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Mardi 21 janvier 2003

Revue de presse du 21/01/03
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Le Parlement allemand contre le clonage
Vendredi 17 janvier, les grands partis politiques allemands se sont engagés en faveur d'une interdiction totale du clonage humain. Les trois groupes parlementaires du Bundestag (SPD, Verts, CDU) ont déclaré que "le clonage à partir d'embryons humains, indépendamment de la technique employée et indépendamment de sa finalité, est incompatible avec la dignité humaine"
Le texte dit expressément qu'il n'y a pas de différence entre le clonage reproductif et le clonage "soi-disant  thérapeutique". 

La Croix 21/01/03 - Gènéthique

 

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Jean-Claude Guillebaud : le clonage et le "principe d'humanité"

A propos des naissances de bébés clonés annoncées par la secte des raéliens, Jean-Claude Guillebaud, auteur de l'ouvrage "Le Principe d'Humanité", se dit scandalisé "par la façon irresponsable et infantile dont les médias ont relayé cette information". Il rejette l'argument de ceux qui ne savent s'il faut interdire le clonage au motif qu'il serait inéluctable. A cela il répond que la société en édictant un interdit "ne prétend pas élever un mur infranchissable, mais souhaite simplement se donner un repère fondamental".
Le clonage est un crime contre l'humanité car "il induit une reproduction latérale, qui brouille l'enchaînement normal des générations". Pour lui, le clonage n'est rien d'autre qu'un inceste absolu. Ce qui fait le propre de la procréation, c'est que l'on a besoin d'un autre que soi pour se perpétuer. En court-circuitant ce principe, le clonage transforme donc le futur enfant en un moyen, en un projet égoïste.

Jean-Claude Guillebaud revient sur son livre "Le Principe d'Humanité" (cf. bulletin Gènéthique n°21) dans lequel il montre comment la science est devenue une véritable idéologie et par conséquent pourquoi ceux qui n'y adhèrent pas sans réserve sont taxés de technophobes ou d'obscurantistes. Il rappelle que ce n'est pas à la science de décider de notre société de demain car "elle n'a pas les moyens de définir des normes, des projets, des valeurs. Elle attend des hommes, de la démocratie, qu'on lui dise quelles sont les limites à ne pas dépasser, ce qui est bien ou mal". 

Enfin, sur la capacité de notre société à aborder les problèmes de bioéthique, Jean-Claude Guillebaud montre que nous n'avons pas encore forgé les concepts capables de les penser. En particulier, il explique que nous sortons d'une longue période d'amnésie concernant l'eugénisme, qui était l'idéologie commune des scientifiques jusqu'au milieu des années 30. Depuis lors, les références et les arguments qui permettraient d'exercer tout esprit critique ont été effacés.

"L'humanité de l'homme n'est ni un constat vérifiable, ni le résultat d'une recherche, ni un héritage, c'est un projet culturel et civilisationnel". Ce n'est donc pas à la science de dire quelles sont les limites de l'humanité.

La Libre Belgique (Pascal André) 21/01/03

 

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Greffes de moelle osseuse pour traiter les lésions cérébrales

L'équipe du Dr Eva Mezet du John Hopkins Hospital (Baltimore) a réalisé une étude post mortem de sujets féminins ayant reçu une greffe de moelle osseuse provenant d'un homme*. Les chercheurs ont montré que des cellules Y ont été retrouvées dans certaines régions du cerveau des sujets féminins. Cette étude révèle donc que des cellules souches adultes de la moelle osseuse peuvent coloniser le cerveau et donner naissance à des neurones et à des cellules non neuronales du système nerveux (cellules gliales, par exemple). 
Déjà chez des murins, les cellules souches de la moelle osseuse semblaient pouvoir se différencier en cellules musculaires, cutanées, hépatiques, pulmonaires et en neurones. Enfin, chez l'homme, différents types de cellules ont déjà pu être mise en évidence dans les suites de greffes de moelle. 
D'après cette étude, l'utilisation de greffe de moelle osseuse serait envisageable pour traiter les personnes souffrant de lésions cérébrales.

* Etude publiée dans le Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, janvier 2003.

Le Quotidien du Médecin (Dr Isabelle Catala) 21/01/03 - BBC News 21/01/03 - Le Figaro (Jean-Michel Bader) 23/01/03 - Sciencesetavenir.com 23/01/03

 

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Les soins palliatifs : pour lutter contre la souffrance en fin de vie

Alors que les journaux relancent le débat de l'euthanasie à propos du procès de l'infirmière Christine Malèvre (cf. revue de presse du 20/01/03), le Conseil de l'Europe vient de publier une étude sur les lois et/ou pratiques en matière d'euthanasie et de suicide assisté dans 34 pays membres et aux Etats-Unis.
Le journal Le Monde redéfinit les notions d'euthanasie et d'arrêt thérapeutique. La pratique de l'euthanasie consiste à administrer chez le malade une substance qui provoque la mort. L'arrêt thérapeutique consiste à limiter ou à arrêter les traitements qui maintiennent le malade en vie. Selon l'enquête du Dr Edouard Ferrand menée au sein de services de réanimation, seulement un tiers des infirmières se disent satisfaites des procédures de décision de limitation ou d'arrêt des thérapeutiques et un quart réellement associées à la prise de décision. 

Le docteur Francis Vanhille de l'unité de soins palliatifs de Notre Dame du Lac (Rueil-Malmaison) explique que "lorsqu'on a traité la douleur, souvent, la demande du patient d'en finir s'arrête". Le soutien des proches est aussi important car certains demandent l'euthanasie pour le malade dont il ne supporte plus l'état  : "il faut expliquer, trouver un sens à ce que vit le malade, c'est parfois difficile". 
L'infirmière, Nicole, dit ne plus supporter de voir à l'hôpital "le manque de prise en charge de la douleur et de la mort derrière le paravent".  Enfin, en référence au cas de Christine Malèvre, le docteur Vanhille rappelle l'importance du travail en équipe pour accompagner la fin de vie.

Le Figaro (Stéphane Durand-Souffland) 21/01/03 - Libération (Brigitte Vital-Durand) 21/01/03 - La Croix (Emmanuelle Réju) 21/01/03 - Le Monde (Sandrine Blanchard - Acacio Pereira) 21/01/03 - Le Quotidien du Médecin (Denis Durand de Bousingen) 22/01/03

 

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