Revue de presse du mercredi 20/04/05
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Benoît XVI : l'intelligence et la fidélité

Le cardinal Joseph Ratzinger, 78 ans, a été élu pape, hier, par le conclave sous le nom de Benoît XVI. Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi depuis 1981, il était aussi président de la Commission théologique internationale et de la Commission biblique pontificale. La France, qu'il a visitée à plusieurs reprises, l'avait nommé en 1992, membre associé de l'Académie des sciences morales et politiques.  

Son objectif, depuis 1981, a été de consolider théologiquement la foi, pour lui permettre d'affronter les débats du temps. Invité à s'exprimer à Paris en 2001 sur "la situation spirituelle de l'Église et du monde au seuil du IIIè millénaire", il avait évoqué les atrocités du XXème siècle : "Là où Dieu n'est pas", avait il affirmé,"là où ne pénètre plus aucune lueur de sa présence, voilà l'enfer".

Il avait alors mis en garde contre les "formes subtiles" que pouvait prendre l'enfer et ce "presque toujours en disant vouloir le bien des hommes". "Quand aujourd'hui on fait du commerce avec les organes humains, quand on fabrique des foetus pour avoir des organes en réserve ou pour avancer la recherche médicale et préventive, bon nombre considèrent comme allant de soi le contenu humain de ces pratiques, mais le mépris de l'homme, qui est sous-jacent quand on use et abuse de l'homme ramène, qu'on le veuille ou non à la descente aux enfers". On se référera sur ces sujets, à l'Instruction sur le respect de la vie humaine naissante et la dignité de la procréation, "Donum vitae" du 22 février 1987.

Interviewé l'été dernier par le Figaro à l'occasion de la visite de Jean-Paul II à Lourdes il affirmait : "la foi chrétienne a son mot à dire sur la morale". Interrogé sur la responsabilité des hommes politiques catholiques, il expliquait que "la foi est une lumière pour la raison et que l'homme politique catholique doit pouvoir transmettre cette lumière dans son combat politique ". Sur la question de l'avortement, il précisait "en ce qui concerne le droit de vivre, il doit être protégé par tout État, du premier instant de la vie au dernier. C'est une évidence de la raison, ce n'est pas une position de la foi. Mais il serait contre la foi de s'opposer à cette évidence. Un politicien qui prend une position différente, qui ne respecte pas l'image de Dieu et l'inviolabilité de la personne humaine est aussi en opposition avec les composantes rationnelles de la foi". 
Sur ces questions, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, avait publié en 2002 une "Note doctrinale concernant certaines questions sur l'engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique". Elle s'adressait aux Évêques, aux hommes politiques catholiques ainsi qu'à tous les fidèles laïcs appelés à participer à la vie publique et politique.

Selon le vice-président  de l'Académie des sciences morales et politiques, André Damien,  Joseph Ratzinger ne changera en rien la position immuable de l'Église sur l'avortement ou l'euthanasie. "L'Église est et sera toujours pour défendre la vie. Il n'y aura pas d'aventures avec lui mais une ouverture".

Le Figaro (Jean Chichizola - Sophie de Ravinel - Delphine de Mallevoüe) 20/04/05 - La Croix (Michel Kubler) 20/04/05 - Le Monde (Henri Tincq) 21/04/05

 

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Diabète : nouveau succès de thérapie cellulaire 

Pour la première fois, une équipe de chercheurs japonais vient de réussir une greffe de cellules pancréatiques à partir d'un donneur vivant. Cette étude a été publiée sur le site Internet du Lancet.

Depuis 2000, plusieurs diabétiques ont bénéficié d'une greffe d'îlots de Langherhans (cellules pancréatiques) à partir d'un donneur en état de mort cérébrale. Cette fois-ci, pour soigner une jeune femme âgée de 27 ans, les japonais ont fait appel à un donneur vivant, la mère de la receveuse. Les cellules ont été injectées directement dans une veine conduisant au foie.

Cette technique présente plusieurs avantages. Un donneur de la même famille permet à priori une meilleure compatibilité avec le receveur. D'autre part, les cellules sont de meilleure qualité car non "soumises au stress de la mort cérébrale". Enfin, le recours à des donneurs vivants pourrait pallier le manque de dons d'organes.

22 jours après la greffe, la patiente n'a plus reçu d'insuline et le succès semble persister 2 mois après l'intervention. Le Pr François Pattou (Inserm à Lille ) reste cependant prudent : "Ces chercheurs sont très audacieux, mais il n'y a que deux mois de recul" commente t-il. Il souligne que si les risques sont minimes pour le receveur, ils sont plus importants pour le donneur qui risque de devenir diabétique. Cette technique est donc réservée pour l'instant aux grands diabétiques mais "cette observation est un pas de plus vers la thérapie cellulaire du diabète" ajoute t-il.

Libération (Sandrine Cabut) 20/04/05 - Le Monde (Jean-Yves Nau) 25/04/05 - Le Quotidien du Médecin (Dr Isabelle Catala) 26/04/05

 

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