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Sommaire de la revue de presse bioéthique du lundi 12 décembre 2005
Une interruption médicale de grossesse contestée
Greffe du visage : les dessous financiers

 

 

Revue de presse bioéthique du lundi 12/12/05

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Une interruption médicale de grossesse contestée

Trois médecins parisiens dont 2 gynécologues obstétriciens se sont vus infliger vendredi un rappel à la loi par le tribunal de grande instance de Paris, à la suite d'une interruption médicale de grossesse (IMG) qu'ils avaient pratiquée en 2001. Le tribunal a estimé que la malformation du foetus n'était pas suffisante pour justifier l'IMG.

En 2001, l'un des médecins constate que le foetus de sa patiente est atteint d'une hernie diaphragmatique congénitale, une pathologie grave et rare qui se caractérise par une remontée des viscères abdominaux dans le thorax et une compression des poumons. Dans la moitié des cas, le bébé ne survit pas, mais une opération est envisageable avec des risques de séquelles pulmonaires graves ou de mortalité postopératoire.

A l'époque, le couple avait décidé d'avoir recours à une IMG qui est autorisée quand l'enfant à naître est "atteint d'une affection d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic". C'est lors d'une autre grossesse  2 ans plus tard que le mari, qui s'est renseigné sur le diagnostic de la hernie du diaphragme, porte plainte contre les médecins pour IMG abusive lors de la première grossesse.

Le parquet estime alors que toutes les conditions n'ont pas été remplies pour pratiquer une IMG : "le critère d'incurabilité de la malformation n'était pas rempli car le traitement de cette pathologie a évolué. Dans cette affaire, nous n'étions pas dans un cas qui relève de l'IMG" affirment les magistrats.

En convoquant les 3 médecins, le parquet a mis en place une procédure du code pénal utilisée lorsqu'un événement ne doit plus se reproduire et prévenir qu'en cas de récidive les personnes seront poursuivies.

Au sein de la communauté médicale cette affaire est ressentie comme une menace pour les centres de diagnostic prénatal. Le professeur Frydman, chef de service à l'hôpital Antoine Béclère de Clamart se dit "surpris" et "inquiet" de cette décision et craint qu'elle ne s'inscrive "dans le courant idéologique de la vie à tout prix".

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Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Le Monde (Sandrine Blanchard) 12/12/05 

 

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Greffe du visage : les dessous financiers

Deux mois avant la greffe de visage, la couverture médiatique de l'opération était  soigneusement prévue.

Le Pr. Dubernard avait décidé de confier l'exclusivité du reportage photos ainsi qu'un reportage vidéo à l'un de ses amis photographe, Michael Hugues de l'agence "Media Pro". Avant l'opération, le journaliste prend contact avec la patiente afin d'établir avec elle un contrat pour "qu'elle perçoive l'intégralité des bénéfices de la vente du reportage". Il prend aussi des photos de la patiente pour pouvoir faire une comparaison avant et après l'opération. 10 photos sont sélectionnées à l'issue de l'opération.

Alors que les médecins décident d'attendre avant de publier les photos, des clichés sont publiés dans le journal britannique The Sun révélant l'identité de la patiente, photo à l'appui. Un cliché payé très cher auprès de la fille de la patiente : "ils lui ont offert 3 000 euros pour qu'elle décroche une photo du mur" explique le Pr Dubernard furieux que les médias britanniques aient révélé l'identité de la patiente, mais aussi celle du donneur ce qui est interdit en France....Le Pr. Dubernard affirme avoir évacué un paparazzi de la chambre de la patiente.

La commercialisation des photos a été confiée à l'agence Corbis. Paris Match en a racheté les droits environ 150 000 euros et a augmenté son tirage de 100 000 exemplaires. Parallèlement une exclusivité a été négociée en Grande Bretagne, avec le Daily Telegraph.

Quant à la patiente, au terme du contrat signé avec l'agence Media Pro et l'équipe médicale, elle percevra une fois les frais déduits 50% des droits. En raison de l'emballement médiatique de cette affaire, M. Hugues envisage de "modifier le contrat afin d'offrir un pourcentage plus élevé à la patiente".

Aujourd'hui c'est au tour des chaînes de télévision de se battre pour obtenir la diffusion du film.

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Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Le Figaro (Jean-Michel Bader- Martine Perez) 10/12/05 - Le Monde (Claire Guillot) 12/12/05

 

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