Revue de presse du lundi 30/08/04
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Encadrer la fin de vie sans dépénaliser l’euthanasie

Le 30 juin dernier, la mission parlementaire sur la fin de vie, présidée par le député Jean Léonetti, rendait ses conclusions (cf. revue de presse du 30/06/04). Dans un entretien au Figaro, le ministre de la santé, Philippe Douste-Blazy, annonce que « le gouvernement accepte la proposition de loi de la mission Léonetti et va en porter l’adoption ». Un projet de loi devrait être prochainement déposé à l'Assemblée et devrait disposer d'une niche parlementaire pour une adoption rapide d'ici la fin de l'année.

Le ministre explique : « Aujourd’hui, 150 000 machines par an sont débranchées par décision du corps médical, sans aucun cadre formel. Il est donc indispensable de clarifier la loi ». Pour le ministre, il subsiste autour de la fin de vie une « hypocrisie inacceptable ». Pour y remédier, les articles 37 et 38 du code de déontologie médicale, relatifs à l'accompagnement et au soulagement des malades, et celui de santé publique seront modifiés. L’euthanasie ne sera pas dépénalisée « car cela remettrait en cause l’interdit du droit de tuer ». Le ministre précise que « l’acte de donner la mort sera donc toujours puni par la loi ».

L’objectif de la nouvelle loi est de laisser « les malades incurables choisir leur mort » en créant le droit du malade à refuser un traitement inutile ou déraisonnable. La consultation des proches devra être systématique. En cas de désaccord, le malade pourra faire appel à un collège de médecins. Pour les malades inconscients, les médecins devront se référer au « testament de fin de vie» rédigé auparavant par le malade. Ce document demeure non exécutoire. Par cette loi le corps médical pourra "assister des décisions difficiles sans pour autant s'exposer à une responsabilité civile qu'il n'a pas vocation à supporter". Le ministre insiste "dans tous les cas de figure, le médecin ne sera jamais habilité à donner délibérément la mort".

Il sera obligatoire pour les hôpitaux de créer des lits identifiés de soins palliatifs.

En ligne
  Le rapport de la Mission d'information sur l'accompagnement de la fin de vie
Le dossier Euthanasie / Soins palliatifs

Le Figaro (Fabrice Nodé-Langlois, Guillaume Tabard, Yves Thréard) 27/08/04 - Le Monde (Jean-Yves Nau) 28/08/04 - Libération (Sandrine Cabut) 28/08/04 - Le Quotidien du Médecin (Stéphane Hasendahl) 01/09/04

 

 
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Fin de vie : réactions autour du futur projet de loi

Plusieurs réactions se sont faites à la suite de l'annonce par le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, d'un projet de loi reprenant les conclusions de la mission parlementaire sur la fin de vie.

Le Pr Didier Sicard, président du Comité consultatif National d'Ethique, félicite le ministre de "rouvrir ce dossier extrêmement sensible". Mais il émet quelques réserves : "Dire que la loi instaurera le droit de mourir dans la dignité, c'est un peu une tautologie. Il y a une évidence à dire que l'on veut mourir dans la dignité. Le problème de fond c'est celui de savoir accepter la mort(...). La mort devient une maladie évitable, qui aurait dû ne pas devoir se passer".

Un certain nombre de médecins, interrogés par Le Figaro, font bon accueil à la proposition du Ministre "qui va soulager les médecins, toujours menacés en pareille situation d'une inculpation (...)". Certains regrettent déjà que rien ne soit dit sur l'aide au suicide. C'est pourtant le cas de Vincent Humbert, dont la mort à relancer le débat sur la fin de vie. La mère et le médecin de ce jeune tétraplégique l'avaient aidé à mourir alors qu'il n'était pas en fin de vie (cf. Lettre Genethique d'octobre 2003).

Le Docteur Michèle Salamagne, directeur de l'unité de soins palliatifs de l'hôpital Paul Brousse de Villejuif, favorable à la modification du code de déontologie, rappelle dans le quotidien La Croix que "l'acte de soigner consiste à soulager une souffrance, pas à faire disparaître le souffrant". Elle explique qu'il faut veiller à ne pas "enfermer les paroles autour de la mort sous l'étiquette univoque et impropre de demande d'euthanasie" car le patient doit toujours pouvoir parler de la mort sans craindre "un passage à l'acte". C'est indispensable pour sauvegarder la confiance du patient pour son médecin.

