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Revue de presse du mardi 24/02/2004

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L’Inde fait le pari des OGM

Dans ce pays de plus d'1 milliard d’habitants en proie à la malnutrition et aux ravages des cultures par les insectes, les interrogations sur les risques liés aux OGM sont loin de susciter autant d’inquiétudes qu’en Europe. Au contraire, le gouvernement est ici le plus ardent défenseur des cultures transgéniques, susceptibles selon lui d’améliorer la productivité agricole, de réduire les dépenses en pesticides et d’assurer la souveraineté alimentaire et nutritionnelle du pays.

Assis Datta, un chercheur Indien explique : «  Nous ne pouvons pas nous offrir le luxe d’ignorer le potentiel des OGM. » De fait, 47 % des enfants indiens de moins de 5 ans souffrent de malnutrition, et près de 40 % des récoltes sont perdues tous les ans, victimes des maladies et des insectes. Aujourd’hui, treize différentes plantes font l’objet d’analyses poussées à travers le pays : le riz, le chou, le chou-fleur, le soja, la tomate, la moutarde, la pomme de terre, les épices ou encore le tabac.

L’Inde compte en  effet plus d’une dizaine de centres de recherche, dont l’un deux affirme avoir développé une pomme de terre dont le contenu en protéine serait de 35 à 50 % supérieur à la normale.

Pour l’heure, la seule culture transgénique à avoir reçu le feu vert des autorités est non comestible : le coton. Développées par la multinationale américaine Monsanto, les 3 variétés légalisées en 2002, sont censées être plus résistantes aux parasites.

Mais certaines études indiquent que l’introduction du coton transgénique semble avoir décuplé la résistance de certains insectes. Résultat : le « coton miracle », plus cher à l’achat a finalement besoin de presque autant de pesticides qu’avant.

Dans ce contexte, certains se demandent si le gouvernement ne fait pas fausse route. N’est il pas risqué de fournir aux 650 millions de paysans des graines qui, si elles ne tiennent pas leurs promesses, les ruineront ?

Libération ( Pierre Prakash) 24/02/04

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Livre : "Bioéthique, avis de tempêtes"

Hervé Chneiweiss, docteur en médecine et docteur en science, directeur de recherche au CNRS, et Jean-Yves Nau, journaliste au Monde, viennent de publier un ouvrage pour comprendre "les nouveaux enjeux de la maîtrise du vivant".
L'espèce humaine aborde aujourd'hui une étape décisive de son histoire. Après avoir appris à domestiquer les règnes végétaux et animaux, nous commençons à acquérir une maîtrise sans précédent du vivant humain. Quel usage souhaitons-nous en faire ?
Les avancées considérables accomplies dans les champs de la génétique et de la biologie de la reproduction soulèvent des questions, hier encore impensables. Dans le même temps, des vents opposés se lèvent, des passions se déchaînent. Certains redoutent la possible émergence d'une nouvelle forme d'eugénisme, non plus imposée par un régime dictatorial mais acceptée et organisée par les sociétés démocratiques. D'autres s'inquiètent de la résurgence des références religieuses à propos des nouvelles questions soulevées par la science du vivant. Certains s'interrogent sur la réalité des horizons thérapeutiques ouverts par la découverte des cellules souches et sur l'usage qui peut ou non être fait de certains embryons humains. De nombreux scientifiques et médecins ne comprennent pas les entraves à la liberté de recherche imposées, en France, par les lois actuelles de bioéthique.

Parce qu'elles engagent l'ensemble de la collectivité humaine, ces questions doivent dépasser le cercle des « experts » ; elles doivent, au plus vite, être connues du plus grand nombre des citoyens pour permettre d'en débattre sérieusement. Tel est le but de cet ouvrage.

J.Y NAU, H. CHNEIWEISS, " Bioéthique, avis de tempêtes ", ed. Alvik Eds, novembre 2003

 Le Monde 20/02/04

 

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