Revue de presse du jeudi 21/10/04
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Dépopulation mondiale : une réalité dangereuse

Dans le Bristish Medical Journal et The Washington Post, l'économiste indien Amartya Sen sonne l'alarme sur le déséquilibre démographique entre les filles et garçons en Asie provoqué par l'infanticide des filles. Il manquerait sur ce continent plus de 100 millions de femmes. Ce déficit risque de provoquer un surcroît d'agressivité en Inde et en Chine.

D'après l'institut national d'études démographiques (Ined), la majeure partie de l'humanité vit dans des pays où la population ne sera pas remplacée. L'Ined vient de consacrer sa publication Populations&Sociétés à ce sujet avec l'article de Chris Wilson et Gilles Pison "La majorité de l'humanité vit dans un pays où la fécondité est basse". En cinquante ans, la fécondité médiane a chuté de 5,4 à 2,1 enfants. En moins de 10 ans, la fécondité s'est effondrée dans la plupart des pays "émergents" : le Brésil, la Tunisie, l'Iran ainsi que la Chine (21 % de la population mondiale) et l'Inde (17 %). En Europe, le taux de fécondité le plus bas est détenu par la République tchèque avec 1,17 enfant par femme. En Russie, la population diminue de 750 000 personnes par an.

La population mondiale va augmenter jusqu'en 2050 pour se stabiliser à 10 milliards d'habitants avant de décroître. Actuellement, les populations ayant plus de 4 enfants vivent en Afghanistan, au Pakistan, dans la péninsule ibérique et l’Afrique au sud du Sahara. Ce sont ces pays qui vont permettre à la population mondiale d’augmenter.

D'après Olivier Jay, journaliste, cette chute de la fécondité s'explique notamment par la contraception et les campagnes de stérilisation massive ainsi que la prospérité économique. Il montre qu'il se passe le contraire des prévisions catastrophiques des années 70 sur la surpopulation. Les démographes de l'Ined expliquent : "les sociétés vont s'apercevoir que le poids de la dépendance des vieillards est infiniment plus exigeant que celui de la dépendance infantile".

Lire en ligne l'article La majorité de l'humanité vit dans un pays où la fécondité est basse de Chris Wilson et Gilles Pison, Populations&Sociétés, n°405, octobre 2004

Ndlr : A ce sujet, nous vous indiquons le livre du philosophe et théologien Michel Schooyans Le crash démographique, publié en 1999. Il analyse les causes et les conséquences du déclin démographique en expliquant que le danger ne vient pas de la surpopulation mais de "la pénurie de capital humain".
Le crash démographique de Michel Schooyans, ed. Fayard, 1999.

La Croix (Olivier Jay) 21/10/04 - Libération (Sylvie Bret) 05/10/04 - Famille Chrétienne 23-29/10/04

 

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L'avortement est-il "légitimable" ?

Luc Boltanski, sociologue, traite de l'avortement dans son dernier essai se basant sur une centaine d'observations en milieu hospitalier et une cinquantaine d'entretiens approfondis de femmes ayant interrompu leur grossesse. Il s'interroge sur la place ambiguë de l'avortement dans notre société entre l'officiel et l'officieux, "marquant ou l'échec d'un projet ou, ce qui semble même plus censurable, son absence". Luc Boltanski cherche à comprendre pourquoi l'avortement, légalisé, demeure difficile à légitimer sur le plan moral.

Il explique que l'avortement est une réalité de "tout temps", ce qui change c'est la manière de réguler cette pratique, c'est le type "d'arrangement" qu'adopte la religion, la famille ou l'État. Aujourd'hui, l'avortement dépénalisé conquiert un statut public et participe à la volonté de notre société de dissocier la sexualité de la procréation. Également au coeur de cette société, réside "l'enfant par projet". Alors pourquoi est-il difficile de légitimer l'avortement ? Le progrès de l'imagerie médicale a permis une meilleure reconnaissance du foetus mais également a affiné le diagnostic prénatal. D'un côté, on accorde au fœtus une personnalité singulière, de l'autre s'il n'y pas de projet parental le foetus peut être supprimé. Ainsi le "foetus authentique" prend sa place dans la société, "le foetus tumoral" en est exclu. Si l'avortement est "refoulé", c'est parce qu'il dévoile cette contradiction.

L'interruption volontaire de grossesse résulte d'une logique du moindre mal. C'est parce que ce n'est pas "un bien en soi" que l'avortement est difficilement "légitimable".

Cet essai s'inscrit dans une étude plus large sur la métamorphose du capitalisme depuis 30 ans et sur les changements sociétaux. L'avortement est un bon sujet pour "travailler le rapport entre ce que l'on peut regarder en face et ce sur quoi on préfère "fermer les yeux"".

La Condition foetale. Une sociologie de l'engendrement et de l'avortement de Luc Boltanski, Ed. Gallimard

 Libération (Pierre Vidal-Naquet) 21/10/04 - La Croix (Jean-François Petit) 28/10/04

 

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Proposition de loi pour l'euthanasie au Sénat

Nous vous informons de la mise en ligne sur le site du Sénat de la proposition de loi relative au droit de bénéficier d'une euthanasie présentée par le sénateur Michel Dreyfus-Schmidt et les membres du groupe socialiste et apparentés. Cette proposition de loi a été déposée au Sénat le 14 octobre 2004.

Cette proposition ne doit pas être confondue avec la proposition de loi de M. Jean Leonetti relative aux droits des malades et à la fin de vie prochainement débattue à l'Assemblée nationale.

 

 

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