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Sommaire de la revue de presse mois d'août 2005

351 foetus et enfants mort-nés en bocaux

Foetus stockés : inquiétude des parents

Hôpital Saint-Vincent-de-Paul : un cas isolé

Foetus stockés : le bilan

Des cellules de peau de foetus pour soigner les brûlures

Nouvelle disposition pour les prélèvements d’organes

L’avenir prometteur des cellules de cordon

Des cellules de peau converties en cellules souches

Des cellules du foetus dans le cerveau de la mère

Inde : la tuerie silencieuse de fœtus féminins

Ukraine : que sont devenus les nouveaux nés ?

Snuppy, le premier chien cloné

Les animaux clonés peuvent se reproduire !

A propos du clonage…

Les enfants du XXIième siècle

La pilule contraceptive reconnue cancérogène

Décès de la pionnière des soins palliatifs

OGM : une contamination provisoire

Les fœtus insensibles à la douleur ?

La petite Charlotte à nouveau condamnée à mort

Allemagne : vers un assouplissement de la loi bioéthique ?

Le foetus, ni chose ni personne

Revue de presse d'août 2005

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351 foetus et enfants mort-nés en bocaux


Photo Phong Quang - Foetus en bocaux au Vietnam Une jeune mère, Caroline Lemoine, a involontairement déclenché une vague d'émotions dans toute la France en réclamant des précisions sur ce qu'était devenu le corps de son enfant décédé il y a trois ans, suite à une interruption médicale de grossesse en raison d'un handicap.

Son enfant, qu'elle croyait incinéré, était en fait conservé dans du formol, dans un bocal, à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris, avec 350 autres enfants, depuis de nombreuses années, certains depuis 1985.

L'affaire est rapidement montée jusqu'au premier ministre, Dominique de Villepin et au ministre de la Santé Xavier Bertrand. Ce dernier a fait part, le mardi 2 août, de sa "profonde émotion" et de son "indignation" face à une telle découverte. ""Ce que j'ai vu m'a énormément choqué. J'ai encore en mémoire des images très éprouvantes. Ces poches et bocaux de formol répartis dans ces salles..." Le premier ministre, quant à lui, a demandé l'ouverture d'une enquête "sans délai" pour déterminer les responsabilités.

Personne ne sait pour quelles raisons ces corps étaient conservés. "On est en face d'une chose pas clairement organisée, remarque Jean-Marc Boulanger, le secrétaire général de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, il n'y avait pas lieu de conserver ces foetus."

Le président du Syndicat des gynécologues obstétriciens, Guy-Marie Cousin, ne partage pas, lui, l'émotion suscité par l'affaire. Il s'étonne de l'indignation de tous car "ce doit être le cas dans les 22 hôpitaux universitaires." Selon lui, "quand les parents ne réclament pas le corps, au-delà de 10 jours, c'est à l'hôpital de le prendre en charge, qui peut l'utiliser à des fins de recherche, sauf s'ils précisent qu'ils ne le donnent pas à la science."

"C'est la continuation de vieilles habitudes hospitalières", a estimé Axel Kahn, membre de l'Académie des sciences. "Au 19e siècle mais encore au 20e siècle, il y a dans de très nombreux hôpitaux des musées de la médecine avec des bocaux et dans ces bocaux, (...) des pièces d'anatomie, des fœtus (...) des embryons et des nouveau-nés montrant des malformations".

Jean-Marc Boulanger, quant à lui, estime qu' "il n'y avait pas lieu de conserver cet ensemble de foetus ou d'enfants mort-nés. Si des analyses médicales ou scientifiques étaient nécessaires pour l'étude des causes de telle ou telle malformation, ces analyses auraient dû être pratiquées dans les jours suivant la fausse couche, l'avortement ou la naissance. Et après ces analyses, on aurait dû procéder, selon les cas, à des incinérations ou à des inhumations."

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, s'est dit "profondément" choqué par l'annonce "stupéfiante" de la découverte des 351 fœtus et a annoncé que "toutes les consignes ont été données aux services de la ville de Paris afin que, le moment venu et dans la dignité qui s'impose, il puisse être procédé à l'inhumation ou l'incinération des corps".

Du côté de l'opposition gouvernementale, François Hollande, premier secrétaire du PS a exprimé son "profond malaise", suite à cette découverte, soulignant que la loi "n'a pas été respectée" dans cette affaire. "Nous ne sommes pas devant un vide juridique, des textes ont été votés, il y a un cadre juridique. Il faut savoir pourquoi ce cadre juridique n'a pas été respecté dans cet hôpital (...). Il faut absolument que la loi soit respectée dans toute sa rigueur", a-t-il déclaré.

Jean-Marie Le Pen, président du Front National, s'étonne de l'émotion provoquée par l'affaire. "Dans nos hôpitaux et nos cliniques, environ 600 foetus sont tués chaque jour, sans que cela soulève la moindre émotion. Pourquoi ? Cette question est sans doute politiquement très incorrecte. Elle devrait pourtant interpeller les Français".

