Revue de presse du lundi 20/09/04
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Importation autorisée de cellules embryonnaires humaines

Les ministres de la Santé et de la Recherche ont signé le premier décret de la loi relative à la bioéthique. Ce texte autorise l'importation de cellules souches embryonnaires humaines, dispositif provisoire dans l'attente de la mise en place de l'Agence de biomédecine.

Philippe Douste-Blazy, ministre de la Santé, explique : "Nous estimons en effet que tout devait être fait pour que les chercheurs français spécialisés puissent disposer des autorisations leur permettant de répondre à un appel d'offres européen qui sera clos en novembre prochain". Les ministres de la Santé et de la Recherche donneront les autorisations au cas par cas selon les avis rendus par une commission ad hoc qui se réunira pour la première fois début octobre. Les recherches menées avec des cellules issues d'embryons humains ne doivent pas pouvoir être menées par d'autres voies et doivent être "susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs".

Les lignées de cellules souches embryonnaires proviennent d'embryons conçus in vitro dans le cadre de l'assistance médicale à la procréation.

Le Monde (Jean-Yves Nau) 19/09/04

 

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Avortement sélectif en Asie : répercussions mondiales

Libération revient sur l'étude publiée par la revue Population et Société sur l'avortement sélectif des filles en Asie (cf. revue de presse du 10/09/04). Amartya Sen, économiste et Prix Nobel indien, nomme ces filles qui ne sont jamais nées "missing women". L'Unicef estime qu'en Inde elles seraient 40 millions.

Cette sélection des sexes des foetus en Inde, Chine et Corée du Sud, a des conséquences planétaires du fait du poids démographique de ces pays qui "regroupent 38 % de la population mondiale et le tiers des naissances". On compte en raison de ces avortements en faveur des garçons, jusqu'à 130 garçons nés pour 100 filles.

Même si les avortements sélectifs sont officiellement illégaux, la sélection prénatale s'est développée aux yeux de tous avec l'essor de l'échographie et des techniques de sélection génétique (diagnostic préimplantatoire). En Inde, la peine encourue pour un médecin et les parents qui pratiquent un avortement pour des raisons de sexe du foetus sont condamnés à 5 ans de prison et 1 000 euros d'amende. Depuis 1994, date de la loi, aucun médecin ou parent n'a été condamné. Or le ratio fille-garçon est de 933 pour 1000 au niveau national. Sabu George, un médecin indien qui milite contre les avortements sélectifs explique : "les médecins sont les plus grands criminels dans cette histoire, ils n'ont aucune éthique et ne font ça que pour l'argent".

Les autorités indiennes et chinoises sont préoccupées par cette situation et ses conséquences démographiques et sociales. Elles ont lancé des campagnes de sensibilisation. En Chine, des panneaux portent l'indication "Il faut chérir les filles" et le gouvernement a prévu de verser une allocation aux familles paysannes âgées qui ont respecté la politique de l'enfant unique et qui n'ont pas eu de fils.

Libération (Marie Kock, Pierre Haski, Corinne Bensimon) 18/09/04

 

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OGM : les promesses du Pr. Tournesol

Jacques Testart, directeur de recherche à l'Inserm, dans un article intitulé "Tintin au pays des OGM", dénonce le manque de réalisme des "hérauts de transgénèse à tout vent" qui cèdent au "messianisme généticien". Ce n'est pas en usant d'amalgames et en accusant d'"obscurantisme" ceux qui analysent les faits et voient les dangers réels que la réflexion peut avancer.

L'engagement des autorités en faveur des OGM met en porte à faux la démocratie puisque 70% des Européens ne veulent pas de ces plantes. La Commission européenne en levant le moratoire n'a fait que céder "sous la pression américaine".

Le Monde 18/09/04

 

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Belgique : euthanasie pour les mineurs ?

En Belgique, la commission d'évaluation de la loi dépénalisant l'euthanasie vient de rendre son rapport sur les 259 déclarations d'euthanasie qui lui ont été adressées entre le 22 septembre 2002 (date d'entrée en vigueur de la loi) et le 31 décembre 2003. Ce qui représente en moyenne une vingtaine d'euthanasies par mois soit 0,25 % du nombre total de décès par an en Belgique.

Dans 82,5% des cas, les patients étaient atteints de cancers. 48% des patients qui ont été euthanasiés avaient entre 60 et 79 ans et 32% entre 40 et 59 ans.

La Commission recommande un effort d'information auprès des malades et du corps médical, la mise en place de formation sur les problèmes de fin de vie auprès des futurs médecins.

Prochainement, les parlementaires belges vont débattre d'une proposition de loi visant à élargir l'euthanasie aux mineurs atteints d'une maladie incurable et à autoriser le "suicide assisté".

Libération (Julie Majerczak) 18/09/04 - La Croix (Caroline Chaumon) 22/09/04

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