Revue de presse du vendredi 10/09/04
Revue précédente

Article suivant

Fin de vie : avis mitigé sur la loi

Le projet de loi sur la fin de vie sera discuté pendant l'automne. Il reprendrait le rapport Léonetti de la commission sur la fin de vie dont les trois points principaux sont : le refus de "l'obstination déraisonnable", l'arrêt ou la limitation des soins en fin de vie (impliquant une modification du code de santé publique) et le recours aux médicaments anti-douleur (impliquant une modification du code de déontologie).

Les représentants catholique, musulman et juif se disent satisfaits du rapport Léonetti qui conserve l'interdit d'euthanasie et refuse l'acharnement thérapeutique. La Fédération protestante devrait rendre public très prochainement un texte sur ce sujet. Néanmoins les responsables religieux restent vigilants sur la tournure du débat parlementaire et médiatique et notamment sur l’utilisation des termes. Ainsi l’expression « mourir dans la dignité » est « éminemment piégée » explique Sr Marie-Sylvie Richard, médecin-chef à la maison médicale Jeanne Garnier.

Marie de Hennezel, psychologue et auteur de nombreux ouvrages sur l'accompagnement en fin de vie, est satisfaite du choix fait par le gouvernement de reprendre le travail de la mission parlementaire sur la fin de vie dans un projet de loi. Selon elle, les nouvelles dispositions "prennent en compte la plupart des cas de figure et maintiennent l'interdit de l'euthanasie et du suicide assisté". Ainsi malades, médecins et patients, pour des raisons différentes, seront protégés.

Daniel d'Hérouville, président de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs, salue le rapport Léonetti du fait qu'il a su "sortir des discussions partisanes et du débat pour ou contre l'euthanasie". 

La Croix (Isabelle de Gaulmyn - Marianne Gomez - Elise Descamps) 10/09/04

 

 
Revue de presse du vendredi 10/09/04
Article précédent

Article suivant

Royaume Uni : vers l'autorisation du suicide assisté ?

Un nouveau projet de loi britannique sur "l'accompagnement dans la mort pour les maladies en phase terminal" autoriserait "un malade adulte ayant atteint une souffrance intolérable dans le cadre d'une maladie incurable dans son stade terminal, à recourir au suicide assisté par un médecin". Voté en deuxième lecture par la Chambre des Lords, le projet de loi est actuellement examiné par le comité éthique de la Chambre des Communes. Les églises anglicane et catholique ont écrit au comité parlementaire : "cette démarche revient à dénigrer les principes de base de la loi et de la médecine, ainsi que le devoir de l'état de prendre en charge des personnes vulnérables. Cette loi risque d'entraîner une érosion progressive des valeurs [...]. Le droit de mourir deviendra le devoir de mourir".

Le monde médical britannique est hostile à une telle loi qui pourrait aboutir à autoriser l'euthanasie, actuellement interdite au Royaume-Uni. Pour la British Medical Association une telle loi "dénature la relation patient-médecin". C'est le pays de référence en matière de soins palliatifs avec 200 000 patients par an qui y ont recours.

La Croix (Chloé Leprince) 10/09/04

 

 
Revue de presse du vendredi 10/09/04
Article précédent

Article suivant

Dr Hatzfeld et les cellules souches

Le Dr. Antoinette Hatzfeld (Cnrs UPR 9045, institut André Lwoff, Villejuif) revient sur les propriétés des cellules souches adultes et des cellules souches embryonnaires.
Elle déclare que les cellules souches adultes ne peuvent pas se multiplier indéfiniment sans se différencier et ne peuvent donner tous les tissus de l'organisme. En revanche, elle précise que les cellules souches embryonnaires, c'est à dire prélevées sur un embryon, sont capables de se multiplier indéfiniment et de donner tous les types cellulaires et tissulaires d'une personne.
Selon elles, les lignées de cellules souches embryonnaires devraient permettre de remplacer les modèles animaux. Le Dr. Hatzfeld juge que ces études sur les cellules souches embryonnaires devraient permettre de pallier la pénurie de donneurs d'organes.

