www.genethique.org

Jeudi 27 février 2003

Revue de presse du 27/02/03
Revue précédente

Article suivant

Fécondation : les spermatozoïdes ont besoin de chaleur
En 1991, l'équipe de Michaël Eisenbach de l'Institut Weizmann (Israël) montrait que l'ovule émet des signaux chimiques à courte portée qui attirent les spermatozoïdes. Aujourd'hui, cette équipe met en évidence que les spermatozoïdes se dirigent aussi vers l'ovule grâce à des variations de température (publication dans la revue Nature Medecine de février 2003).

Un millilitre de sperme contient environ 100 millions de spermatozoïdes. Seuls 250 environ atteignent les trompes de Fallope et s'accrochent à sa paroi où ils subissent une maturation nécessaire pour pouvoir pénétrer l'ovule. Les biologistes ont constaté une différence de température entre la zone de maturation (37°) et la zone de fécondation (39°). Après observation du comportement des spermatozoïdes de lapin dans un utérus reconstitué de lapine, ils ont remarqué que les spermatozoïdes sont attirés par la chaleur de la zone de fécondation mais que seuls les spermatozoïdes matures sont thermosensibles et peuvent atteindre l'ovule.

La découverte du rôle du thermotactisme dans la fécondation apporte un éclairage nouveau dans l'étude de certaines stérilités masculines. La sensibilité à la chaleur du spermatozoïde serait un paramètre important à prendre en compte pour la technique de fécondation in vitro (FIV). Aujourd'hui, 100 000 spermatozoïdes sont utilisés pour chaque ovule sans pour autant aboutir à une fécondation.

Pour la science n°305 mars 2003 - Le Quotidien du Médecin (Dr Véronique N'Guyen) 04/02/03

 

Revue de presse du 27/02/03
Article précédent

Article suivant

Mélange tragique lors d'une FIV : qui sera le père ?
En juillet dernier, suite à une confusion lors d'une fécondation in vitro, naissait chez un couple blanc une paire de jumelles métissées (cf. revue de presse du 10/07/02). Le service de conception assistée du Leeds General Infirmary avait vite reconnu son erreur : l'ovule provenait bien de la femme blanche mais le sperme, d'un homme noir dont le couple suivait le même traitement. La Haute Cour de Londres a décidé que le donneur de sperme sera le père légal des fillettes. Cet arrêt rompt avec la législation habituellement appliquée dans ce domaine selon laquelle le père légal était l'époux de la mère biologique et non le géniteur. Le père "non biologique" des jumelles devra entamer une procédure d'adoption. Le couple noir, qui n'a pas eu d'enfant à ce jour, pourrait réclamer un droit de visite et mener d'autres actions en justice. Les deux couples exigeront des compensations financières.

En France, dans un cas pareil, si les parents sont mariés, la paternité du mari est inattaquable. Si les parents ne sont pas mariés, le père biologique, après une expertise génétique, peut demander à faire établir sa paternité annulant de ce fait les droits du compagnon de la mère. 

En 1995, une jeune femme traitée au CHU de Clermont Ferrand avait avorté, sur les conseils du CHU, après qu'on l'eut informée d'une possible inversion d'embryon avec "un couple de couleur". L'hôpital avait été condamné pour le préjudice psychologique occasionné à la jeune femme. 

  Libération (Christophe Boltanski) 27/02/03 - La Croix 27/02/03 - Le Figaro (Martine Perez) 01/03/03 - Le Quotidien du Médecin 03/03/03

 

Revue de presse du 27/02/03
Article précédent

Article suivant

"L'embryon au risque de la bioéthique"

A l'occasion des 20 ans du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), la revue Famille Chrétienne revient sur "la course effrénée" des biotechnologies de ces 30 dernières années. A ce propos, le Professeur Jérôme Lejeune, découvreur de la Trisomie 21 en 1958, prévenait : "la bombe biologique est probablement plus redoutable pour l'humanité que la bombe thermonucléaire". Face à cette accélération, "qui semble enfermée dans une dynamique immédiate de prestige et d'intérêts économiques", comment protéger l'homme ?

Pour cela, il faudrait pouvoir définir l'embryon car, explique Pascal Ide, prêtre, médecin et philosophe, "toutes les dérives de la pratique médicale viennent d'une sous qualification de l'humanité des personnes" et en l'occurrence de l'embryon.

La multiplication des lois en ce domaine sans pour autant clarifier le statut de l'embryon rappelle une citation d'Alexandre Soljenitsyne pour qui "les hommes ont besoin de faire des lois quand il n'y a plus de moeurs". Elizabeth Montfort, député française au parlement européen et membre de la commission temporaire de génétique humaine, explique que "pendant très longtemps, il n'y a eu besoin ni de bioéthique, ni de loi. Deux serments suffisaient : celui d'Hippocrate et celui d'Antigone". Aujourd'hui, la "bioéthique" les remplace, concept vague et ambivalent.
Elizabeth Montfort constate que, depuis la Loi Veil, c'est par le même processus que toutes les lois concernant la dignité humaine sont décidées : "affirmation du principe, prise en compte de l'exception dans un cadre bien précis, puis légalisation de l'exception". Gérard Mémeteau, professeur à la faculté de droit de Paris, se demande "si la bioéthique ne crée pas d'abord des situations, ensuite leur légitimation, pour enfin en imposer l'évidence".

