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Mardi 11 mars 2003

Revue de presse du 11/03/03
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Non à l'expérimentation animale !

D’après une enquête réalisée par la société Ipsos, les français seraient majoritairement hostiles à l’expérimentation sur les animaux. Globalement, 64% des personnes interrogées se prononcent contre la réalisation de ces expériences et ils jugent à 86% que toute expérimentation entraînant la souffrance d’un animal devrait être interdite. 86% des sondés jugent "urgent" de "voter une loi qui réglemente beaucoup plus strictement qu’aujourd’hui l’expérimentation sur les animaux".

[Cette enquête intervient alors que le gouvernement s’apprête, dans le cadre de la révision des lois de bioéthique, à autoriser la recherche sur l’embryon "par dérogation". Les français seraient-ils donc plus sensibles à la cause des animaux qu’à celle de l’embryon humain ? (ndlr) ]

Le Figaro (Marc Mennessier) 11/03/03

 

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Dossier : l'éthique est-elle un frein à la recherche ?

Le journal La Croix consacre son dossier Sciences & éthique à la question suivante : "l'éthique est-elle un frein à la recherche ?".

Le dossier reprend des cas concrets, issus du quotidien des médecins ou chercheurs, pour lesquels la réflexion éthique entre en jeux. Par exemple en ce qui concerne les protocoles et les essais de médicaments sur l'homme, la recherche sur l'animal, les dissensions entre un chercheur et l'organisme pour lequel il travaille ou entre un chercheur et les futurs utilisateurs de sa recherche.

Le journal présente deux interviews de scientifiques : l'une de Marc Peschanski, neurobiologiste et directeur de recherche à l'Inserm et l'autre d'André Pichot, chercheur en épistémologie et histoire des sciences au CNRS. 
Pour Marc Peschanski, "la science est l'activité sociale d'une communauté mondiale et, en ce sens, elle ne peut être freinée par l'expression de positions philosophiques, politiques, religieuses ou autres, que l'on regroupe sous le terme d'"éthique"". Il estime que les lois de bioéthique en interdisant la recherche sur le clonage thérapeutique et en limitant celle sur l'embryon entravent la liberté du chercheur. "Les scientifiques se battent pour la liberté du chercheur. La recherche scientifique est en elle-même une valeur éthique". 
Pour André Pichot, "ce n'est pas l'éthique qui est un frein au progrès de la biologie, c'est l'état actuel de la théorie". Il rappelle que 99% des tentatives de clonage reproductif échouent car les embryons produits sont affectés par des anomalies cellulaires. Leurs cellules ne peuvent donc pas être utilisées dans une thérapie. "Le clonage thérapeutique est plus dangereux que le clonage reproductif". 

Le dossier fait le point sur les formations spécialisées sur les sujets éthiques : DEA à l'hôpital Necker (Paris), DIU en éthique de la santé à Toulouse, cursus de "droit de la santé et bioéthique" pour la quatrième année de biologie à l'université Denis Diderot (Paris 7),...

La Croix (Marianne Gomez - Denis Sergent - Jean-Luc Ferré) 11/03/03

 

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Biotechnologies : les enjeux de la recherche pharmaceutique

La recherche pharmaceutique cherche à faire recette dans les biotechnologies mais "c'est plus compliqué que ce qu'on croyait", explique Pierre Le Sourd, président de Bristol-Myers Suibb France. "Ce qui reste à faire est extrêmement complexe et la production des nouvelles technologies reste pour l'instant très embryonnaire".

Les grands industriels de la pharmacie, les "big pharmas", cherchent à être détenteurs du "médicament miracle". Pour ne pas laisser une piste prometteuse au concurrent, ils multiplient les partenariats avec les start-up spécialisées dans les recherches sur les mécanismes génétiques ou cellulaires fondamentaux. Après s'être rendu compte que le séquençage du génome humain avait peu d'intérêt thérapeutique, les experts se sont penchés sur le "protéonome", c'est à dire le recensement de toutes les protéines existantes dans l'organisme, ce qui correspond à des années de travail. D'autres experts voient dans l'identification des kinases, une source de médicaments ciblés pour soigner des maladies graves. Par exemple, le Salt Institue vient de lancer un programme de recherche en partenariat avec la société de biotechnologie Sugen (du groupe Pfizer-Pharmacia).

En moins de 10 ans, le nombre d'accords entre les grands industriels de la pharmacie et les start-up des biotechnologies a pratiquement été multiplié par 10. Cette course aux partenariats se fait parfois au détriment des "big pharmas" dupés par les concepts soi-disant très prometteurs de certaines start-up. Ce qui fait dire à Jonathan Knowles, directeur scientifique du groupe Roche : "je n'ai jamais cru à la révolution génétique. Il faut inverser le processus et partir du besoin des patients en partageant les connaissances". Mais pour lui, ce n'est pas aux entreprises privées de financer des recherches de base. Aux Etats-Unis, le budget public de la recherche dans les sciences de la vie va atteindre les 27 milliards de dollars cette année. Philippe Kourilsky, président de l'Institut Pasteur, déplore qu'en France "notre retard s'aggrave et notre dépendance en ce domaine va s'accentuer". 

Les Echos (Alain Perez) 10/03/03

 

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Insuffisance cardiaque : greffe de cellules souches adultes encourageante

Aux Etats-Unis, un adolescent de 16 ans, blessé au cœur par un pistolet à clou et souffrant d’une insuffisance cardiaque, est le premier à avoir bénéficié d’une greffe de cellules souches recueillies dans son sang. Les médecins ont injecté les cellules souches au niveau du cœur, en espérant que le pouvoir régénérateur de ces cellules répare ou remplace le myocarde lésé. 15 jours après l’intervention, les médecins auraient constaté une amélioration de la fonction cardiaque. Pourtant avant l’opération, les examens montraient qu’aucun muscle cardiaque n’était viable dans la zone affectée. Les médecins envisagent à présent de refaire un scanner dans trois mois pour voir si du nouveau muscle cardiaque est apparu.

Cette première fait suite à 2 études cliniques menées respectivement en Allemagne et à Hong Kong qui avaient déjà prouvé l’efficacité des greffes de cellules souches issues de la moelle osseuse.

Quant aux résultats chez l’animal, les chercheurs pensent que les cellules souches de moelle osseuse injectées dans le myocarde pourraient stimuler des cellules dans le cœur, cellules qui effectueraient les réparations du myocarde. En revanche, personne ne sait pourquoi ces cellules ont besoin de l’injection des cellules souches pour entrer en action.

Le Quotidien du Médecin (Dr Véronique NGuyen) 11/03/03

 

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