www.genethique.org

Revue de presse du lundi 17/11/03

Revue précédente

Article suivant

Un virus créé en laboratoire

Jeudi dernier, Craig Venter a annoncé lors d'une conférence de presse que son équipe aurait réussi à créer de toutes pièces un virus artificiel en quatorze jours. Leurs travaux sont décrits dans "The Proceedings of National Academy of Science " à paraître dans le courant de la semaine.

Pour copier synthétiquement le virus, l'équipe de Craig Venter a adapté la technique de la PCR (Polymerase Chain Reaction) ou "photocopieuse" à ADN. Les chercheurs ont produit, par petits bouts, l'ADN du virus qu'ils ont ensuite assemblé et inséré dans une bactérie. Ce virus artificiel produit de petits virus mangeurs de bactéries (bactériophages).

Le gouvernement américain qui a largement financé cette expérimentation a qualifié ce travail de "révolutionnaire". Pour certains généticiens, cette manipulation constitue une prouesse technique bien qu'elle ne soit pas véritablement une première scientifique. En 2002, une autre équipe américaine était parvenue à recréer par synthèse le virus de la poliomyélite.

Pour Pierre Sonigo, directeur de la recherche à l'Institut national de la recherche médicale (Institut Cochin, Paris) "ce travail est à considérer avec circonspection". "Pour autant elle [cette découverte] est importante dans la mesure où les auteurs de ce travail ont mis au point un procédé technique qui permet d'assembler dans un délai très court et de manière efficace de longs fragments d'ADN obtenus par synthèse" mais elle ne doit pas conduire à penser que ces chercheurs sont parvenus à créer "de la vie en laboratoire". Rappelons en effet qu'un virus n'est pas une structure vivante. Il s'agit d'une structure complexe qui allie des protéines et de l'ADN et qui se reproduit aux dépens des organismes vivants. 

S'il est confirmé, ce protocole ouvrirait la voie à de nouveaux types de manipulations génétiques. On dit que cette technique aurait des répercussions positives en thérapie génique et pourrait aussi donner naissance à des organismes bénéfiques pour l'homme comme de nouveaux vaccins. Mais cette avancée technique pose également des problèmes éthiques avec l'émergence possible de germes particulièrement destructeurs.

Le Nouvel Observateur (Olivier Frégaville-Arcas) 14/11/03 - Le Quotidien du Médecin (Elodie Biet) 17/11/03 - Le Monde (Hervé Morin) 17/11/03 -  La Croix (Denis Sergent) 17/11/03

 

Revue de presse du lundi 17/11/03

Article précédent

Article suivant

Clonage humain et droit international

Roberto Colombo, membre de l'Académie pontificale pour la Vie revient sur la question du droit international à propos du clonage humain.

Historiquement la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, adoptée le 10 décembre 1948 correspond à la fin de la seconde guerre mondiale au cours de laquelle ces droits avaient été bafoués par une idéologie et la mise en œuvre d'un projet eugénique.

Cette déclaration admet que "tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits". La liberté et les droits sont deux notions communes à tous les hommes qui ne peuvent être ni conférées,  ni révoquées, ni bafouées par une quelconque autorité. Au contraire, elles doivent être reconnues et garanties à tous. Jean-Paul II affirmait en 1999 : "La Déclaration universelle est claire : elle reconnaît les droits qu'elle proclame, elle ne les confère pas ; ceux ci sont en effet inhérents à la personne humaine et à sa dignité..."

Dans le cas précis du clonage humain, beaucoup invoquent le recours à cette technique au nom du droit à la liberté.On affirme que l'interdiction du clonage humain réduirait "la liberté de la science" et "l'autonomie reproductive". La liberté de la science est une liberté de connaissance mais n'est pas une liberté d'expérimentation. Quant à "l'autonomie reproductive", elle ne semble pas menacée au regard des diverses possibilités offertes aux couples touchés par la stérilité ou qui craignent de transmettre une maladie génétique.

Pour conclure, Roberto Colombo rappelle que "tous les droits humains sont universels, indivisibles, interdépendants et liés les uns aux autres. La Communauté internationale doit considérer les droits humains de manière globale, de façon juste et équitable, sur la même base et avec la même importance".

 Osservatore Romano (Roberto Colombo) 04/11/03

 

Revue de presse du lundi 17/11/03

Article précédent

Revue suivante

Débat autour de la mort

Dans son édition du jour, le Quotidien du Médecin donne la parole à deux lecteurs sur la question de la mort.

Pour Jean-Luc Romero, conseiller régional UMP d'Ile de France, "toutes les fins de vie ne valent pas la peine d'être vécues". S'appuyant sur l'affaire Vincent  Humbert, il souhaite lui aussi pouvoir décider des conditions de ses derniers instants afin de " mourir debout". Il demande donc au premier ministre d'ouvrir un débat national sur la fin de vie.

Le Pr Maurice Cara revient sur la signification du mot "mort". Les penseurs grecs avaient défini la mort à partir du concept  d'âme. Ainsi pour Aristote, tous les être vivants , végétaux, animaux ou humains ont une "âme" inséparable du corps mais immatérielle. Les plantes n'ont qu'une faculté nutritive, "l'âme végétative". Chez les animaux s'y ajoutent des facultés sensitives, motrices, désirantes et instinctives "l'âme animale". Enfin, les  hommes ont une faculté intellectuelle, "l'âme intellective". Ainsi  ne pouvait-on confondre la mort des végétaux, des animaux et des humains.

Pour le Pr Cara les progrès de la médecine ont bousculé la définition de la mort. La réglementation française a du prendre acte de certains états comme le coma dépassé, c'est à dire l'état de mort cérébrale. Par ailleurs, les organes peuvent vivre séparés du corps à condition qu'on entretienne leur nutrition, ce qui permet les greffes. Enfin dans d'autres situations la conscience et l'acquisition de la mémoire sont suspendues au cours de l'anesthésie générale par exemple ou de certains comas profonds... Quand surgit la mort ?

C'est pourquoi , selon le Pr Cara, la conception dogmatique de la mort telle qu'elle est définie par les juristes et qui implique une date et "des causes de la mort" mériterait d'être révisée.

Le Quotidien du Médecin 17/11/03

 

 

Abonnez-vous à la revue de presse quotidienne et/ou au bulletin mensuel, c'est gratuit !