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Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

 Le Monde (Anne-Lyse Defrance et Jean-Yves Nau) 03/08/05 04/08/05 - La Croix 03/08/05 - Le Figaro 03/08/05 -
Le Nouvel Observateur 03/08/05 - CNN 03/08/05

 

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Foetus stockés : inquiétude des parents

Photo Phong Quang P lus de 500 familles ont appelé la cellule d'information mise en place par l'AP-HP pour savoir si leur enfant se trouvait parmi les 351 foetus ou enfants mort-nés retrouvés dans les bocaux, ou poches de formol,  à l'hôpital Saint Vincent de Paul. 15 ont eu confirmation que leur enfant se trouvait parmi les corps retrouvés. Pour les autres, l'hôpital n'a pas su leur dire quand leur enfant avait été incinéré.

Le père d'un enfant, mort à la suite d'une IMG,  témoigne qu'il a vécu "un vrai moment d'angoisse" à l'annonce de la nouvelle par la presse. Il a fini par savoir   que son bébé ne faisait pas partie de ceux retrouvés, mais il reste amer face à cette situation "Je me mets à la place des autres parents. Perdre un enfant, c'est assez dur. Mais le tuer une seconde fois, c'est encore pire."

Pour certaines familles, c'est comme si une partie du mécanisme du deuil avait été brisé" déclare le professeur Jean Navarro, directeur de la politique médicale de l'AP-HP. Les médecins et psychologues qui accompagnent les couples se sentent floués : "Pendant des années, nous avons accompagné des familles dans l'épreuve que constitue une interruption médicale de grossesse ou la perte d'un enfant à la naissance. Nous leur avions donné l'assurance que le foetus ou le corps de leur enfant serait incinéré par l'hôpital. Et ce n'est pas ce qui s'est passé. Alors forcément, on se pose la question : demain, ces familles pourront-elles nous refaire confiance ?"

"Heureusement depuis l'affaire, je n'ai pas eu à rencontrer une femme qui venait pour une IMG. Je ne sais pas ce que j'aurais pu lui dire," s'inquiète Jean-Philippe Legros, psychologue à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul. " Dès qu'un diagnostic est grave ou qu'une IMG est prévue, on discute avec la mère. Elle note que son enfant est vivant. Comment va-t-il mourir, que devient le corps ? On lui explique. On lui raconte qu'après l'IMG, l'enfant sera nettoyé, vêtu des habits que les parents souhaitent. On dit des choses très précises, et jusqu'à présent on pouvait se le permettre car nous étions dans la confiance et nous nous en portions garants."
 

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Le Monde 09/08/05 (Anne-Lyse Defrance) - Libération 06/08/05 - La Croix 12/08/05

 

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Hôpital Saint-Vincent-de-Paul : un cas isolé

Photo Phong Quang

A u terme de l'enquête effectuée par l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), il s'avère que "la situation constatée dans les annexes de la chambre mortuaire de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul ne se rencontre dans aucun autre hôpital de l'AP-HP."

"La situation est conforme aux règles en vigueur" a expliqué Jean-Marc Boulanger, secrétaire général de l'AP-HP, le mercredi 10 août. Les corps ont bien été incinérés après 10 jours, si les parents ne les ont pas réclamés. A l'exception de l'hôpital Saint-Antoine, qui conserve environ 15% des foetus pendant une période plus longue, avant de les transférer à la chambre mortuaire, et qui fait une "collection" de foetus morts "constamment actualisée, respectueuse des bonnes pratiques."

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La Croix 11/08/05 - Libération (Marianne -Enault)11/08/05 - Le Monde 12/08/05

 

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Foetus stockés : le bilan

Photo de foetusFinalement, il semble qu'aucun scandale ne soit à l'origine de la vague d'émotion suscité par la découverte des foetus en bocaux. Il s'agirait seulement de la négligence de l'ancienne administration de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Jusqu'en 1994, en l'absence de loi sur la bioéthique, les médecins pouvaient agir sur les corps morts comme bon leur semblait, en l'absence d'opposition exprimée. Et les foetus pouvaient être gardés en attente d'autopsie assez longtemps, ou dans un but d'enseignement. Depuis 2001, une circulaire du 30 novembre déclare que la conservation des foetus ou enfants mort-nés est interdite. Si les parents n'ont pas réclamé le corps de leur enfant dans les 10 jours suivant la mort, il doit être incinéré ou enterré dans les meilleurs délais. Si ces corps ont fait l'objet de recherches ou de prélèvement sans l'accord des parents, les médecins responsables s'exposent à une amende de 15 000 euros et à un an d'emprisonnement.

A Saint-Vincent-de-Paul le service responsable des petits corps a connu de multiples restructurations, et son chef, Alain Pompidou, député européen depuis 1989 est peu présent à l'hôpital. De plus, personne ne veut s'occuper de la chambre mortuaire, les employés à cette pièce n'y restent affectés pas longtemps, du fait de l'ambiance difficile. C'est seulement après la nomination du nouveau chef de service, le professeur Rabineau, que l'état de la chambre mortuaire est découvert.

