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Officiel
à l'Académie pontificale pour la vie depuis le 1er janvier 2003,
docteur en médecine et en théologie, monseigneur Jacques Suaudeau
répond aux questions du journal "L'Homme nouveau."
A qui s'adressent les soins palliatifs ?
Ils concernent les personnes atteintes de maladie incurable au
pronostic fatal à brève échéance, mais la limite entre ce qui peut
être traité et ce qui ne le peut pas change constamment.
Quels progrès représentent ces soins pour les malades ?
L'introduction des soins palliatifs en France est à saluer comme
une excellente initiative, bien sûr, où ces centres sont fidèles à
la formule donnée par Cecily Sauders, et disposent d'un personnel
spécifiquement formé pour cette tâche. Le risque est de se
satisfaire de la création d'un certain nombre de lits "soins
palliatifs", sans que l'approche médicale correspondante suive.
La multiplication des centres de soins palliatif constitue-t-elle
une réponse suffisante?
L'accompagnement des mourants doit être l'affaire de tous. Si
les questions de "demande d'euthanasie" semblent s'être multipliées
ces temps derniers, ne serait-ce pas parceque les malades en fin de
vie, les personnes âgées, les handicapés graves sont souvent
abandonnés par leur famille? Il faut favoriser le développement d'un
bénévolat consacré aux soins des personnes en fin de vie ; il faut
aussi favoriser le maintien à domicile, en famille, de ces grands
malades.
N'existe-t-il pas un risque de dérive ?
Je retiens les réflexions du professeur Lucien Israël, qui a
accompagné durant près de 40 ans, ces malades atteints de cancer
sans penser à sélectionner son service en deux parties et à créer
une aile réservée aux "cas sans espoir".
Il faut que la médecine et les médecins retrouvent leur rôle
d'accompagnateurs de leurs malades.
Le Royaume-Uni reste le pays de référence en matière de soins
palliatifs. Il y a environ près de 3 000 lits a disposition des
soins palliatifs. Il existe également toute une organisation
permettant de traiter plus de 200000
personnes à domicile.
En Allemagne : il y avait 624 lits en 1997
Au Danemark : Moins de 10 établissements rassemblant une
centaine de lits
En Belgique : un arrêté royal de 1996 prévoit le financement
de 360 lits de soins palliatifs.
La France, l'Espagne, l'Italie et la Suisse en sont encore au
stade expérimental. |