www.genethique.org

Lundi 24 février 2003

Revue de presse du 24/02/03
Revue précédente

Article suivant

Les dangers de l'ICSI

Dans son 75ème avis rendu public vendredi dernier, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) estime que le recours à l'injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) est abusif et devrait être réduit. Chaque année en France, près de 10 000 enfants naissent grâce à l'Assistance médicale à la procréation (AMP) dont plus de la moitié par ICSI. 
Cette technique de fécondation in vitro (FIV) utilisée depuis 1992, permet de contourner la stérilité masculine en injectant directement un seul spermatozoïde dans un ovocyte. L'ICSI évite ainsi le recours au don de sperme. Cette technique a été validée "sans qu'une expérimentation animale suffisante normalement requise pour l'adoption d'une thérapeutique nouvelle ait réellement eu lieu" rappelle Didier Sicard, président du CCNE. "Le doublement des malformations congénitales (2,4% pour la FIV en général contre 1,2% pour des grossesses spontanées), la transmission d'anomalies chromosomiques sexuelles responsables de stérilités potentielles [...] font de la FIV doublée de l'ICSI une technique qui n'est pas totalement dénuée de risques pour l'enfant" note le CCNE. C'est pourquoi, d'après "les sages" l'ICSI "ne devrait pas être banalisée" comme elle l'est actuellement mais réservée aux cas de stérilité masculine. Face au "risque encore non évalué" de transmettre à l'enfant une stérilité, le CCNE réclame que l'on donne aux parents "une information claire et complète".

L'ICSI soulève d'autres problèmes autant éthiques qu'économiques. Le recours à cette technique coûte plus cher qu'une FIV classique sans offrir de meilleurs résultats. Par ailleurs, elle facilite le recours au diagnostic  préimplantatoire susceptible de favoriser le choix d'un enfant à la carte, comme par exemple le choix du sexe de l'enfant. Enfin, "les sages" s'inquiètent du manque de suivi des enfants né par FIV. C'est pourquoi, ils recommandent "face aux risques liés à la FIV et à l'ICSI en particulier, la réalisation d'un suivi épidémiologique à long terme des enfants nés grâce à cette technique". Le CCNE insiste sur l'importance d'évaluer ces pratiques afin de "ne pas rester dans l'incertitude". Reste qu'en dehors des difficultés méthodologiques, cette étude va engendrer des inquiétudes pour les familles concernées.

Lire en ligne l'avis du CCNE sur les questions éthiques soulevées par le développement de l'ICSI

Le Figaro (Martine Perez) 22/02/03 - Le Monde (Sandrine Blanchard) 24/02/03 - Libération (Julie Lasterade) 22/02/03 - La Croix (Solenn de Royer) 24/02/03 - Le Quotidien du Médecin (Stéphanie Hasendahl) 24/02/03

 

Revue de presse du 24/02/03
Article précédent

Article suivant

Jacques Chirac pour une convention mondiale de bioéthique

Lors du symposium organisé à Paris, au Collège de France à l'occasion du 20ème anniversaire du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), Jacques Chirac a annoncé son intention de proposer à la conférence générale de l'Unesco, à l'automne prochain, une "initiative en vue de l'élaboration d'une convention internationale de bioéthique". Cette démarche vise à mettre des gardes fous contre "les dérives nouvelles" dans les domaines de la biologie et de la génétique, comme les tentatives de clonage humain. "Ces abus sont un défi à la conscience universelle. Il faut les faire cesser" a t-il expliqué tout en réaffirmant "sa volonté de ne pas freiner le développement des sciences, de ne pas empêcher, par une sorte d'obscurantisme moderne, des progrès utiles à la médecine et à la reconnaissance".

Par ailleurs, il a réaffirmé son soutien "sans réserve" au projet de loi sur la bioéthique qui interdit le recours au clonage reproductif et  thérapeutique tout en permettant des recherches très encadrées sur l'embryon humain.  "Dès lors qu'il existe des alternatives sérieuses à l'utilisation, pour la recherche, de cellules souches issues du clonage, je ne suis pas favorable au clonage thérapeutique " a t-il rappelé avant d'apporter son soutien aux recherches sur les cellules souches adultes. Jacques Chirac s'est prononcé en faveur d'une adoption "rapide" par le Parlement du texte déjà adopté par le Sénat et qui doit être examiné en seconde lecture par les députés en avril. 

Enfin, le président a conforté le choix du gouvernement sur la brevetabilité du génome, qui refuse l'appropriation d'un gène ou d'une séquence génétique alors même qu'une directive européenne ne l'exclut pas.

La Croix 24/02/03 - Les Echos 24/02/03 - Le Figaro (Martine Perez) 24/02/03 - TF1.fr 24/02/03 - Le Monde (Béatrice Gurrey) 25/02/03 - Le Quotidien du Médecin 26/02/03

 

Revue de presse du 24/02/03
Article précédent

Revue suivante

Éthique et progrès médical

A l'occasion du 20ème anniversaire du CCNE, son président Didier Sicard, dans une interview au Figaro, estime que le progrès scientifique n'a de sens que s'il prend en compte la personne. Il rappelle qu'il faut s'interroger sur ce qu'on appelle les "progrès" de la science, même si la science, en position de force ne supporte pas que l'on pose des barrières à son hégémonie. Quant à la réflexion éthique, "elle est sans arrêt en train humblement d'essayer de comprendre ce qui se passe, et indéfiniment d'être une sorte de remise en humilité de l'homme".

Dans Libération, il dénonce l'emprise des technologies sur la pratique médicale et souligne que la médecine contemporaine confond l'homme biologique avec la personne. "Ce n'est pas la technique qui pose problème, mais son emploi totalitaire" estime t-il. La médecine aujourd'hui génère de l'angoisse, mais il pense que c'est cette angoisse qui est à l'origine du progrès technologique en médecine. Petit à petit, pour affiner les diagnostics, la médecine tente d'établir des critères toujours plus sophistiqués qui rassurent quand l'enfant est dans la norme mais qui génèrent beaucoup d'angoisse à la moindre anomalie. Or, la norme reste un concept dérisoire par rapport à l'hétérogénéité de chaque être humain et de l'espèce. Ainsi, explique Didier Sicard, Einstein qui avait une anomalie pariétale, s'il avait été conçu aujourd'hui aurait sans doute été l'objet d'un avortement. Pour Didier Sicard "l'éthique est une obligation de réflexion qui s'inscrit dans une pratique".

Le Figaro (Catherine Petitnicolas) 24/02/03 - Libération (Corinne Bensimon) 22/02/03

 

 

Abonnez-vous à la revue de presse quotidienne et/ou au bulletin mensuel, c'est gratuit !

 

Retour accueil revue de presse