«Cette histoire ne m'étonne pas du tout, analyse le professeur Claude Got, spécialiste de ces questions. Nous, avant la loi de 1994, on gardait souvent les corps. On se disait que peut-être on allait faire une étude. Et puis, les temps ont évolué. Ces services sont aujourd'hui débordés, avec l'explosion de demandes pour voir si des tissus sont cancéreux. Alors, les autopsies traînent. Tout traîne. Mais je ne vois vraiment pas le scandale.»

En règle générale, les médecins ne sont pas surpris de cet état de fait, et fustigent plutôt les politiques qui ont monté cette affaire en épingle. Le professeur Axel Kahn parle d'un "emballement insensé". "Pour les besoins d'un régime de gestion de l'événement de plus en plus tributaire du sensationnel, on a insisté, depuis quatre jours, sur la découverte «macabre» de 351 actes présentés comme quasiment «criminels»." "On est en train de remuer la douleur des familles en raison d'une communication délirante qui laisse entendre l'existence de pratiques malsaines sur les foetus morts. C'est irresponsable et non éthique", souligne le professeur Israël Nisand, professeur de gynécologie obstétrique au CHU de Strasbourg.

Et Jean-Paul Mulot dans le Figaro, s'interroge sur les motivations des hommes politiques : "Deux ans après le «scandale» de la canicule, il semble que la classe politique soit prise d'angoisse à l'idée de sous-évaluer le moindre danger, la moindre menace, le moindre dérapage".

"A priori cet emballement de l'émotion publique semble paradoxal si l'on songe d'une part que, depuis trente ans, des centaines de milliers de foetus sont avortés dans l'indifférence presque générale des hommes politiques et des médias ; et d'autre part que le législateur français s'est refusé, lors du vote des différentes lois de bioéthique, à définir un statut protecteur de l'embryon sans que l'opinion n'en paraisse touchée," remarque Marie-Joëlle Guillaume dans Famille Chrétienne.

Dans le journal Le Monde, Jean-Yves Nau s'interroge sur une société qui s'émeut devant des foetus stockés en attente d'être incinérés, ou utilisés pour la recherche, et parallèlement, s'apprête à autoriser la destruction des embryons humains à des fins de recherches. Et de faire appel à "la recherche d'une adéquation entre le droit et les moeurs qui permettrait, enfin, de définir un statut évolutif embrassant cet espace-temps qui va de la conception à la naissance."

"Cette affaire doit avant tout être perçue comme la résultante de différentes évolutions de notre société." déclare Claude Sureau, gynécologue obstétricien, membre du Comité consultatif national d'éthique. Aujourd'hui, on ne peut plus regarder le contenu utérin comme on pouvait le faire jadis. Il importe de rappeler que, du fait de la médecine et de la science, depuis près de deux siècles, on a commencé à considérer le foetus - l'être intra-utérin - sinon comme une personne, du moins comme un être vivant respectable, un être à part entière." "La surmédiatisation de cette affaire est malsaine. Mais personne ne s'émeut de ce qui est autrement plus grave à mes yeux, s'indigne-t-il, quand un enfant de plus de 22 semaines en bonne santé meurt à la suite d'un accident de voiture ou d'une erreur médicale, cette destruction n'entraîne aucune sanction pénale." "A mon avis, cette affaire devrait être l'occasion de réfléchir au statut à accorder à l'être prénatal, vivant ou mort", conclut-il.

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La Croix (Charlotte de Beauvoir et Emmanuelle Réju ) 04/08/05  et 05/08/05 - Le Figaro 04/08/05 et 05/08/05 -
 Le Monde
(Jean-Yves Nau et Anne-Lyse Defrance)  05/08/05 et 09/08/05 - Libération (Mureil Fliss-Trèves) 23/08/05

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Des cellules de peau de foetus pour soigner les brûlures

Patrick Hohlfeld, spécialiste de médecine fœtale au centre hospitalier universitaire de Lausanne a soigné la brûlure profonde de 8 enfants en utilisant un « pansement » de cellules fœtales. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue médicale britannique The Lancet*.

Généralement, pour soigner des personnes gravement brûlées, les médecins ont recours à la technique de « l’autogreffe » qui consiste à prélever un fragment de peau indemne et à le greffer à l’endroit des brûlures.

L’équipe suisse, elle, a tenté une allogreffe, c'est-à-dire une greffe à partir d’un fragment de peau n’appartenant pas au patient. Le Dr Hohlfeld a prélevé un petit échantillon de 4 cm2 de peau sur un fœtus provenant d’une interruption volontaire de grossesse de 14 semaines après avoir obtenu l’accord de la donneuse. Les cellules fœtales se reproduisant très facilement en laboratoire, les chercheurs ont rapidement obtenu plusieurs millions de petits « pansements » de 9 sur 12 cm, composés de cellules fœtales cultivées sur un support de collagène. Les chercheurs ont alors greffé ces pansements sur les enfants et ont constaté que ces patchs se comportaient plus comme un « pansement biologique » favorisant la cicatrisation que comme une greffe classique. « Notre hypothèse est que ces cellules sont très riches en facteur de croissance avec toute une série de protéines qui ont permis de stimuler l’environnement de la brûlure et de la peau adjacente, et permettre ainsi la cicatrisation » explique le professeur Hohlfeld.

