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Le
15 Août 2000, au centre hospitalier d'Amiens, une fissure dans une
bonbonne d'azote liquide où 520 embryons sont conservés, a fait
augmenter la température de -196 à -15°. L'équipe médicale prévient
aussitôt les 55 couples et les informe que l'on ignore les
conséquences possibles du choc thermique sur le développement des
embryons.
La plupart des couples demandent que l'on mette fin à la congélation
de leurs embryons en acceptant l'idée de l'aléa thérapeutique. Tous,
sauf un couple qui assigne le CHU devant le tribunal administratif
d'Amiens.
Leur défenseur, maître Xavier Labbée, demande réparation du
préjudice matériel "parce que si l'embryon n'est pas une
personne, selon la doctrine contemporaine, il peut être assimilé à
l'esclave, être humain qui jusqu'au XIXe siècle avait un prix"
et du préjudice moral, "au titre d'avoir perdu un être cher".
Le journal La Croix revient sur ce procès et ajoute le point
de vue du professeur Bertrand Mathieu, à l'université Paris I : la décision d'Amiens nie toute reconnaissance à
l'embryon in vitro. Or les textes internationaux reconnaissent
l'embryon comme un être humain, et le droit français lui accorde une
protection, au nom du principe de dignité. Il aurait donc été
possible d'imaginer un préjudice moral pour perte d'un être humain".
Revue de Presse du 29 mars 2004 |