cloné, on serait encore loin d'avoir guéri les centaines de
millions de personnes qui souffrent de diabète, d'Alzheimer, de maladies
cardiaques etc. Cela exigerait de recourir à des centaines de milliers
d'ovules" puis de réaliser pour chaque patient un clonage."On
voit bien qu'une procédure aussi lourde n'est tout simplement pas
applicable à grande échelle" conclut-il.
En Grande-Bretagne, où le clonage thérapeutique est autorisé, on
s'inquiète également. Certains commencent à évoquer la possibilité de
diriger les recherches vers d'autres branches moins sensibles sur le
plan éthique comme les cellules souches du cordon ombilical. |