Cette avancée thérapeutique relance la controverse sur l’utilisation des fœtus issus des interruptions volontaires de grossesse. Les chercheurs suisses estiment que le prélèvement de cellules cutanées fœtales peut être assimilé, dans leur pays, à une forme de don d’organe.

* J. Hohlfeld et coll., The Lancet 2005 ; 366 (9488) : 788-790.

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Le Figaro (Jean-Michel Bader) 18/08/05 – La Croix (Pierre Bienvault) 23/08/05 – Le Monde (Jean-Yves Nau) 19/08/05 – Le Nouvel Observateur (Cécile Dumas) 18/08/05 – Libération (Julie Lasterade) 19/08 /05 Swissinfo 18/08/05 – Le Temps 18/08/05 – Le Matin 17/08/05 – Le Quotidien du Médecin (Dr Guy Benzadon) 25/08/05

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Nouvelle disposition pour les prélèvements d’organes

Logo du Journal OfficielSelon un décret paru le 7 août au Journal officiel, les établissements conventionnés pourront désormais prélever des reins et des foies sur des personnes « décédées présentant un arrêt cardiaque et respiratoire persistant ». Précédemment, ces prélèvements étaient réalisés sur des donneurs en état de mort encéphalique et dont l’activité cardio-respiratoire était maintenue artificiellement. Cette disposition devrait augmenter le nombre de prélèvements.

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La Croix 08/08/05

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L’avenir prometteur des cellules de cordon

Cellule souche

Des chercheurs de l’université de Kingston en Angleterre ont réussi à produire en grande quantité des cellules souches extraites de sang de cordon ombilical grâce à une nouvelle technologie. Cette technique issue de la Nasa fait appel à des bioréacteurs fonctionnant en microgravité. Certaines cellules ainsi extraites ont pu être transformées en cellules dont les propriétés sont proches de celles du foie. Ces travaux ont été publiés dans la revue Cell Proliferation.

Les cellules souches sont particulièrement prometteuses pour la médecine « régénératrice » qui pourrait permettre de remplacer les organes ou tissus devenus défaillants. Les cellules de cordon contrairement aux cellules souches embryonnaires ne posent aucun problème éthique. Autre avantage de ces cellules, elles sont facilement accessibles même s’il faut toute une série de manipulations pour en obtenir en quantité suffisante.

Pour Valérie Planat du CNRS qui travaille avec Louis Casteilla sur les cellules souches adultes extraites du tissu adipeux « cette étude paraît très intéressante et dotée d’une véritable originalité. C’est la première fois à ma connaissance que la microgravité est utilisée dans le cadre de recherches sur les cellules souches ». Elle reconnaît que ces travaux ont aussi leurs limites car « il faudra passer par un procédé de culture assez long nécessitant près de cinq mois de préparation ».

Si les cellules souches de cordon tiennent leur promesse, il faudra trouver des donneurs compatibles au niveau tissulaire avec les futurs malades et multiplier les banques de sang de cordon. Le Congrès américain a d’ailleurs voté en 2004 un budget de 150 millions de dollars pour développer ses biobanques.

« "Les cellules de sang de cordon pourraient représenter un point d’équilibre entre l’éthique et la clinique, c'est-à-dire la voie moyenne entre le respect de la vie et le droit des malades à bénéficier des avancées de la médecine" analysait récemment un chercheur de la lettre d’information Gènéthique» rapporte le Figaro. (cf notre lettre mensuelle GèneEthique de décembre 2004)

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Le Figaro (Catherine Petitnicolas) 19/08/05 – NewScientist.com 18/08/05

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Des cellules de peau converties en cellules souches

Cellules souches

Des chercheurs de l’Université de Harvard ont annoncé le 21 août avoir réussi à transformer des cellules de peau humaine en cellules souches embryonnaires. Pour cela, ils ont fusionné une cellule de peau humaine avec une cellule souche embryonnaire humaine (obtenue à partir d’embryons surnuméraires issus d’une fécondation in vitro). Ils ont ainsi obtenu une cellule hybride qui a été en quelque sorte reprogrammée.

Cette technique évite d’avoir recours à l’utilisation d’ovocytes féminins.

« A partir de cette nouvelle cellule, le but serait ensuite d’obtenir en nombre illimité des lignées de cellules souches embryonnaires portant exactement les mêmes gènes qu’une personne malade » explique Axel Kahn.

Reste un obstacle majeur à l’utilisation de cette cellule : « la cellule ainsi reprogrammée est tétraploïde, ce qui veut dire qu’elle possède un double jeu de 92 chromosomes au lieu de 46 pour une cellule normale » explique Axel Kahn. Elle ne pourrait donc pas être utilisée à des fins thérapeutiques.

Pour l’heure, cette nouvelle méthode de fusion des cellules est surtout utile pour mieux comprendre la re-programmation des cellules somatiques, expliquent les chercheurs.

