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Revue de presse du mardi 17/02/2004
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Récit d’un combat de parents d’enfant né polyhandicapé

En Côtes d’Armor, Marie-Noelle Lallement se bat énergiquement pour faire reconnaître l’erreur des médecins dans le dépistage du lourd handicap de son fils Yoann.

Son fils âgé aujourd’hui de 10 ans, ne peut ni tenir sa tête, ni parler. Victime d’une grave malformation cérébrale, il a un âge mental qui n’excède pas celui d’un bébé de quatre mois et plus les années passent plus ses problèmes médicaux se multiplient.

Yoann avait un frère jumeau Damien mais qui est décédé à la naissance car il ne possédait pas de cerveau. Les médecins avaient détecté la grave malformation de Damien mais en revanche, après plusieurs examens, avaient assuré que le second jumeau était « indemne ».

Deux ans après la naissance de Yoann, le couple décide de faire appel à un avocat pour « connaître la vérité ».  A l’issue de longues années de procédure, l’expertise médicale est catégorique : Mme Lallement n’a pas bénéficié d’un diagnostic fiable et éclairé, l’examen fœtal par IRM a été mal réalisé.

A la procédure judiciaire s’ajoutent pour les parents des « bagarres incessantes » afin d’obtenir des aides financières : « aménagement intérieur et extérieur de leur maison, achat d’une table de « verticalisation »..., beaucoup de choses ne sont pas prises en charge, on s’aperçoit qu’il faut être riche pour être handicapé » dénonce Mme Lallement.

Le jugement a été rendu le 17 décembre 2003. Le tribunal accorde aux époux Lallement la réparation de leur préjudice moral lié à "  la perte de chance de recourir à une  interruption thérapeutique de grossesse. Nous critiquons la loi qui renvoie à la solidarité nationale toutes les dépenses inhérentes à son handicap alors que cette solidarité n’existe pas " insiste Mme Lallement.

Le Monde (Sandrine Blanchard) 16/02/04- SciencePresse 17/02/04  

 

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Naissance de trois mulets clonés

Idaho Gem, et ses deux « frères » sont les premiers clones réussis d’un équidé. Les trois mulets sont nés grâce à des juments porteuses d’embryons clonés avec des cellules prélevées sur un fœtus de mulet de 45 jours.

Les chercheurs du laboratoire de reproduction chevaline de l’université d’Idaho (au nord ouest des Etats-Unis) ont fait se reproduire un âne et une jument et permis au fœtus d’aller jusqu’à 45 jours permettant de fournir l’ADN nécessaire pour les clones.

Les chercheurs avaient réussi à obtenir 21 grossesses à partir de 113 embryons. Seules trois de ces grossesses ont été menées à plus de 60 jours et ont abouti à ces trois mulets.

Les trois clones de mulet ne sont pas la copie exacte les uns des autres, même s'ils possèdent le même ADN. L'un d'eux est très mince, plus petit que les deux autres; un autre a la robe plus fine que ses frères. Ces différences sont peut-être le résultat de facteurs environnementaux.

Edicom 17/02/04  

 

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Clonage !!

En sept ans seulement, il n’en aura pas fallu davantage pour que l’on passe de l’annonce du clonage de la brebis Dolly à celle de la création des trente premiers embryons humains à partir de la même technique. Le clonage réalisé par les biologistes sud-coréens a relancé une controverse qui ne pourra jamais déboucher sur un compromis tant les oppositions manifestées sont radicales. Comment parviendrait-on à faire s’entendre ceux qui font le pari des futurs progrès médicaux nés de la recherche en biologie au détriment de la protection des embryonset ceux qui jugent indispensable de maintenir certains interdits et refusent que l’on puisse considérer l’embryon humain comme une chose ?

Suzi Leather, responsable de l’autorité britannique de la recherche en embryologie, voit dans le clonage réalisé par les chercheurs coréens, « une formidable avancée ;  c’est un résultat très encourageant ouvrant la voie  à l’usage des cellules souches embryonnaires contre certaines maladies dégénératives aujourd’hui incurables ».  Si cette découverte est reconnue des chercheurs du monde entier, un détail est presque passé inaperçu : la mère-donneuse d’ovules et la personne clonée sont une seule et même personne. C'est-à-dire l’ovule dont on a retiré le noyau (contenant l’ADN) et la cellule dont on a gardé le noyau et que l’on injecte dans cet ovule, proviennent de la même personne.Ce qui atténue la portée de la découverte.

Léon Kass, président du conseil sur la bioéthique auprès de George W. Bush, estime que « l’ère du clonage humain est arrivé » : l’obtention d’embryons destinés à être détruits pour soigner ne fait, selon lui, que précéder l’obtention d’embryons destinés à se développer dans l’utérus d’une femme  à naître.

Aujourd’hui aucune digue internationale, à la fois juridique et pénale, n’a été bâtie. A la demande de l’Allemagne et de la France, le premier traité international sur le clonage devait être adopté à New York en novembre 2003. A l’issue d’un débat passionné, les diplomates de l’ONU, ont décidé de reporter l’examen du texte. Les Etats-Unis et le Vatican, rejoints par 50 autres Etats, entendent que soit prohibé le clonage  embryonnaire humain appelé clonage reproductif ou  thérapeutique, tandis que d’autres (la France et la Belgique), souhaitent que la criminalisation ne concerne que le clonage dit reproductif.

On assiste aujourd’hui à un inquiétant phénomène. Tout se passe comme si, nourris par les intérêts les plus divers, les pays sont entrés dans une quête de la connaissance. Tout comme il existe des paradis fiscaux, il existe des espaces au sein desquels on commence à effectuer des manipulations de cellules et d’embryons humains interdites par ailleurs.

« Voila qu’impuissant nous assistons aux prémices d’une nouvelle expérimentation menée sur l’espèce humaine alors même que rien, à commencer par des recherches sur les animaux, ne permet de le justifier » conclue Jean-Yves Nau.

Le Monde (Jean-Yves Nau) 17/02/04

 

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