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La
fraude scientifique du Pr Hwang
(cf revue de presse du 23/12/05) remet en cause les espoirs que
certains avaient mis dans la médecine régénérative basée sur le clonage
humain.
La chute du scientifique coréen va aussi
entraîner une suspicion sur la recherche en biotechnologie en Asie, peu
regardante en matière d'éthique et sur les revues scientifiques qui ont
publié ses faux résultats. Enfin, elle met en cause la pression exercée
sur les chercheurs pour produire des résultats spectaculaires. Jusqu'aux
premières révélations il y a quelques semaines, le Pr Hwang bénéficiait
de crédits considérables pour ces recherches (40 millions de dollars
depuis 2002).
Pour le professeur Axel Kahn "c'est un séisme
politique, parce que les pays du monde entier, sur la foi des résultats
de Hwang s'apprêtent à voter des lois sur le clonage ou les cellules
souches" explique-t-il. Il explique que le "clonage est un
univers de déraison totale". "L'une des caractéristiques de ce
champ de recherche, c'est qu'il rend fou tous les gens qui le touchent.
Le clonage c'est le triangle des Bermudes de la rationalité
scientifique" ajoute-t-il. "Depuis le début, tous les fantasmes,
les illusions, les lobbys se mélangent avec les démarches proprement
scientifiques".
Pour Alain Claeys, député de la Vienne, qui
rédige actuellement un rapport sur les cellules souches embryonnaires
"il faut réfléchir aux conditions de validation des articles
scientifiques, s'interroger au plan éthique sur le recours à des
ovocytes pour le clonage thérapeutique, se pencher sur les intérêts
économiques de ces recherches".
La Chine et la Corée s'étaient lancées dans la
recherche sur le clonage thérapeutique, du fait du vide laissé par les
pays occidentaux qui l'ont majoritairement interdit pour des raisons
éthiques. "Quand on parle à certains collègues asiatiques de règles
éthiques, ils ne comprennent même pas qu'il s'agisse d'un problème"
souligne ainsi le professeur Michel Pucéat (Inserm, Montpellier).
En Corée, l'indignation et l'incompréhension
dominent. Les Coréens ont le sentiment d'avoir été trompés ou trahis :
"le vrai problème, ce n'est pas la chute d'un scientifique, c'est que
le scandale a détruit une opportunité pour l'avenir de la recherche et
des technologies de notre nation, et ne peut que décourager les espoirs
des gens malades et paralysés" explique un coréen sur un site
Internet. |