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Le Figaro (Catherine Petitnicolas) 23/08/05 – Le Nouvel Observateur (Cécile Dumas) 23/08/05 – La Croix (Pierre Bienvault) 24/08/05 – Courrier International 22/08/05 – Washingtonpost.com 22/08/05 - Le Monde (Jean-Yves Nau) 27/08/05

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Des cellules du foetus dans le cerveau de la mère

Coupe du cerveau

Des chercheurs de l’Université nationale de Singapour viennent de découvrir que les cellules souches fœtales de souris qui passent dans le sang de la mère peuvent migrer jusqu’au cerveau. Ces travaux ont été rapportés dans le magazine New Scientist.

On avait déjà montré que les cellules fœtales passaient dans le sang de la mère, qu’elles pouvaient se retrouver plusieurs années après la grossesse dans certains tissus comme la peau et qu’elles jouaient un rôle réparateur en cas de dommages.

C’est la première fois que l’on démontre que ces cellules migrent jusqu’au cerveau de la mère et qu’elles se différencient en plusieurs types de cellules cérébrales. Les chercheurs n’ont pas démontré que ces cellules étaient opérationnelles mais ils ont découvert que lorsque des lésions étaient créées dans le cerveau maternel des souris, la concentration des cellules fœtales augmentait dans les zones animées.

Les chercheurs doivent maintenant vérifier que ce processus existe aussi chez l’homme.

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Le Nouvel Observateur (Cécile Dumas) 19/08/05 – NewScientist.com 19/08/05

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Inde : la tuerie silencieuse de fœtus féminins

Photo de foetus

Notons dans le numéro de septembre de Marie-Claire un article intitulé : « Génocide en Inde. 36 millions de femmes manquent à l’appel ». Effectivement en Inde la naissance d’une fille est considérée comme une catastrophe. Les traditions ont forgé une société où elles n’ont aucune valeur, où seul un garçon a le droit d’hériter du nom et des biens et d’effectuer les rites funéraires du père. Pour la marier, la coutume veut que les parents établissent une dot, qui représente pour la famille une dépense considérable. Pour éviter tout cela, les filles sont donc supprimées. L’arrivée de l’amniocentèse et de l’échographie n’a fait qu’amplifier le phénomène. Aujourd’hui, en Inde, il « manque » au moins 36 millions de femmes. Pour le Dr Baljit Singh Dahiya, qui se bat depuis plus de vingt ans contre l’élimination des filles il s’agit d’un véritable « génocide ».

Dans ce pays, il est fréquent qu’une femme avorte, quatre, cinq, six fois jusqu’à ce qu’elle attende un garçon et ce geste est devenu presque banal. A Delhi, en 6 mois quelques 4 000 fœtus ont été éliminés. C’est une « tuerie silencieuse » dénonce un membre d’une ONG.

Certes la loi impose à l’hôpital public de ne pas révéler le sexe du bébé mais les cliniques privées, elles, ne s’en privent pas. Beaucoup proposent d’ailleurs un forfait "échographie + avortement" de 5 000 à 10 000 roupies (100 à 200 €). Des avortements tardifs sont aussi pratiqués clandestinement dans des cliniques peu scrupuleuses. Les autorités tentent de prévenir ces avortements sélectifs mais dans ce pays où la corruption est répandue aucun médecin n’a encore été condamné à la prison. L’IVG a remplacé un autre mode d’élimination des filles : l’infanticide après la naissance qui reste de mise dans les familles pauvres.

Pour combattre ce génocide, plusieurs états indiens offrent des bourses aux parents acceptant d’élever des filles mais cette aide n’a qu’un effet mineur.

L’Inde se masculinise donc et dans de nombreuses régions, par frustration sexuelle, la violence contre les femmes est en hausse. Beaucoup d’hommes sont maintenant à la recherche de femmes. Certains achètent même leurs épouses et l’on voit apparaître des cas de polyandrie.

Pour Donna Fernandes, membre de l’association féministe Vimochana, il s’agit « de la violation des droits humains la plus fondamentale qui soit. Il ne peut y avoir aucun droit humain si l’on vous refuse celui de naître ».

Le magazine Marie-Claire consacre également un article sur l’IVG intitulé « 200 000 IVG par an, ça suffit ! ». Il rappelle que ce n’est pas parce qu’ « on y a droit » qu’il faut avoir recours à une IVG à la légère. Il met en garde également sur les risques d’une telle intervention.

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Marie-Claire (Béatrice Dehais – Katie Breen) septembre 05

 

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Ukraine : que sont devenus les nouveaux nés ?

Photo de Bébé se prenant les piedsUn membre de l’Union Européenne vient de partir en Ukraine pour enquêter sur la disparition de dizaines de nouveau-nés depuis 2001, et la découverte de cadavres de bébés sur lesquels des organes avaient été prélevés.

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Libération 23/08/05

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Snuppy, le premier chien cloné

Photo de chiens

Des chercheurs sud-coréens dirigés par Woo Suk Hwang, de l’Université nationale de Séoul ont annoncé le 3 août avoir réussi à réaliser par clonage la « copie conforme » d’un lévrier afghan baptisé Snuppy (pour Seoul National University Puppy).

Rappelons que le Pr Hwang, le « père » de Snuppy avait annoncé en février 2004 le premier clonage d’embryons humains à des fins de recherche.

