www.genethique.org 

Revue de presse du lundi 19/05/03
Revue précédente

Article suivant

Procréation assistée : ils ont choisi le sexe de leur bébé

En septembre dernier, le Dr Frank Comhaire, andrologue à l'université de Gand (Belgique), annonçait qu'il avait une méthode permettant à un couple de choisir le sexe de son enfant moyennant une somme de 6 300 euros (cf. revue de presse du 11/09/02).

La méthode consiste à trier les spermatozoïdes en fonction des chromosomes X ou Y par un appareil qui est capable de différencier les spermatozoïdes de chaque sorte, grâce à une sonde glissée dans leur matériel génétique, afin de les répartir dans deux tubes. Ensuite, l'embryon du sexe désiré, conçu in vitro, est implanté dans l'utérus de la mère.

Le Dr Comhaire annonce la première naissance d'un enfant issue de cette technique. C'est une petit fille. Trois autres femmes européennes seraient enceintes selon cette méthode.

L'article 5 de la loi belge relative à la recherche sur les embryons in vitro interdit les recherches ou les traitements permettant de sélectionner un embryon sauf s'il s'agit d'éviter une maladie génétique grave. Mais le Dr Comhaire ne se considère pas dans l'illégalité estimant qu'il n'entre pas dans le champ de la loi qui balise la seule manipulation d'embryon in vitro.

Le comité de bioéthique belge est partagé sur cette question de sélection sexuelle des embryons. Certains n'étant pas opposés au principe du "family-balancing" c'est à dire la possibilité pour un couple de choisir le sexe de son enfant afin de rééquilibrer le nombre de filles ou de garçons dans la fratrie...

La Libre Belgique (Rachel Crivellaro) 15/05/03

 

Revue de presse du lundi 19/05/03
Article précédent

Article suivant

Comité d'éthique italien : la recherche sur l'embryon est "inacceptable"

Dans un avis sur la recherche sur les embryons humains et les cellules souches, le Comité national de bioéthique italien a rappelé au ministre de l'éducation, des universités et de la recherche qu'il était éthiquement inacceptable d'utiliser les embryons humains pour la recherche. Francesco d'Agostino, président du Comité, a expliqué que les embryons humains sont des vies humaines dotées de tous les droits.

Lire en ligne l'avis du Comité Parere del CNB su Ricerche utilizzanti embrioni umani e cellule staminali, 11 aprile 2003

Avvenire 09/05/03

 

Revue de presse du lundi 19/05/03
Article précédent

Article suivant

Débat autour du prélèvement d’organes

Le scandale, provoqué la semaine dernière par la découverte en Grande Bretagne (cf revue de presse du 12/05/03) de milliers de cerveaux de personnes décédées prélevés sans le consentement de leurs familles, relance le débat autour du prélèvement d’organes. Cette affaire rappelle notamment les difficultés auxquelles sont confrontés les médecins spécialisés dans le prélèvement d’organes mais elle témoigne aussi d’une évolution quant à la confiance accordée par la société au corps médical.

Ce scandale montre combien il est urgent d’établir (en Angleterre comme en France) un cadre législatif qui concilie le respect du corps humain après la mort, l’expression de la volonté individuelle et les progrès de la médecine.

Rappelons que la loi anglaise de 1961 sur les prélèvements d’organes interdit toute ablation sans le consentement explicite des proches mais ne prévoit aucune sanction pour les médecins qui ne respecteraient pas ce principe. Ce qui pouvait être toléré il y a 40 ans est devenu aujourd’hui intolérable comme le démontre le scandale qui vient d’éclater.

Les greffes d'organes sont généralisées depuis quelques années et on enregistre une demande toujours plus importante d'organes. La demande d’organes, elle, n’a cessé d’augmenter. Les différentes affaires qui ont éclaté dans les années 90 ont eu des répercussions négatives sur la pratique des prélèvements d’organes d’autant qu’aucune pédagogie n’a été entreprise pour expliquer les différents usages des organes.

En France la loi Caillavet de 1976 repose sur le principe du consentement présumé : ne pas s’opposer explicitement, de son vivant, au prélèvement post mortem autorise de facto ce prélèvement. Les lois de bioéthique de 1994 ont prévu la création d’un registre national automatisé pour faciliter l’expression du refus. Pour autant, les médecins demandent toujours, en l’absence d’un refus clairement exprimé, l’accord de la famille. Le projet de révision des lois de bioéthique ne comporte aucun changement sauf celui de passer outre la volonté de la famille dès lors que des impératifs de santé publique imposeraient la pratique de l’autopsie.

Le Professeur Claude Got, spécialiste d’anatomo-pathologie et de santé publique, plaide de son côté pour un dispositif qui permettrait à chacun d’indiquer de son vivant une acceptation ou un refus. Ce type d’initiative permettrait de concilier le respect des choix individuels sans pour autant s’opposer au développement de la médecine.

Le Monde (Jean-Yves Nau) 17/05/03

 

Revue de presse du lundi 19/05/03
Article précédent

Revue suivante

Une formation à l’éthique pour les médecins

En France, il n’existe quasiment pas d’enseignement de l’éthique à l’université de médecine. C’est pourquoi, en octobre dernier, Jean-François Mattéi avait commandé un rapport sur la formation à l’éthique à Alain Cordier, président du directoire de Bayard et ancien directeur de l’AP-HP. Ce rapport est aujourd’hui rendu public.

Les professions de santé sont en crise, « en souffrance » estime Alain Cordier. Principales causes : l’excès au recours du principe de précaution, la montée des droits des malades, les contraintes financières qui entraînent « une perte du sens de la pratique médicale et soignante ». Pour aider les professionnels de la santé, Alain Cordier préconise d’infuser de l’éthique à tous les niveaux du parcours universitaires des futurs soignants sous forme d’enseignement théorique mais également pratique.

Avant même la 1ère année d’étude, il pourrait être proposé un « éveil à l’éthique » sous forme de stage préparatoire dans une institution de soins. Plus tard au cours du premier puis du second cycle d’étude, les élèves seront sensibilisés au « questionnement d’éthique dans le quotidien des soins, les situations de crise et la recherche ». En troisième cycle, les internes et les chefs de clinique devraient suivre un séminaire de réflexion éthique de trois jours pour voir leur internat ou leur clinicat validé. Le but est d’introduire, « la capacité à douter »  à partir de l’étude de cas précis. Pour cela il est envisagé de faire appel à des intervenants « référents » en éthique médicale.

Pour poursuivre cette réflexion dans le milieu professionnel, il existe d’ores et déjà des comités d’éthique hospitaliers créés au gré des bonnes volontés globales. Alain Cordier suggère de les relier à une charte nationale élaborée par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et suggère qu’ils rendent compte de leurs travaux devant les commissions médicales d’établissements (CME) des hôpitaux. Ces structures devraient à terme disparaître pour être remplacées par des Espaces éthiques, c'est-à-dire des lieux où se retrouveraient les soignants pour parler des problèmes auxquels ils sont confrontés. Ces espaces seraient les vrais centres névralgiques de la réflexion éthique.

Jean-François Mattéi a annoncé qu’il allait saisir le CCNE, le ministre chargé des universités, les ordres professionnels et l’ensemble des instances concernées pour étudier la faisabilité de ces propositions.

La Croix (Marianne Gomez) 19/05/03

 

www.genethique.org

Site d'information et d'analyse de l'actualité bioéthique

 

Pour vous désabonner de notre revue de presse, écrivez à contact@genethique.org