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Revue de presse du vendredi 03/10/03

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L'"ADN poubelle" pas si inutile...

La revue scientifique Science publie aujourd'hui les travaux de l'équipe du Pr Stylianos Antonarakis (Université de Genève) sur les séquences ADN dites "poubelles". Lors du décryptage du génome humain, il avait été démontré que les séquences codant pour des protéines représentent une petite partie de l'ADN. Celui-ci est composé en grande partie de séquences non géniques qui semblaient inutiles et qui sont qualifiées de "junk DNA", "ADN poubelles".

En décembre dernier, l'équipe de chercheurs avait révélé dans la revue Nature l'existence de nombreuses séquences non géniques communes à l'homme et la souris. Cette fois-ci, ils ont approfondi la comparaison et ont étudié les séquences non géniques de 15 mammifères différents (chat, chien, cochon, musaraigne, chauve-souris, lémurien, singe, homme, souris, porc-épic, lapin, tatou, éléphant, ornithorynque et kangourou). Les résultats montrent qu'un très grand nombre de séquences non géniques identiques se retrouvent chez toutes les espèces ce qui signifient qu'elles étaient déjà présentes il y a 150 millions d'années. Les chercheurs s'interrogent donc sur la fonction de ces séquences et supposent qu'elles jouent un rôle crucial dans la régulation de l'expression des gènes.

 Tribune de Genève (Sophie Davaris) 03/10/03 - Sciencesetavenir (Cécile Dumas) 03/10/03 - Le Monde (Hervé Morin) 04/10/03

 

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Fin de vie : débats

Ce jeudi, L'Express consacre une partie de sa "une" à la question de l'euthanasie "Faut-il une loi ?".
Revenant sur la mort très médiatisée de Vincent Humbert, l'article fait un rapide zoom sur l'émergence de cette notion depuis son apparition au IVème siècle av. JC à nos jours. Il montre les différents glissements sémantiques qui se sont opérés en particulier au XXème siècle. Ainsi la signification moderne de l'euthanasie n'émerge en Europe qu'à la fin du XIXème siècle sous l'influence des thèses eugénistes reprises plus tard par le nazisme.
Si le sens moderne de l'euthanasie, à savoir abréger la vie d'un malade incurable, s'impose dans les années 60, il ne recouvre pas encore la même réalité pour tout le monde. Il y a souvent confusion entre euthanasie et fin d'acharnement thérapeutique. Le Conseil Consultatif National d'Ethique dans son avis sur la fin de vie avait précisé que l'abstention thérapeutique ne peut être qualifiée d'euthanasie. "L'euthanasie proprement dite consiste en l'acte d'un tiers qui met délibérément fin à la vie d'une personne dans l'intention de mettre un terme à une situation jugée insupportable". Le code de déontologie du médecin commande "qu'en toutes circonstances le médecin doit [...] éviter toute obstination déraisonnable dans les investigations ou la thérapeutique".
Aujourd'hui les réanimateurs, dont la plupart ne sont pas favorables à une loi sur l'euthanasie, travaillent à l'élaboration de recommandations communes précisant les conditions dans lesquelles les décisions d'arrêt de traitement en fin de vie doivent être prises.
Le philosophe Jacques Ricot conclut l'article : "Prévoir une exception
[d'euthanasie] signifie que la loi elle même n'est plus valable, donc que le meurtre n'est plus interdit". "Ce n'est pas une question de liberté individuelle, mais un choix qui engage toute l'humanité".

Dans la rubrique Rebonds de Libération, Serge Hefez, psychiatre, responsable du département de psychothérapie familiale à l'hôpital de la Pitié-Salpetrière (Paris), analyse "le drame des Humbert" et d'autres histoires tragiques où la mère a tué son enfant ne supportant plus ses douleurs à travers la personne de la Mère. L'enfant malade "n'est-il pas la chair de sa chair ? Sa souffrance ne la déchire-t-elle pas au plus profond de ses entrailles ? Tout semble orchestré autour de cette évidence : la douleur d'un enfant, c'est avant tout la douleur d'une mère qui l'a mis au monde ; c'est donc à elle de la soulager".

L'Express (Claire Chartier, Matie Cousin, Natacha Czerwinski, Jean-Sébastien Stehli) 02/10/03 - Libération (Serge Hefez) 03/10/03

 

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CCNE : 4 nouveaux avis

Le Conseil Consultatif National d'Ethique a rendu hier plusieurs avis :

- Avis 76 : "A propos de l'obligation d'information génétique familiale en cas de nécessité médicale". Le CCNE se prononce contre l'inscription dans la loi de l'obligation pour une personne qui se sait atteinte d'une maladie génétique et pour le médecin qui l'a diagnostiqué d'en informer la famille (cf. revue de presse du 02/10/03).

- Avis 77 : "Problèmes éthiques posés par les collections de matériel biologique et les données d'information associées : "biobanques" et "biothèques"". Ce document a été élaboré avec le Conseil d'éthique allemand.

- Avis 78 : "Inégalité d'accès aux soins et à la participation à la recherche à l'échelle mondiale". Le CCNE fait le point sur la situation des pays du Sud et propose une nouvelle forme de coopération Nord-Sud.

- Avis 79 : "Transposition du droit français de la directive européenne relative aux essais cliniques de médicaments : un nouveau cadre éthique pour la recherche sur l'homme". Le CCNE se prononce pour l'introduction d'une notion de balance bénéfice-risque pour le patient lors d'essais médicamenteux qui viendrait remplacer la notion de traitement "avec" ou "sans" bénéfice individuel direct.

Le Figaro (Catherine Petitnicolas, Cyrille Louis) 03/10/03 - La Croix (Dominique Quinio, Marianne Gomez) 03/10/03 - Le Quotidien du Médecin (Stéphanie Hasendahl) 03/10/03 - Libération (Julie Lasterade) 03/10/03

 

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