Revue de presse du mardi 05/10/04
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Danemark : tri d'embryons

Lars Reuter, professeur au département de théologie systématique de l'Université de Aarhus, analyse un amendement adopté en mars 2004 par le parlement danois. Il autorise, dans le cadre de la procréation médicalement assistée, le tri d'embryons pour sélectionner un enfant donneur compatible avec un frère ou une soeur malade. 

Au cours des discussions, le gouvernement danois a fait valoir que dans la réglementation danoise, tout doit être fait pour sauver un enfant atteint d'une maladie représentant un danger pour sa vie.

Lars Reuter pointe les contradictions avec la Convention européenne de biomédecine. L'article 2 spécifie que les intérêts de l'individu règneront au-dessus de l'intérêt unique de la science et de la société. Dans le cas présent, la naissance du nouvel enfant n'est pas prévue pour lui même mais pour le bien d'un autre enfant. 
L'article 11 interdit la discrimination sur des bases génétiques. Dans ce cas, le droit à la vie est déterminé seulement sur des critères génétiques. 
La Convention spécifie que toute transplantation doit se faire avec le consentement explicite du donneur ce qui n'est évidemment pas le cas.

Le professeur Reuter conclue en s'interrogeant sur les risques psychologiques pour ces enfants qui pourraient se demander si ils ont été véritablement désirés.

05/10/04

 

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L'embryon et la recherche

A l'occasion de la parution du décret d'application concernant l'importation de lignées de cellules souches embryonnaires autorisée par la loi de bioéthique d'août 2004, La Croix publie une série d'articles.

Marianne Gomez donne la parole à Jacques Hatzfeld directeur, avec Antoinette Hatzfeld, du laboratoire de biologie des cellules souches humaines au CNRS à Villejuif. 

Ses recherches sur les cellules souches embryonnaires ont débuté en avril 2002 grâce à une autorisation provisoire d'importation de cellules souches embryonnaires donnée par le ministre de la recherche de Lionel Jospin, Roger-Gérard Schwarzenberg. Les expériences ont permis la différenciation de ces cellules souches en neurones, en cellules cardiaques, hépatiques ou endothéliales (des vaisseaux). Le but des recherches est la compréhension des processus de différenciation et l'étude du développement normal ou pathologique des cellules. La recherche pharmaceutique est également intéressée. Des micro cultures de ces cellules devraient permettre de tester simultanément des milliers de principes actifs sur ces tissus humains. Jacques Hatzfeld précise que si la destruction d'embryons a été nécessaire (en Australie) pour initier la lignée de cellules souches utilisées dans son laboratoire, il ne "manipule pas d'embryon"

Selon lui, les cellules souches adultes auxquelles il s'est également intéressé "ne présentent pas du tout les mêmes possibilités que les cellules souches embryonnaires. Il y en a peu et on arrive pas à les faire se différencier correctement." Il conclu "nos travaux parleront pour nous".

La Croix (Marianne Gomez) 04/09/10

 

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L'Eglise et l'embryon

Dans la rubrique Débats de La Croix le Père Michel Aupetit, médecin, enseignant en bioéthique à l'Ecole Cathédrale de Paris, intervient : la nouvelle loi de bioéthique qui permet l'utilisation des embryons surnuméraires pose un problème anthropologique. "On introduit une différenciation entre des semblables. Les embryons issus de la fécondation in vitro qui  seront réimplantés seront considérés comme des humains et destinés à vivre. Les autres pourtant identiques, sont qualifiés de surnuméraires et utilisés comme matériaux de laboratoire." L'introduction d'une catégorie de "sous-humain" est redoutable et incompatible avec la notion de droit de l'homme. Ces droits sont-ils "octroyés par un tiers (médecins, parents ou sociétés) ou s'appliquent-ils à tous ?" 

La loi pose un deuxième problème anthropologique et religieux, elle autorise l'atteinte à la vie de l'embryon. "Cela transgresse l'interdit de tuer, fondateur des civilisations humaines". Sur le plan religieux, "la dignité de la vie n'est pas seulement liée à ses origines, au fait qu'elle vient de Dieu, mais aussi à sa fin, à sa destinée qui est d'être en communion avec Dieu pour le connaître et l'aimer" (encyclique Evangelium vitae, n.38). Cette formidable espérance permet au chrétien de "dépasser les seules bonnes intentions de l'utilitarisme. Il cherchera des moyens respectant la dignité humaine, puisque la fin ultime de la science est aussi de servir l'homme quelque soit sa condition".  

La Croix 05/10/04

 

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Vol d'embryons

Dans la rubrique Rebonds de Libération Marcela Iacub revient sur une affaire judiciaire américaine. Au milieu des années 1990, Ricardo Asch grand spécialiste mondial des fécondations in vitro, fût accusé de vol d'embryons. Il avait donné à des couples stériles des embryons stockés dans son laboratoire. Une centaine de couples demandaient réparation. La justice eut des difficultés à caractériser le préjudice. Pour considérer qu'Asch avait "volé" des embryons, il fallait les considérer comme une marchandise dit M. Iacub. La justice américaine considère les personnes propriétaires de leur sperme et de leurs ovules mais elle se refuse à donner un prix à un embryon. Les plaignants furent indemnisés de la souffrance psychologique résultant du fait de ne pas avoir eu d'enfant. 

Cette affaire rappelle le procès de Maryville ou deux époux en cours de divorce se disputaient la garde d'embryons congelés. Fallait-il les considérer comme des personnes ou comme des biens ? Le juge conclu à l'humanité de l'embryon et n'autorisa pas leur destruction. 

Lire à ce sujet Embryon mon amour.

Libération (Marcela Iacub) 05/10/04

 

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Vincent Humbert : un an déjà 

Un lecteur de La Croix réagit vivement, révolté par la célébration du premier anniversaire dans les média de la mort de Vincent Humbert. Une "initiative qui rejoint toutes celles qui contribuent à encrer solidement dans notre civilisation occidentale, une certaine culture de mort, l'assassinat par philanthropie". Il propose "ne luttons pas contre ces tentatives d'inversion des valeurs en invoquant le décalogue et (...) le Catéchisme de l'Église Catholique. Non, faisons appel à la loi naturelle des Stoïciens, d'Aristote et de Thomas d'Aquin." 
Attenter à la vie du plus faible et du plus vulnérable introduit un grave désordre.

La Croix 05/10/04

 

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