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Revue de presse du vendredi 24/10/03

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"L'euthanasie est un faux problème"

Interrogé sur l'euthanasie, le Pr Laurent Degos, hématologue, chef de service à l'hôpital Saint Louis et directeur de l'Institut universitaire d'Hématologie, donne sa définition de l'être humain. "Ce qui définit l'être humain, ce qui fait qu'il "est", c'est sa capacité à entrer en relation avec son environnement ou avec ses semblables". "La définition de la vie, c'est la relation humaine". Dans le cas des malades en fin de vie, la personne "perd ce qui fait notre spécificité humaine, notre humanité". C'est au médecin de redonner à la personne "cette "humanité" en supprimant la souffrance". Sa souffrance supprimée, le malade "s'ouvre à nouveau et entre en relation avec l'autre".

Le Pr Degos dit ne jamais avoir eu de demande d'euthanasie dans son service qui accueille pourtant de nombreux patients en fin de vie. Pour lui, "l'euthanasie est un faux problème". Il prévient que légiférer sur l'euthanasie reviendrait à faire du médecin "un technicien de procédures" : "il y aurait un véritable danger de tomber dans une médecine procédurière, mécanisée, et donc, déshumanisée". "Moins il y a de lois, plus le médecin doit répondre de ses actes, plus il est face à sa conscience et sa responsabilité, et mieux il fait son métier". Il souligne que dans les pays qui ont légalisé l'euthanasie, l'utilisation de médicaments anti-douleur a fortement diminué... "au lieu de supprimer la douleur, on va directement à la mort".
Il constate que nous vivons dans une société qui refuse la mort. Celle-ci doit être "ignorée, rejetée, à tel point que nous souhaiterions partir bien vivant".

Un homme, dont la mère a retrouvé le goût de la vie en centre de soins palliatifs après avoir parlé d'euthanasie, témoigne "les soins palliatifs lui ont permis de bien vivre sa fin ; et à nous, ses proches, de mieux vivre son départ". Marie-Joe Fonteneau, aide soignante au centre de soins palliatifs de Notre-Dame du Lac (Rueil Malmaison), revient sur l'accompagnement dont à également besoin l'entourage d'une personne en fin de vie. Elle constate que si le malade a fait son "travail de deuil", ce n'est pas forcément le cas des proches qui "ne veulent pas accepter cette fin". Elle explique ainsi que "des proches bien accompagnés, c'est aussi un "mieux-être" pour les malades".

 Paris Notre Dame (Sylvain Sismondi) 23/10/03

 

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