Michel Schooyans, professeur émérite à l'Université de Louvain (Belgique) regrette que le Comité propose une éthique de consensus, fruit d'une "arithmétique des intérêts" entre "l'éthique de conviction" et "l'éthique de responsabilité".

Famille Chrétienne (Maryvonne Gasse) 1er au 7 mars 2003

 

Revue de presse du 27/02/03
Article précédent

Article suivant

« Fallait-il tuer l'enfant Foucault ? » de C. Sureau

En 1825, le Dr Frédéric Hélie est appelé auprès de Marie-Anne Foucault en plein travail d'accouchement. L'enfant se présente de manière transversale, c'est à dire par l'épaule. N'ayant pas d'autre choix pour extraire l'enfant et garder la mère en vie, le médecin ampute l'enfant in utero de ses bras. Victor naît vivant et vivra jusqu'à 6 ans. Les parents portent plainte à son nom contre le Dr Hélie qui est condamné en 1832 à payer à l'enfant une rente viagère et alimentaire.

Claude Sureau, ancien président de l’Académie de médecine, revient dans son livre "Fallait-il tuer l'enfant Foucault ?" sur "ces enfants Foucault, Perruche, et Quarrez, unis à travers leur handicap de naissance et la demande de dédommagement prononcé en leur nom". Dans cette analyse, Claude Sureau compare les gynécologues et cytogénéticiens d'aujourd'hui aux bourreaux d'antan comme "exécuteur des hautes et basses oeuvres d'une société incapable de se pencher réellement sur le sort de ces membres les plus fragiles" car "bien qu'elle s'en défende, notre société encourage par de nombreux moyens cette dérive que l'on ne peut éviter de qualifier d'eugénique".

Pour le Quotidien du Médecin, ce livre est "une réflexion passionnante sur la responsabilité médicale, la genèse de la judiciarisation médicale et du consumérisme qui l'accompagne".
Pour le Figaro, "il faut lire tout le livre pour cerner ces sujets si complexes et finir par admettre, avec cet expert, que sans une dimension d'humanité essentielle qui doit s'appesantir sur chaque cas, la réflexion bioéthique ne vaut pas grand chose".
Pour La Croix, "ce livre a le mérite d' éclairer ces questions, à la lumière d'une réflexion à la fois médicale et morale".

« Fallait-il tuer l'enfant Foucault ? » de Claude Sureau, éd. Stock.

Le Figaro (Martine Perez) 27/02/03 - Le Quotidien du Médecin (Dr Caroline Martineau) 27/02/03 - La Croix (Marianne Gomez) 04/02/03

 

Revue de presse du 27/02/03
Article précédent

Revue suivante

Le clonage : avenir de la médecine ?

Michel Revel, professeur de génétique moléculaire à l'Institut Weizmann des Sciences (Israël) et président du Comité de bioéthique de l'Académie des sciences d'Israël, estime que les débats sur le clonage ont été l'occasion d'un "très mauvais procès à la médecine et à la science". Le danger d'un tel procès véhiculant l'image d'un enfant clone et de son parent jumeau est "de propager dans le public un "dogme" de déterminisme génétique qui en réalité n'a pas de base scientifique" car "les gènes ne sont qu'une partie de ce qui fait la personnalité".

Il lui paraît évident que le clonage ne doit pas remplacer la reproduction sexuée mais, ajoute-t-il, "c'est l'essence de la médecine que de pallier les insuffisances de la nature, en le contournant si besoin est". Ainsi, si la méthode du clonage était sûre et efficace, pourquoi ne pas proposer à un couple stérile la procréation assistée par clonage ? Pour Michel Revel, il ne faut pas "exclure a priori une nouvelle technologie dans la lutte contre les maux de l'humanité". 

Michel Revel participera, ce dimanche 1er mars, à la première conférence débat des "Dimanches de la Vie" dont le thème sera "Demain les clones ?". Geneviève Delaisi de Parceval, psychanalyste, René Frydman, chef du service de gynécologie-obstétrique à l'hôpital Antoine Béclère à Clamart, Didier Sicard, président du Comité Consultatif national d'éthique, participeront également. Les "Dimanches de la Vie" sont des conférences débats organisées tous les mois au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) sous la responsabilité de Bernard Kouchner, professeur titulaire de la chaire santé et développement.

Libération (Michel Revel) 27/02/03

 

 

Abonnez-vous à la revue de presse quotidienne et/ou au bulletin mensuel, c'est gratuit !

 

Retour accueil revue de presse