Revue de presse du jeudi 14/04/05

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Réactions après le vote sur la loi sur la fin de vie

Si la loi sur la fin de vie avait trouvé un consensus à l’Assemblée nationale en novembre dernier, cela n’a pas été le cas au Sénat. Le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, avait souhaité d’emblée un vote conforme. Cela a eu pour effet d’exaspérer les élus de gauche comme de droite. Ainsi François Autain (PC) dénonce "un consensus trompeur et fragile" estimant qu'"il manque à ce texte le droit de choisir sa fin". Jean-Pierre Godefroy (PS) regrette que cette proposition de loi soit "faite avant tout pour les médecins et continue de donner le dernier mot à la médecine".

Du côté de la droite, cette loi laisse un goût amer. Anne-Marie Payet (UDF) voit dans ce texte "de graves risques de banaliser un droit au suicide" et Gilbert Barbier (divers droite) craint d’entériner "un premier pas vers l’euthanasie active".
Alors qu’Anne-Marie Payet avait réussi à faire passer un amendement contre l’avis du gouvernement, Philippe Douste-Blazy obtenait au terme d’une deuxième délibération, de faire tomber l’amendement gêneur. Au milieu de la nuit les sénateurs UMP, restés seuls, votaient le texte par 161 voix pour, 0 contre et 7 abstentions.

Le Père Patrick Verspieren, directeur du département d’éthique biomédicale du Centre Sèvres, estime que cette loi était nécessaire mais qu’elle contient des ambiguïtés. Ces dernières avaient déjà été signalées par Mgr Ricard, président de la Conférence des évêques de France, dans sa déclaration de septembre 2004 "Accepter la mort, maintenir les soins auprès du malade", reprise dans un communiqué hier. Quand la loi parle de médication contre la souffrance qui peut "avoir pour effet secondaire d’abréger la vie", le Père Verspieren estime qu’il faudra "vérifier qu’il s’agit bien d’un effet secondaire, c'est-à-dire d’un effet non recherché". Sur la question de l’alimentation artificielle, il estime que la loi est juste car "toute personne a le droit de refuser des actions sur son corps quand elle peut exprimer sa volonté". Il dénonce en revanche que l’interprétation de cette loi puisse considérer l’alimentation artificielle comme un traitement médical. Il craint ainsi que l’on interprète le fait de maintenir l’alimentation artificielle comme "une obstination déraisonnable". Or estime t-il, il faut maintenir les soins de base.
Consultez en ligne la loi adoptée par le Sénat

Le Monde (Patrick Roger) 14/04/05 – La Croix (Marianne Gomez) 14/04/05

 

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OGM : la mission parlementaire ad hoc a remis son rapport

En octobre dernier, le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, créait une mission d'information parlementaire "sur les enjeux des essais et de l'utilisation des organismes génétiquement modifiés" (OGM). Les 31 membres de la mission, présidée par Jean-Yves Le Déaut (PS), ont remis hier leur rapport après plus de 100 auditions en France et à l'étranger et 10 tables rondes publiques. Ce document servira à l'élaboration d'un projet de loi qui, selon les voeux de Jacques Chirac, devrait fixer "un cadre clair pour les recherches sur les OGM" et permettre de "transposer les directives européennes applicables".

Les députés se sont prononcés à une large majorité pour la poursuite des recherches et en particulier sur les expérimentations en plein champ. Les députés préconisent que la recherche sur les OGM soit sous la tutelle du Ministère de la Recherche et non de l'Agriculture. Les autorisations d'implantation des essais OGM devraient être signées au cas par cas après l'avis de deux sous-commissions, une composée de scientifiques pour les aspects techniques, une de membres de la "société civile" pour les évaluations bénéfice/risque.

Le rapport révèle que l'association Crii Gen, Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le génie Génétique, serait financée par le groupe Carrefour.

Le Figaro (Marc Mennessier) 14/04/05 - Le Quotidien du médecin (Stéphanie Hasendahl) 18/04/05 - L'Express (Claude Allègre) 09/05/05

 

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Clonage d’un cheval d’exception

La start-up française Cryozootech et le professeur Cesare Galli, de l’Institut expérimental Lazzaro Spallanzani de Cremone (Italie), viennent d’annoncer la naissance d’un poulain qui est le clone de Pieraz, un champion du monde d’endurance. Cet étalon baptisé Pieraz-Cryozootech-Stallion est né il y a un mois et demi.

Depuis Prometea, le premier cheval cloné en 2003 (cf. revue de presse du 07/08/03) la technique a évolué. Il n’en reste pas moins qu’il faut environ 1000 embryons pour obtenir un fœtus d’animal viable chez les chevaux. Cryozootech conserve des cellules d’animaux pour 2 raisons. Soit dans un but de conservation, notamment pour les races menacées, soit pour garder des spécimens particulièrement performants.

Le clone ne sera pas identique à son modèle. Une partie des différences est due à la période fœtale forcément différente entre le clone et son modèle. D’autres éléments comme l’élevage et l’entraînement influeront également sur les performances du cheval. Enfin, ce nouvel étalon, « jumeau » d’un cheval d’endurance castré, ne sera pas autorisé à concourir dans les courses de pur-sang.

Par ailleurs, une étude publiée dans les Comptes Rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS) vient de conclure que la viande et le lait de bovins clonés sont propres à la consommation...

Le Figaro (Isabelle Brisson) 14/04/05 - Le Quotidien du Médecin 18/04/05

 

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Sur l'utilité du dépistage génétique de la maladie de Huntington

Le Quotidien du Médecin aborde la question difficile du dépistage génétique de la maladie de Huntington chez les personnes "à risque" c'est à dire potentiellement porteuses de cette mutation détectée chez l'un des membres de leur famille.

Un test positif signifie que la maladie va se développer, on ne peut prédire quand et à quel degré ; un test négatif signifie que la personne n'est pas porteuse de la mutation. Le test ne permet pas de mettre au point des mesures préventives ou thérapeutiques, car aujourd'hui nous ne savons pas soigner ou même contrôler la progression de cette maladie neurodégénérative.

Le Dr Alexandra Dürr explique que l'annonce du résultat d'un tel test est très délicat du fait notamment qu'il n'y a aucune prévention ou traitement à proposer. Par ailleurs, elle constate que : "Paradoxalement, les gens sont rarement heureux à l'annonce d'un résultat négatif", certaines personnes développant alors le "syndrome du rescapé" en culpabilisant par rapport aux personnes malades de la famille.

Pour les médecins généticiens, les demandeurs du test génétique présymptomatique de la maladie de Huntington doivent être préparés à l'annonce du résultat quel qu'il soit. Pour les personnes "à risque" d'être porteuses de cette maladie, une procédure spécifique a été mise en place pour les aider à réfléchir sur leur envie de savoir et sur le retentissement du résultat du test sur leur vie. Environ 20 % des sujets à risque décident de faire ce test génétique, mais la moitié seulement va jusqu'au bout.

Le Quotidien du Médecin (Elodie Biet) 14/04/05

 

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