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Mercredi 29 janvier 2003

Revue de presse du 29/01/03
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Autorisation d'importation de cellules souches embryonnaires

Retour sur l'autorisation de l'importation de cellules souches embryonnaires par le précédent ministre de la Recherche (cf revue de presse du 28/01/03) : dans notre revue de presse d'hier, nous vous annoncions que les juges du tribunal administratif de Paris venaient de déclarer que l'importation de cellules souches embryonnaires n'était pas illégale au motif que ces cellules "ne peuvent être regardées comme des embryons" et que la décision du ministre n'avait donc "ni pour objet, ni pour effet de permettre une expérimentation sur l'embryon". Cet avis est donc contraire à celui du Conseil d'Etat qui avait décidé de suspendre pour quatre mois l'exécution de la décision du ministre d'importer des cellules souches embryonnaires jugeant que l'on pouvait émettre "un doute sérieux sur la légalité de la décision ministérielle" puisque l'article du code de la santé publique stipule que "toute expérimentation sur l'embryon est interdite".

L'article 2141 - 7 précise "qu'un embryon humain ne peut être conçu ni utilisé à des fins industrielles ou commerciales" et que  "toute expérimentation sur l'embryon est interdite"

Cette décision devrait permettre à l'équipe de M. Hatzfeldt  de reprendre ses recherches et à d'autres équipes de biologistes français de formuler de nouvelles demandes d'importation.

Le Figaro (Jean-Michel Bader) 29/01/03 - Le Monde (Jean-Yves Nau) 29/01/03 - Le Quotidien du Médecin (Stéphanie Hasendahl) 31/01/03

 

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A quoi sert le Sénat?

Dans le Figaro de ce jour, Roger-Gérard Schwartzenberg, ancien ministre de la Recherche, revient sur la décision du Tribunal administratif d'autoriser l'importation de cellules souches embryonnaires, autorisation qu'il avait lui même accordée en avril dernier à la veille de la démission du précédent gouvernement. Il se félicite que les chercheurs puissent reprendre leurs recherches sans être distancés dans la compétition scientifique internationale. Il rappelle le droit du malade à être soigné, son droit à voir les recherches progresser et développer de nouvelles thérapeutiques.

M. Schwartzenberg revient sur le processus qui l'a conduit à délivrer cette autorisation. L'aboutissement de la procédure législative mise en place nécessitait encore une lecture au Sénat puis une nouvelle navette entre l'Assemblée et le Sénat, tout ceci avant la prise des décrets d'application. C'est parce qu'il a jugé que les délais seraient trop longs que le Ministre n'a pas souhaité, après avoir consulté un comité des sages, attendre l'autorisation (ou l'interdiction?) du Sénat.

Le Figaro (Roger- Gérard Schwartzenberg) 29/01/03

 

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Un coup d'Etat bioéthique

Grégory Bénichou, professeur d'éthique à la chaire ESSEC-Santé - Bernard Edelman, avocat à la Cour - Christophe Eoche-Duval, juriste - le Pr Claude Huriet , conseiller d'Etat, ancien membre du Comité consultatif national d'éthique -  le Pr Lucien Israël , professeur émérite de cancérologie, membre de l'Institut et Jean- Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, s'indignent dans le Figaro de l'autorisation accordée pour l'importation de cellules souches embryonnaires : "nous avons été stupéfiés d'apprendre que [...] le ministre de la recherche avait pris sur lui, le 30 avril 2002, d'autoriser l'importation "en contrebande" de cellules souches provenant non pas de personnes adultes donneuses mais d'embryons humains""Agir ainsi caractérise, outre la violation du droit républicain, le mépris du Sénat et au delà le mépris de notre démocratie" déclarent-ils. Ils rappellent que seul un projet de loi discuté et adopté dans les conditions de l'article 45 de la Constitution, et promulgué selon son article 10, après son examen éventuel par le Conseil constitutionnel, devient loi de la République. Ce coup d'Etat bioéthique n'a que pour objectif de prôner dans la précipitation, l'usage thérapeutique des cellules souches embryonnaires.

Par ailleurs, ces experts de la bioéthique rappellent  les ressources extraordinaires mais trop peu exploitées des cellules souches adultes et en premier lieu leur plasticité insoupçonnée. Transplantées dans un organe différent de leur organe d'origine, elles peuvent se transformer en cellules spécialisées d'un type différent de celui pour lequel elles se trouvaient initialement programmés. Ces cellules adultes se retrouvent non seulement dans le muscle, le foie, le pancréas et le cerveau mais également dans la moelle osseuse, le sang et le sang du cordon ombilical. Leur rôle naturel est la réparation tissulaire. Ces cellules ne manifestent leur capacité de prolifération et de différenciation que lorsque cela est nécessaire au maintien de l'intégrité de l'organisme. L'existence d'un mécanisme de contrôle de la prolifération de ces cellules permet donc de les utiliser sans danger dans le cadre de la thérapie cellulaire.

Les cellules souches embryonnaires, elles, résultent de manipulations en laboratoires qui transforment en lignées cellulaires les cellules issues de l'embryon. Ces cellules en raison de leur immaturité n'ont pas les caractéristiques immunologiques nécessaires à leur régulation et elles ont surtout un fort potentiel de prolifération ce qui les rend dangereuses. Ce fait est aujourd'hui reconnu par le Dr John Geahart, pionnier  de la recherche sur les cellules souches embryonnaires aux USA qui vient de concéder que les cellules souches embryonnaires ne pourront vraisemblablement jamais être utilisées en thérapeutique du fait de leur risque cancérigène.

Considérer que les recherches sur les cellules souches adultes et embryonnaires sont équivalentes est non seulement une erreur mais surtout une perte de temps et une injustice pour les malades qui ne demandent qu'à être soignés sans utopie, concluent-ils.

 Le Figaro (Grégory Bénichou - Bernard Edelman - Christophe Eoche-Duval - Pr Claude Huriet - Pr Lucien Israël - Jean- Marie Le Méné) 29/01/03 

 

 

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