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Un
article du quotidien canadien Le Devoir pointe le nombre important
d'avortements "inutiles" pratiqués suite à des erreurs
d'interprétation de tests génétiques.
C'est le constat de généticiens américains qui ont analysé des
dizaines de milliers de tests ADN effectués chaque mois aux Etats Unis
dans le cadre d'un programme de dépistage de la mucoviscidose (appelée
outre atlantique fibrose kystique).
La mucoviscidose est une maladie héréditaire mortelle qui
touche 30 000 américains par an et plus de 3 000 canadiens. C'est une
maladie mal connue car on compte pas moins de 9 00 mutations à
l'origine mais facile à diagnostiquer. La mutation la plus courante
est la 5T dont beaucoup de personnes sont porteuses sans déclarer la
maladie puisque pour cela il faut la présence d'une autre mutation,
très rare, la R117H. Or beaucoup d'examens ont été procédés sur des
foetus alors que la R117H n'avait pas été décelée. Ces examens
prénataux mal interprétés ont poussé certaines femmes à mettre fin à
leur grossesse alors que l'enfant à naître était sain.
David Roy, du Centre de bioéthique de l'Institut de recherches
cliniques de Montréal explique que dans le domaine du dépistage "il
y a une pression de la commercialisation. Les possibilités sont
faramineuses pour les compagnies qui fabriquent ces tests. Mais ce
n'est pas à elles de décider ce qui doit être connu ou non". Il
rajoute "est-ce qu'on avorte parce qu'un embryon est porteur du
cancer du sein ? Nous sommes tous à risque de quelque chose. Personne
ne possède un ADN parfait". Pour Abby Lipman, professeur au
département d'épidémiologie et de biostatistique à l'université Mc
Gill, il faut éduquer la population sur la réalité du dépistage, la
réalité "c'est une question économique. C'est l'eugénisme". |