NDLR : Nous pouvons nous étonner de ces affirmations relativisant les propriétés des cellules souches adultes à la lumière des récentes publications scientifiques. Les thérapies cellulaires, à base de cellules adultes, ont notamment déjà fait leur preuve dans le traitement de la maladie de Parkinson (Nature Medecine de mai 2003). Déjà, en juin 2002, l’équipe de Catherine Verfaillie publiait dans Nature ses résultats révélant que des cellules souches dérivées de moelle osseuse pouvaient participer à la formation des trois tissus embryonnaires que sont l’ectoderme, l’endoderme et le mésoderme. Ces cellules, appelées MAPCs (multipotent adult progenitor cells) par les auteurs de l’étude, sont pluripotentes : elles peuvent donner toutes les différenciations cellulaires à condition d’être dans un environnement adéquat. Par ailleurs, Jacques Testard, père de la fécondation in vitro en France, explique « nul ne semble prendre en compte que la possibilité de recherche sur les embryons humains, ouverte depuis 1990 en Grande-Bretagne, n’a conduit à aucun résultat d’intérêt » (Le Monde, 26 janvier 2004).

Le Quotidien du Médecin 10/09/04

 

 
Revue de presse du vendredi 10/09/04
Revue précédente

Article suivant

Don d'organes : bilan 2003

L'Établissement Français des Greffes (EFG) a publié son rapport et son bilan d'activité de 2003. Sur les 10 770 personnes en attente de greffes, 3 410 ont été greffées. L'activité de prélèvement des greffes en 2003 est en baisse par rapport à l'année 2002, mais elle reste supérieure à celle de l'année 2001. Cette baisse est "à mettre en rapport avec la diminution constatée des accidents traumatiques de la voie publique,(...), mais aussi des difficultés actuellement rencontrées à l'hôpital en terme d'organisation et de démographie médicale". Sur les 3410 greffes effectuées, 2 127 concernent le rein, 833 le foie, 283 le coeur. Seul, le nombre de cornées prélevées continue à augmenter (3 073 en 1995, 7 425 en 2003).

L'EFG consacre un chapitre de son bilan à l'activité de greffe pédiatrique qui concerne les patients âgés de moins de 6 ans.

L'EFG revient également sur le Registre national des refus (RNR). En France, le consentement au prélèvement d'organe est implicite : qui ne dit mot consent. Il faut signaler son refus d'être prélevé au Registre national des refus. En 2003, 54 518 personnes l'ont fait.

Lire en ligne le rapport et le bilan d'activité de l'Établissement Français des Greffes

Le Quotidien du Médecin 10/09/04 - Libération (Eric Favereau) 10/09/04

 

 
Revue de presse du vendredi 10/09/04
Article précédent

Revue suivante

Avortement sélectif : déséquilibre démographique

Dans la revue Population et Sociétés de septembre 2004 de l'Institut national d'études démographiques (Ined), Gilles Pison publie un article "Moins de naissances mais un garçon à tout prix : l'avortement sélectif des filles en Asie". Il explique que la population d'Asie "va ralentir plus vite qu'annoncé et le vieillissement démographique y être plus rapide" du fait de l'avortement sélectif des filles. En Chine, il naît 117 garçons pour 100 filles. En Corée du Sud, la proportion est de 110 pour 100, en Inde de 108 pour 100. La constante est de 105 pour 100. Pour assurer le renouvellement des générations, il faut en moyenne 2,1 enfants en moyenne par femme. Avec 120 garçons pour 100 filles, il en faut 2,25...

Le Quotidien du Médecin 10/09/04

 

Abonnez-vous à la revue de presse quotidienne et/ou au bulletin mensuel, c'est gratuit !