Revue de presse du mercredi 08/12/04
Revue précédente Article suivant
Avortement : 30 ans de chiffres

Le numéro 407 de Population et Sociétés de l'INED (Institut national d'études démographiques) publie une étude menée par l'INED et l'INSERM sur les chiffres de l'avortement et l'évolutuion de cette pratique.

La Croix annonce à cette occasion un chiffre de 300.000 avortements annuels avant la loi Veil. A l'époque l'Express annonçait 800.000 par an. On parlait même de 2.5 millions d'avortements annuels avant 1975. Ces chiffres ont été corrigés par l'INED* qui a annoncé finalement 50 à 60.000 avortements clandestins chaque année avant la légalisation. Il apparaît que le nombre d'avortements se maintient, depuis 1975, autour de 200 000 par an. Ce qui implique toujours selon l'INED que "près de 40% des femmes y auront recours dans leur vie".

Les signataires de l'étude estiment que "la légalisation de l'avortement n'a pas eu d'impact démographique". Pourtant en 2 ans et demi, sur la période d'août 1973 à janvier 1976 correspondant à la légalisation de l'avortement, le taux de fécondité est passé de 2,36 à 1,8 enfants par femme (-24%).

La généralisation de la contraception n'a pas fait diminuer le nombre d'avortements mais a fait diminuer le nombre de grossesses non prévues de 46% en 1975 à 33% en 2004. Par contre le nombre d'avortements par grossesse non prévue a augmenté de 41 à 60% sur la même période. L'étude explique que les femmes utilisant une contraception sont les plus résolues à dominer leur fécondité et donc avortent plus souvent lorsqu'une grossesse est non conforme à leur projet.

Le consentement du père a également été étudié. Lorsque la relation de couple est stable, les pères sont informés de l'avortement dans 97% des cas et sont d'accord à 80%. Si la relation est instable ou terminée, 83% des pères sont informés et sont d'accord dans seulement 56% des cas.

Ce qui a baissé le plus certainement est l'envie  réelle d'enfant. Il doit être désiré et sa venue est conditionnée par les autres projets du couple : études, parcours professionnels, vie sentimentale. Cette tendance lourde est soutenue par "une pression sociale forte à avorter" explique Chantal Blayot, professeur de démographie à l'université Montesquieu-Bordeau IV. Le contexte social n'est pas favorable aux familles nombreuses " à la première naissance,  on félicite les parents ; à la troisième on leur demande si ils ont bien réfléchi..." 

* Cahier n°117 . La seconde révolution contraceptive. La régulation des naissances en France de 1950 à 1985. Henri Leridon, Yves Charbit, Philippe Collomb, Jean-Paul Sardon et Laurent Toulemon, 1987, 380 p., diff. Ined.

Consulter l'étude Pourquoi le nombre d'avortements n'a-t-il pas baissé en France depuis 30 ans ? par Nathalie Bajos, Caroline Moreau, Henri Leridon et Michèle Ferrand dans Population et Sociétés

 La Croix (Marianne Gomez) 08/12/04 - Libération (Julie Lasterade) 08/12/0 - Le Monde (Cécile Prieur) 09/12/04 - 08/12/04

 

Revue de presse du mercredi 08/12/04
Article précédent Revue suivante
Les catholiques et l'entretien pré-avortement

Jusqu'en 2000, les conseillers du Centre de liaison des équipes de recherche (Cler) ont réalisé 20.000 entretiens pré-IVG par an dans des centres de planification hospitaliers. Depuis 2001, avec la révision de la loi Veil, cet entretien n'est plus obligatoire et le nombre est passé à 900 par an. 

Par contre, on rencontre maintenant les souffrances provoquées par des avortements passés. Ce qu'on appelle les syndromes post-abortifs sur lesquels le professeur canadien Philippe Ney, pédopsychiatre, a beaucoup travaillé. En France l'association Agapa fondée dans le diocèse de Paris ou Mère de Miséricorde proposent des parcours de guérison aux hommes et aux femmes qui vivent avec des cicatrices douloureuses et profondes d'avortements passés. Mère de Miséricorde ainsi que Tom Pouce accueillent des femmes enceintes en difficulté.

De son côté la Confédération Nationale des associations familiales catholiques (AFC) travaille pour faire évoluer la loi. Elle propose de réorienter une partie des 61 millions d'euros consacrés à l'avortement vers les associations qui accompagnent les femmes en détresse pour les aider à garder leur enfant. Les AFC demandent également que soit réalisée une évaluation des conséquences physiques et psychologiques sur les femmes et les couples après 30 ans de légalisation de l'avortement.

A propos des troubles post-abortifs on peut se reporter au livre du Dr Philippe de Cathelineau Les lendemains douloureux de l'avortement, éditions CLD à Tours ; (ISBN 2-85443-427-7).

La Croix (Claire Lesegretain) 08/12/04 - - 08/12/04

 

Abonnez-vous à la revue de presse quotidienne et/ou au bulletin mensuel, c'est gratuit !