Revue de presse du lundi 24/05/04
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Lois de bioéthique : un retard préjudiciable ?

Les lois de bioéthique votées en janvier dernier par l'Assemblée nationale risquent de ne pas être discutées au Sénat avant la fin de l'année, écrit Jean-Yves Nau dans Le Monde.

Face à ce retard, certaines équipes françaises, dont celles des Prs Peschansky, Frydman et Hatzfeld, ont exprimé leur mécontentement au ministre de la santé, Philippe Douste-Blazy. Elles se disent pénalisées parce que la recherche sur les cellules souches embryonnaires demeure interdite en France et qu'elles ne peuvent donc bénéficier du financement européen en ce domaine.

NDLR : Le 6ème Programme Cadre de la Recherche a été voté en 2002 mais le volet concernant le financement de la recherche sur les cellules souches embryonnaires est toujours en discussion. En effet, le 19 novembre dernier, le Parlement Européen a voté le financement par le budget communautaire de la recherche sur les embryons dans le cadre du 6ème Programme cadre de Recherche européen. Ces recherches peuvent être financées seulement si elles sont légalement autorisées dans l'État membre où elles seront menées. Mais les ministres européens de la recherche, n'ayant pas trouvé d'accord, n'ont pas pris de décision finale. La Commission juridique a déposé des amendements visant à ce que les projets de recherche nécessitant l'utilisation ou le prélèvement de cellules souches embryonnaires ne bénéficient d'aucun financement communautaire.

 Le Monde (Jean-Yves Nau) 22/05/04 - L'Express (Estelle Saget) 31/05/04

 

 
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Cellules souches : intérêts économiques ou respect de l'homme ?

Vendredi 21 mai, Francesco D'Agostino, président du Comité de bioéthique italien et professeur de philosophie du droit à l'Université Tor Vergata de Rome, a déploré la création de la première banque de cellules souches embryonnaires en Angleterre (cf. revue de presse du 21/05/04) en déclarant que " faire des recherches sur les cellules souches embryonnaires signifie opter pour un critère économique et non éthique ". Il constate que " la recherche avec les cellules souches embryonnaires est beaucoup moins chère " que celle avec les cellules souches adultes mais pose de graves questions éthiques.

Constatant que l'Angleterre a opté pour une approche utilitariste de la recherche, F. D'Agostino rappelle que cette approche, dominante aujourd'hui, ne permet pas de " défendre de manière adéquate la dignité de la personne humaine ". " L'utilitarisme implique un calcul de convenance ; c'est-à-dire qu'il faut voir quelles personnes méritent d'être défendues et quelles personnes ne le méritent pas, en fonction du coût ".

Zenit 21/05/04

 

 
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FIV : antigène et développement de l'embryon

Une étude publiée dans la revue Reproductive Biomedecine Online vient de montrer que les embryons présentant un taux élevé de HLA-G (groupe d'antigènes d'histocompatibilité) auraient plus de chance d'être compatibles avec leurs mères donc de se développer jusqu'à terme.

L'étude a été menée par le Sher Institutes for reproductive Medecine (Las Vegas) et le laboratoire Millenova (Illinois) auprès de 201 femmes qui devaient avoir recours à l'ICSI. Ces femmes ont été divisées en deux groupes (plus ou moins âgées de 39 ans). Dans les deux groupes, celles ayant reçu au moins un embryon présentant un taux élevé de HLA-G ont obtenu de meilleurs résultats que les autres : 71% de réussite contre 22% chez les plus jeunes et 52% contre 15% chez les plus de 39 ans.
Lire en ligne le résumé de cette étude

Futura Sciences 24/05/04

 

 
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Échographie spectacle

L'ouverture à Paris des premiers "centres d'échographie artistique" (cf. revue de presse du 23/03/04) a fait couler beaucoup d'encre dans la presse, plutôt choquée par ce concept. Ces centres réalisent un film in utero du bébé et remettent le DVD à la maman pour 150 euros.

Si le Pr Claude Sureau ne voit pas d'inconvénient à cette "échographie ludique et conviviale", il prévient : "nous ne sommes pas certains de l'innocuité totale des ultrasons, surtout à répétition". Le Pr Israël Nisand qui dirige le service de gynécologie obstétrique du CHU de Strasbourg appelle à la vigilance car "le comité européen de surveillance des effets nocifs a récemment recommandé de ne pas utiliser des ultrasons autrement qu'en diagnostic".

Quant à Faranda Haber de la Fédération française des radiologues, elle dénonce "le dévoiement d'un acte médical".
Pour les responsables de ces centres, il ne s'agit en rien de remplacer l'échographie mais de proposer des "images purement esthétiques qui ne peuvent en aucun cas être utilisées pour un diagnostic". 

Un groupe de travail de l'Académie de Médecine, présidé par le Pr Roger Henrion, vient d'être créé sur ce sujet et devrait rendre ses conclusions à l'automne.

 Le Figaro (Marie Estelle Pech) 22/05/04

 

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