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Revue de presse du mercredi 08/10/03

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Euthanasie : un témoignage bouleversant de l'équipe médicale

Dans son édition du 7 octobre, le Quotidien du Médecin revient sur les conditions de la mort de Vincent Humbert telle qu'elle a été vécue par l'équipe médicale du centre héliomarin de Berck-sur-Mer où était soigné le jeune homme. Ce témoignage de l'équipe nous oblige à la réflexion.

Même si la vie semble avoir repris son cours normal, l'équipe du service du Dr Pascal Rigaux est aujourd'hui en état de choc. Une cellule psychologique doit se réunir cette semaine pour les accompagner. Par ailleurs, certains patients atteints d'affections communes à celles de Vincent Humbert "redoutent une loi qui pourrait mener à leur élimination" explique le Dr Rigaux.

Revenant sur le cas de Vincent Humbert, le Dr Rigaux affirme "on a été dans l'incapacité de faire le bilan complet en raison de l'importance de ses troubles sensoriels mais il semble [] qu'il présentait une certaine rigidité de pensée qui l'empêchait de changer d'idée". Ainsi par rapport à son projet de mort, il semblait "emmuré" dans son choix.

A la suite du courrier envoyé par Vincent Humbert au président Jacques Chirac, celui ci a décidé de dégager les moyens financiers pour son retour à la maison et a dépêché un psychiatre de Sainte Anne pour lui proposer ainsi qu'à sa mère une assistance. Mais ceux-ci ont refusé.

Toutes les tentatives pour transformer le projet de mort de Vincent en projet de vie par l'équipe médicale ont elles aussi échoué : "Il passait toutes ses journées enfermé dans sa chambre, avec la visite, quasiment unique, tous les après midis de sa mère". La vie de Vincent Humbert peut donc se résumer ainsi : aucune sortie, pas de soulagement psychologique ou psychiatrique, pas de rapport avec les autres patients, aucun projet de vie et une "symbiose fusionnelle" avec sa mère. Sur la question de l'euthanasie, le Dr Rigaux explique "moi, je n'ai pas fait médecine et cette spécialité pour en arriver à ça".

La médiatisation croissante de cette affaire a fini par faire baisser les bras à l'équipe médicale. Le "plan média" dit-elle semblait tellement bien orchestré que les médecins ont eu "l'intime conviction" qu'un mouvement militant très expérimenté dirigeait de l'extérieur les opérations. Face à la perspective du passage à l'acte, le parquet a été saisi mais n'a pas donné suite.

C'est pourquoi au sentiment d'échec thérapeutique ressenti par l'équipe médicale s'ajoute l'impression d'avoir été manipulé et trahi. Ils ont vécu la libération de la mère de Vincent Humbert comme "un désaveu judiciaire de notre travail".

Le Quotidien du Médecin (Christian Delahaye) 07/10/03

 

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Comment couvrir le risque médical ?

Le Figaro revient dans son édition du jour sur les menaces qui planent sur les médecins en matière d'assurance médicale. Sous l'effet de l'arrêt Perruche, les procès intentés aux médecins se sont multipliés. Face à l'envolée des plaintes des patients et à l'inflation du montant des indemnités, les compagnies d'assurance refusent de couvrir les praticiens ou augmentent de façon considérable les primes. Ainsi les primes des gynécologues obstétriciens et des chirurgiens sont-elles passées de 2000 - 3000 euros à 15000 euros par an. Les médecins jugent ces hausses de tarifs démesurées.

En 2003 les pouvoirs publics ont volé à leur secours en créant un fonds de garantie temporaire. Pour 2004, le Bureau central de tarification sera chargé de prendre le relais mais un dispositif viable sur la durée devra être trouvé.

Dans son éditorial, Yves Thérard explique que ce problème va au delà des considérations financières : "au rythme où vont les procès, tous [les médecins] seront bientôt pris pour des meurtriers en puissance". Ainsi s'éloigne la relation traditionnelle du patient et du médecin basée sur la confiance dans le "médecin sauveur". "Jadis, on les remerciait quand ils réussissaient à guérir. Va t-on aujourd'hui les condamner parce qu'ils ne détiennent pas l'introuvable secret de l'immortalité" conclut Yves Thérard.

Jacques Chirac vient donc de demander à Jean-François Mattéi de légiférer pour lutter contre la "judiciarisation croissante" qui affecte les professions médicales.

Lire en ligne le dossier sur l'affaire Perruche

Le Figaro (Yves Thérard - Armelle Bohiseust - Claire Bommelaer) 08/10/03

 

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