Le Figaro (Elie Maréchal, Catherine Petitnicolas) 28/08/04 - La Croix (Emmanuelle Réju) 30/08/04

 

 
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Modifications génétiques : des souris marathoniennes

La revue scientifique Public Library of Science Biology d'août publie les travaux d’une équipe américano-coréenne sur des souris « marathoniennes » génétiquement modifiées.
Chez certaines souris, les chercheurs ont
modifié l’expression d’un gène codant pour une protéine (PPAR-delta) impliquée dans la mobilisation des graisses par l’organisme. Ils ont constaté que ces souris avaient alors davantage de fibres musculaires à contraction lente – celles qui sont nécessaires à l’endurance. A fatigue égale, ces souris courent plus longtemps (67 % d’augmentation par rapport aux souris normales) et plus loin (+ 92%).

Soumises à un même régime riche en graisse, ces souris ont grossi trois fois moins que les souris normales. Plusieurs études avaient déjà démontré que les fibres musculaires endurantes protègent de l’obésité.

Des laboratoires pharmaceutiques ont déjà mis sur le marché des médicaments agissant sur les PPAR. Certains chercheurs s’inquiètent du détournement possible de ces substances pour les athlètes d’endurance. Les acteurs de la lutte antidopage plaident d’ailleurs pour la généralisation des biopsies musculaires, en plus des tests sanguins, sur les athlètes. 

Lire en ligne l'article Regulation of Muscle Fiber Type and Running Endurance by PPARδ

Libération (Lise Barneoud) 28/08/04 - Le Figaro (Jean-Michel Bader) 25/08/04 - Sciencesetavenir.com 24/08/04 - Le quotidien du médecin 01/09/04

 

 
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Dopage : la course à la génétique

Le dopage est devenue une "question de bioéthique" estime Isabelle Queval, ex-championne de tennis et auteur de S'accomplir ou se dépasser. Essai sur le sport contemporain. Elle explique que le sport de haut niveau est "l'emblème et le laboratoire expérimental de l'idéologie du progrès (...)". C'est "le culte du dépassement de soi" , "une course au progrès". Tous les domaines attenants au sport (matériel, entraînement, diététique,..) se sont nettement améliorés pour que les performances sportives soient toujours dépassées. Aujourd'hui, les améliorations attendues sont de l'ordre chimique et pharmacologique. Selon elle, certains sportifs se font déjà implanter préventivement des cartilages... Elle estime que le dopage est un "enjeu sociétal" nullement attaché uniquement aux scientifiques car c'est oublier le "dopage" quotidien du citoyen qui exige une performance de chaque instant dans son travail ou ailleurs.

Gérard Dine, président de l'institut biotechnologique de Troyes et coauteur d'Exploration et suivi biologique du sportif, alerte sur les dangers du dopage génétique. Il explique que 95 % des gènes codant pour les protéines musculaires sont maîtrisés. Selon lui, les nouvelles technologies pour améliorer les muscles seront détournés de leur vocation thérapeutique (myopathes,...) au profit des sportifs. La connaissance scientifique et la compétence technologique étant réunies à ces fins, pour lui, "le seul frein, c'est l'éthique. Mais la moyenne des gens éthiquement responsables est la même en politique que dans le sport...".
Le dopage génétique est une manipulation de gènes liés à la performance qui vise à renforcer l'expression des protéines augmentant les capacités physiques. Gérard Dine imagine une banque de gènes dans laquelle le sportif viendrait chercher les qualités qui lui manquent. "C'est une forme d'eugénisme".

De son côté, le Daily Telegraph révèle que des chercheurs australiens étudieraient l'ADN des meilleurs sportifs afin de déterminer quels gènes sont favorables à quels sports et de constituer une banque des "gènes de la performance". Un responsable du gouvernement australien commente : "il me semble que la sélection génétique est la voie d'avenir pour les athlètes".

Libération (Lise Barneoud) 28/08/04 - Le Figaro (Marie-Laure Germon) 30/08/04

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