Il est intéressant de noter qu’en juin 2005, le Pr Hwang a déclaré que le clonage d’un être humain était « non seulement scandaleux sur le plan de l’éthique et dangereux médicalement, mais aussi techniquement impossible » pendant encore des décennies.

Snuppy a été cloné par la technique employée pour la brebis Dolly, dite de transfert de noyaux de cellules somatiques. Les noyaux ont été obtenus par prélèvement dans la peau d’une oreille du « jumeau » ou « père » pour être injectés dans les cellules sexuelles de la mère porteuse. Pour cloner le chiot, les chercheurs ont transféré 1095 embryons vers 123 chiennes.

Gérald Schatten de la faculté de l’université de Pittsburgh estime que ce faible taux justifie l’interdiction du clonage humain : « Parce que cela démontre que le clonage à des fins de reproduction n’est ni sûr, ni efficace, nous appelons à une interdiction mondiale du clonage à des fins de reproduction, qui va aussi contre l’éthique » a-t-il affirmé.

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Le Figaro 05/08/05 – Libération (Alexandra Schwartzbrod) 05/08/05 – La Libre Belgique 04/08/05

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Des animaux clonés peuvent se reproduire

Copyright : Zoo La Garenne (Suisse) P.Schwab Trois chats sauvages africains vivants aux Etats-Unis ont donné naissance à deux portées de chatons, démontrant ainsi que des animaux clonés peuvent se reproduire.

Cet événement a été annoncé par le Centre de recherche Audubon sur les espèces menacées, basé en Louisiane et ouvre des perspectives au repeuplement d’espèces en voie de disparition.

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Libération 23/08/05 – La Croix 23/08/05

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A propos du clonage…

Bébés clonés

Il y a 10 ans la naissance par clonage de la brebis Dolly brisait un dogme de la biologie et ouvrait la porte à la reproduction non sexuée des mammifères. Au niveau humain, l’annonce en mai dernier par une équipe sud coréenne de procédés permettant de créer par clonage des embryons humains faisait franchir une nouvelle étape.

Jean-Yves Nau s’interroge dans Le Monde sur les leçons à tirer des avancées dans ce domaine.

Il constate d’abord que malgré les annonces, aucun être humain cloné n’a vu le jour. Par ailleurs la communauté internationale n’est toujours pas parvenue à se mettre d’accord pour condamner unanimement le clonage reproductif humain.

L’autorisation ou non du clonage humain à des fins thérapeutiques varie en fonctions des pays. En France, des biologistes de renom se sont mobilisés pour que le gouvernement modifie les lois en vigueur afin d’autoriser le clonage thérapeutique. Il affirme que « le président de la République, Jacques Chirac ne serait plus opposé à cette pratique. Aucun élément ne permet de penser que le premier ministre Dominique de Villepin prenne dans ce domaine, une initiative généralement perçue comme étant à haut risque sur le plan politique ;».

Le clonage des animaux est loin d’être maîtrisé. Les biologistes commencent à porter un nouveau regard sur cette technique. Celle-ci n’est plus considérée comme un moyen de reproduire des animaux de façon illimitée. Plus modestement, les biologistes commencent à percevoir dans cette pratique un nouvel et puissant outil au service de la recherche fondamentale. 

© genethique.org

Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Le Monde (Jean-Yves Nau) 23/08/05

Revue de presse d'août 2005

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Les enfants du XXIième siècle

Maman et son bébé rigolant

Où en serons-nous des manipulations génétiques dans 25 ans ? Les bébés qui naîtront à cette époque seront-ils parfaits, taillés sur mesure, voire « améliorés » ? Pourront-ils voir le jour grâce à la manipulation de leurs gènes au stade de l’embryon ? Tel est l’objet de la science fiction relatée dans Le Monde du 6 août.

L’auteur relate l’histoire de Manon, qui en 2030 souhaite avoir un enfant. Une conception, qui, si elle suit les tendances déjà en cours en 2005, devrait être gérée de façon scientifique pour avoir un bébé sur mesure.

Prélèvement d’ovocytes, congélation, tri des spermatozoïdes, dépistage prénatal (un couple suffisamment négligent pour transmettre une maladie génétique à son enfant serait alors considéré comme juridiquement responsable et moralement coupable…), sélection positive (en fonction des critères choisis)…seront alors monnaie courante.

Mais on devrait pouvoir aller plus loin avec les manipulations génétiques ou les interventions « chirurgicales » sur les chromosomes. Manon pourrait alors choisir non seulement la couleur des yeux de son enfant mais aussi le doter de nouvelles facultés : force, endurance, bonne tension artérielle, sommeil régulier…. En poussant encore un peu plus loin les recherches, on pourrait introduire dans les cellules humaines des gènes animaux qui permettront de donner au bébé une vue aussi perçante qu’un aigle, l’odorat d’un chien de chasse ou la force d’un orang-outang…. Naturellement Manon pourrait choisir de placer son embryon dans un « utérus artificiel » ce qui lui éviterait les inconforts de la grossesse et de l’accouchement.

