Revue de presse du mardi 21/12/04
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Guérison d'un foetus atteint d'une maladie rare

La revue scientifique The Lancet relate une réussite thérapeutique importante due à une équipe médicale néerlandaise (Utrech, Pays Bas) puisqu'elle concerne la guérison in utero d'un foetus atteint d'une maladie rare.

Un couple, ayant des liens de consanguinité, attend un troisième enfant. Les 2 aînés souffrent d'une affection génétique sévère, un trouble de la synthèse de la sérine (un acide aminé) qui se caractérise par une microcéphalie congénitale et un retard psychomoteur sévère. Pour le troisième enfant, la même affection est diagnostiquée. Les parents décident d'avorter.

L'équipe médicale propose de soigner le fœtus en administrant à la mère un traitement riche en sérine. Comme ce traitement a peu d'antécédents, il est considéré "à risque". L'équipe médicale demande alors l'accord du comité d'éthique qu'elle obtient.

Le traitement de la mère commence à la 26ème semaine de grossesse alors que le volume céphalique du foetus diminue. La mère reçoit par jour 5 g. de L-sérine. Dans les cinq semaines qui suivent le traitement et tout au long de la grossesse, la tête du foetus se met à grossir normalement même si en fin de grossesse, la croissance cérébrale décélère. L'enfant, une petite fille, naît normal. Un traitement par L-sérine est mis en place car l'électroencéphalogramme de la fillette a révélé une discrète activité comitiale. Aujourd'hui, la petite fille a 4 ans, elle ne présente aucune anomalie du développement tant physique que psychomoteur. Elle continue son traitement riche en sérine.

Les auteurs expliquent : "notre travail suggère qu'un traitement par L-sérine au cours de la grossesse améliore la croissance du cerveau foetal... et, en association avec un traitement post-natal, prévient la survenue de symptômes neurologiques jusqu'à l'âge de 4 ans...".

L'expérience néerlandaise montre qu'une intervention biochimique et pharmaceutique prénatale peut agir sur une affection sévère potentiellement létale. Pour les chercheurs, ce constat pourrait être appliqué à d'autres affections.
Pour autant, il a été rappelé aux auteurs que leurs observations ne pouvaient être considérées comme une preuve formelle du bienfait de leur traitement et par conséquent que les comités d'éthiques seraient difficiles à convaincre sur la mise en place d'un tel suivi.

Prenatal and early postnatal treatment in 3-phosphoglycerate-dehydrogenase deficiency, T J de Koning et coll, The Lancet, vol. 364, 18-25 décembre 2004.

Le Quotidien du Médecin (Dr Guy Benzadon) 21/12/04

 

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Remise en cause de la politique du médicament

La remise en cause de l'innocuité du Vioxx (laboratoire Merck) puis du Celebrex (laboratoire Pfizer), deux anti-inflammatoires vedettes, fait douter de l'indépendance et de la rigueur des autorisations de mise sur le marché face à la puissance de l'industrie pharmaceutique. Le fait que l'alerte ne vienne pas des agences sanitaires mais des laboratoires eux-mêmes jette la suspicion sur la capacité des pouvoirs publics à contrebalancer les pouvoirs de l'industrie pharmaceutique.

Bernard Debré, chef du service d'urologie à l'hôpital Cochin, et Philippe Even, président de l'Institut Necker, reviennent dans leur ouvrage commun * sur la politique de la recherche et du médicament en France. Ils apportent trois grandes critiques.

La première concerne les essais d'un médicament avant l'autorisation de mise sur le marché (AMM), "beaucoup d'essais sont mal conçus, biaisés, voire falsifiés". Notamment parce qu'ils sont trop dispersés (20 000 patients sur 800 sites, par exemple) ce qui ne permet pas des résultats fiables.
La deuxième critique concerne le fait que les essais sont réalisés contre placebo et non contre un médicament similaire, déjà autorisé. Ainsi rien ne prouve que ce nouveau médicament est plus bénéfique que celui existant. Et cela conduit à la mise sur le marché de médicaments "me too" c'est à dire sensiblement semblables à ceux existants. On constate alors que les prescriptions initiales des médicaments sont dépassées pour toucher une plus large population. Pour les auteurs du livre, c'est au gouvernement de contrôler l'utilité des nouveaux médicaments et le respect des indications de prescription. Cette tendance s'est accélérée depuis la moitié des années 80 car les laboratoires ne peuvent plus compter sur la découverte de médicaments concernant une large population mais sur la mise au point de médicaments qui portent sur des pathologies précises et donc un marché limité.
La troisième critique porte sur le fait que 90 % des essais ne sont pas publiés malgré la mise sur le marché du médicament.

Philippe Even s'interrogeant sur l'indépendance des agences face à l'industrie pharmaceutique fait remarquer que 70 % du budget de l'Agence européenne du médicament est à la charge de l'industrie pharmaceutique...

* Savoirs et pouvoir, pour une nouvelle politique de la recherche et du médicament, Bernard Debré et Philippe Even, Ed. Le Cherche Midi.

Le Monde (Paul Benkimoun, Sandrine Blanchard et cécile Prieur) 21/12/04

 

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Europe : prochain débat sur la fin de vie

La commission des questions sociales, de la santé et de la famille de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe s'est mise d'accord sur un projet de résolution sur l'accompagnement des malades en fin de vie. La version présentée en septembre 2003 a été modifiée. Le texte propose que les états membres du Conseil de l'Europe définissent et mettent en oeuvre "une véritable politique d'accompagnement en fin de vie". Le point de controverse concerne "le droit du malade à refuser, s'il est capable de discernement et en pleine connaissance de cause, les thérapies proposées pour le maintenir en vie".

Le texte doit être soumis à l'Assemblée lors de la 2e partie de la session de 2005 (du 25 au 29 avril 2005).

Lire en ligne le Projet de résolution.
Consultez le dossier Genethique "Fin de vie".

La Croix 21/12/04

 

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OGM : pas de majorité pour le Colza GT 73

Les ministres de l'environnement de l'Union européenne n'ont pas trouvé d'accord sur l'approbation ou non de l'importation et de la transformation du colza transgénique GT 73, produit par Monsanto.
I
l reviendra à la Commission européenne de trancher. L'Agence européenne de la sécurité des aliments (AESA) avait rendu un avis favorable en mars dernier.

Le Figaro 21/12/04

 

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