On constaterait, certes, quelques demandes hors du commun : un couple sourds-muets insisterait pour avoir un enfant qui lui ressemble…. Mais le monde entier percevrait vite les avantages de telles avancées.

© genethique.org

Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Le Monde (Yves Eudes) 06/08/05

 

Revue de presse d'août 2005

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La pilule contraceptive reconnue cancérogène

Plaquette de pillules contraceptives

Un groupe de 21 experts réunis sous l’égide du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) a annoncé que les contraceptifs oraux dits « combinés » (associant oestrogènes et progestatifs) et les traitement hormonaux substitutifs (THS) de la ménopause devaient être classés dans le groupe 1 des produis cancérogènes. Autrement dit, il s’agit de deux produits potentiellement dangereux qui figurent dans la catégorie des substances les plus cancérogènes.

Les experts estiment que la pilule contraceptive augmente le risque de cancer du sein, du col de l’utérus et du foie. En revanche, elle diminuerait celui de l’ovaire et de l’endomètre.

On estime aujourd’hui que plus de 100 millions de femmes (soit près de 10% des femmes en âge de procréer) prennent la pilule de manière suivie. Près de 80% des femmes ont déjà utilisé la pilule dans les pays industrialisés.

Les gynécologues obstétriciens ont vivement réagi à la publication de cette étude et ont défendu les «vertus » des pilules contraceptives. Selon eux, les risques cancérogènes des pilules doivent être mis en balance avec les avantages de la contraception orale : diminution des cancers de l’endomètre et de l’ovaire, espacement des naissances et donc des pathologies liées à la grossesse et à l’accouchement…

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Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Le Figaro (Martine Perez) 02/08/05 – Le Monde (Jean-Yves Nau) 03&06/08/05 – La Croix (Emmanuel Réju) 03/08/05 – L’Humanité 04/08/05 

 

Revue de presse d'août 2005

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Décès de la pionnière des soins palliatifs

Cecily Saunders (Image : Hilton Fundation)

Le 14 juillet dernier, Cicely Saunders, fondatrice du mouvement des soins palliatifs s’éteignait d’un cancer à l’âge de 87 ans. Née en 1918, elle a été successivement infirmière puis assistante sociale avant de s’intéresser plus spécifiquement à la douleur des mourants. En 1964, elle élabore le concept de « douleur totale » : « elle a montré que la douleur a quatre composantes profondément intriquées : physique, psychologique, sociale et spirituelle » explique le professeur René Schaerer, cancérologue à la retraite.

En septembre 2002, elle affirmait : « je n’aimerais pas mourir soudainement. Je veux mourir d’une maladie comme le cancer, qui me laisse le temps de dire au revoir, merci et je suis désolée ! ».

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La Croix (Marianne Gomez) 03/08/05

 

Revue de presse d'août 2005

 

OGM : une contamination provisoire

OGM En novembre 2001, deux scientifiques révélaient avoir trouvé des organismes génétiquement modifiés dans des graines de maïs issues de variétés traditionnelles. La découverte était d’autant plus surprenante que les champs d’OGM les plus proches étaient éloignés d’au moins 100 Km. L’hypothèse la plus vraisemblable était que des paysans avaient implanté illégalement ces variétés transgéniques.

Une nouvelle étude vient de révéler qu’en 2003 et 2004, aucun transgène n’avait été retrouvé dans cette région. Les chercheurs concluent que ces plantes en très faible nombre et donc isolées au sein des populations ne présentaient pas d’avantage sélectif par rapport aux variétés traditionnelles. « Ces résultats prouvent qu’une contamination est un phénomène réversible que l’on peut gérer » estime le président de la Commission du génie biomoléculaire.

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Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

 Le Figaro (Marc Mennessier) 27/08/05

 

Revue de presse d'août 2005

Les fœtus insensibles à la douleur ?

Photo d'un foetus suçant son pouce D’après le journal JAMA (Journal of the American Medical Association), le fœtus ne pourrait sentir la douleur qu’à partir de la 29e semaine.

L’enjeu de cette nouvelle est la manière de pratiquer l’avortement aux Etats-Unis En effet, si le fœtus souffre, il faut alors faire une anesthésie à l’enfant, avant de l'avorter. Mais le JAMA fait remarquer que cette anesthésie augmente les risques pour la mère, et estime que c'est donc injustifié.

Jusqu’ici, on pensait que le fœtus commençait à ressentir la douleur à partir de 20 semaines, mais s’il ne souffre qu’à partir de 29 semaines, l’anesthésie n’est plus nécessaire jusqu’à cette date. Aux Etats-Unis, on peut pratiquer l’avortement jusqu’à la naissance.

Suite à la parution de cet article, la directrice du JAMA a reçu de nombreuses lettres de protestations de personnes qui expliquent que le foetus ressent la douleur beaucoup plus tôt.

Les opposants à l’avortement aux Etats-Unis espèrent faire passer une loi disant que les médecins doivent  informer les mères qu’à partir de la 20e semaine le fœtus risque de souffrir de l’avortement, et rendant obligatoire l’anesthésie du fœtus.

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Le Nouvel Observateur 25/08/05 – Newscientist.com 24/08/05

 

Revue de presse d'août 2005

La petite Charlotte à nouveau condamnée à mort


Drapeau Grande-Betagne Les parents de Charlotte, une petite fille de 22 mois, qui a des difficultés respiratoires depuis sa naissance ( cf notre revue de presse du 22 avril 2005), ont perdu leur procès devant la Cour d’appel de Londres.

La Cour d’appel a autorisé les médecins à ne pas maintenir la petite fille en vie lors d'une prochaine crise car « elle n’a pas d’autres sensations qu’une douleur continuelle ». Rappelons que la petite Charlotte à sa naissance, trois mois avant terme, pesait 450 g et mesurait 13 cm. Depuis, elle n'a quitté l'hôpital qu'une seule fois, et vit en permanence sous assistance respiratoire.

M. et Mme Wyatt ont déjà deux fils, et attendent un quatrième enfant, mais considèrent toute vie comme sacrée. Ils sont prêts à faire appel à la Cour européenne des droits de l’homme.

© genethique.org


Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Le Monde 26/08/05

 

Revue de presse d'août 2005

Allemagne : vers un assouplissement
 de la loi  bioéthique ?


Drapeau Allemagne

En Allemagne, le débat autour de la recherche sur les embryons vient d’être relancé. Les horreurs perpétrées par les scientifiques nazis ont rendu ce thème particulièrement sensible. La loi bioéthique allemande est une des plus protectrices pour l'embryon en Europe. 40% de la population souhaite un assouplissement de cette loi.


Rappelons qu’en Allemagne, la loi interdit le prélèvement de cellules souches sur des embryons allemands mais autorise l’importation de lignées de cellules souches embryonnaires, pourvu qu’elles soient produites à l’étranger avant le 1er janvier 2002.
 

Les chercheurs la qualifient de « loi hypocrite » non tenable « à long terme ». Le chancelier Schröder est, lui, « convaincu qu’à la lumière des nouvelles découvertes, nous ne pourrons pas rester en retrait de la libéralisation de la recherche sur les cellules souches embryonnaires ». Il parle même du « devoir d’utiliser cette recherche ».

Du côté des Verts, en revanche, on parle « du cannibalisme à prétexte scientifique » et l’on estime qu’« il ne faut pas sacrifier les limites de la bioéthique aux intérêts de l’industrie pharmaceutique ». Même opposition chez les chrétiens-démocrates qui refusent la « destruction de la vie ».

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Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Le Figaro (Stéphane Kovacs) 30/08/05

 

Revue de presse d'août 2005

Le foetus, ni chose ni personne


Photo de foetus Alexis Dussol, directeur d'hôpital, réfléchit, dans Libération, au statut du foetus. Revenant sur l'affaire de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, il rappelle la loi concernant les foetus et enfants mort-nés. Nés, avant ou après 22 semaines, pesant plus ou moins de 500 g, vivants ou non à la naissance. Plusieurs cas sont prévus, autorisant ou non une inscription à l'état civil. En absence d'état civil, «les foetus sont considérés comme des déchets anatomiques, et incinérés en tant que "déchets à risques"». De même un flou est laissé concernant l'autopsie des corps. «Les dispositions de la loi bioéthique de 1994 sont ambiguës sur le sujet. Les dispositions actuelles qui datent de la loi du 6 août 2004 prévoyant la possibilité de certaines autopsies scientifiques, même en cas d'opposition des parents, paraissent trop récentes pour être utilement évoquées.»

Et de s'interroger sur le flou juridique en France : «Le droit actuel traduit incontestablement le malaise du législateur partagé entre des exigences contraires. Il y a d'un côté le respect de l'être humain dès le commencement de la vie, comme l'affirme solennellement l'article 16 du code civil. D'autres dispositions de ce même code reconnaissent d'ailleurs un certain nombre de droits, notamment en matière successorale, à l'enfant bien avant qu'il ne vienne au monde.»

De l'autre côté, le foetus n'est plus protégé pénalement depuis quelques arrêts controversés de la Cour de cassation ces dernières années, précise-t-il. "Un éminent magistrat relevait même que la vie d'un animal domestique était mieux protégée par notre droit pénal."

Il stigmatise l'attitude du monde médical qui, d'un côté reconnaît l'humanité de l'embryon, et de l'autre l'utilise comme matériau biologique pour ses recherches.

Et de s'interroger sur les politiques qui refusent de faire évoluer le statut du foetus : "Le sujet est même devenu objet de vifs débats comme on l'a vu lors de l'amendement Garraud.Toute tentative d'aller plus loin dans la reconnaissance juridique du foetus est par ailleurs souvent perçue comme une remise en cause potentielle des dispositions relatives à l'interruption volontaire de grossesse."

Et de conclure en espérant que cette triste affaire aura au moins un aspect positif, en soulignant les aspects contradictoires de la loi, celui de faire réfléchir nos députés, "il est évident que les contradictions actuelles ne sont guère satisfaisantes et que le législateur ne saurait faire l'économie d'une intervention."

© genethique.org

Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Libération (Alexis Dussol) 30/08/05

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