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Revue de presse du mercredi 17/12/03

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Italie : une loi qui protège l'embryon

Le Sénat italien a adopté une loi limitant fortement l’accès à la procréation médicalement assistée. Elle interdit la fécondation par une personne extérieure au couple, pour une femme vivant seule, dans un couple homosexuel et post mortem. Pour la fécondation in vitro, trois embryons sont autorisés pour chaque femme et ils devront être implantés tous les trois, leur congélation comme leur destruction étant interdites.

Le texte doit retourner devant les députés pour une légère retouche d’ordre technique, avant d’entrer en vigueur.

Le Quotidien du Médecin 17/12/03

 

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Etats-unis : les injections létales remises en question
Utilisées aux Etats-Unis depuis 1982 et considérées comme plus humaines que la chambre à gaz, les injections létales sont jugées aujourd'hui comme barbares. La peine de mort par injection létale est utilisée dans 37 des 38 états américain qui appliquent la peine de mort. Trois produits différents sont injectés au condamné à mort qui succombe en moyenne dans les 7 minutes.

Le 8ème amendement de la Constitution américaine stipulant que "des châtiments cruels et inhabituels" ne doivent pas être infligés à des condamnés, des avocats ont lancé un recours permettant à trois condamnés d'échapper, au moins provisoirement, à leur exécution.

L'un des produits injectés : le bromure de pancuronium est particulièrement mis en cause. Il "paralyse les muscles mais n'affecte pas le cerveau et les nerfs. Une personne qui en reçoit une injection reste consciente mais ne peut pas se mouvoir ni parler" explique Amnesty International. Notons que les vétérinaires eux mêmes refusent d'utiliser cette substance pour l'euthanasie des chats et des chiens.

La déontologie interdisant aux médecins de pratiquer eux mêmes ce geste, ce sont la plupart du temps des personnels pénitentiaires qui s'en chargent ce qui entraînent de nombreuses erreurs. Les médecins sont rappelés à l'ordre éthique et il n'y a donc pas de supervision médicale. La Grande Bretagne a déjà résolu l'équation : "puisque l'on ne pouvait exécuter un condamné par injection en dehors de la présence d'un médecin, et que les médecins n'avaient pas le droit d'y participer, il fallait tout simplement supprimer la peine de mort." 

Le Quotidien du Médecin 17/12/03

 

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A propos des "Bébés médicaments" 

Dans le journal Libération, Monique Canto-Sperber, philosophe, directeur de recherche au CNRS et membre du Comité consultatif nation d'éthique ainsi que René Frydman, chef du service de gynécologie obstétrique et médecine de la reproduction à l'hôpital Beclère de Clamart se félicitent de l'extension du diagnostic préimplantatoire (DPI) adopté la semaine dernière à l'Assemblée Nationale.

Ils qualifient cette technique de "médecine de l'évitement" qui ne traite pas la maladie génétique mais permet d'éviter qu'elle ne survienne. Ils rappellent que 2 groupes de malades sont concernés : ceux porteurs d'une maladie monogéniques (qui résulte de l'altération d'un gène porté sur un chromosome) et ceux porteurs de maladies chromosomiques (consécutives à  une altération de structure des chromosomes) .

Le DPI (qui consiste à réimplanter seulement l'embryon sain ou dans le cas des bébés médicaments l'embryon compatible et à détruire les autres embryons) est pratiqué depuis 1999 et c'est en 2000 que sont nés les premiers enfants issus de cette technique.

Les 2 experts rappellent les principales objections soulevées par cette question qui reposent "sur la réticence devant l'idée que l'on puisse choisir des embryons à réimplanter et sur la crainte de l'eugénisme". Sur cette dernière objection, ils estiment que la dérive eugénique peut être contrôlée.

Revenant sur la question du bébé médicament, ils exposent les raisons qu'ils ont de se réjouir. Ils expliquent d'abord qu'une telle extension du DPI ne représente aucun risque d'eugénisme. A ceux qui parlent de sélection des personnes, ils rappellent que cela existe déjà dans la procréation in vitro et que "d'autre part, le choix est ici fondé sur ce seul trait de l'embryon qui assure sa compatibilité immunologique avec une autre personne".

Quant au risque d'instrumentalisation de l'enfant à naître, ils ne nient pas le problème mais ajoutent "il ne faut ignorer qu'un encadrement strict peut y remédier".

Pour conclure, ils estiment que l'extension du DPI est "une bonne chose dans la mesure où elle est un moindre mal, à pondérer avec le bénéfice qui en est attendu : sauver la vie d'un enfant malade". Pour eux "autoriser et encadrer les pratiques est un pari dans la capacité humaine à définir des limites infranchissables".

Gènéthique vous rappelle que les informations transmises dans la revue de presse quotidienne représentent toutes les opinions exprimées sur l’actualité bioéthique. Celles-ci ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

 La Croix  17/12/03 

 

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L’avant projet de loi sur le handicap

Le Projet de loi compte 51 articles portant essentiellement sur quatre points : les principes généraux, la compensation et les ressources, l’accessibilité, l’accueil et l’information des personnes handicapées.

Le texte prévoit une « prestation de compensation » pour les aides humaines, techniques et l’aménagement du logement (attribuée aux personnes de 20 à 60 ans ayant un taux d’incapacité permanente d’au moins 80% sans être soumise à conditions de ressources). Elle sera financée par la future Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (alimentée elle même par la suppression du Lundi de Pentecôte).

L’éducation nationale devient responsable de la scolarité des enfants handicapés. L’article 8 de la loi précise : « le service public de l’éducation assure une formation scolaire (…) aux enfants et adolescents présentant un handicap (…) le plus près possible de leur domicile ». Un « Projet individualisé » est élaboré si l’enfant a un handicap trop important.

L’article 14 prévoit de pénaliser davantage les entreprises qui ne satisfont pas au quota d’obligation d’emploi de 6 % (le fond qu’elles doivent verser à l’Agefiph est relevé de 500 à 600 fois le Smic horaire).

Enfin, le non respect des normes d’accessibilité est plus sévèrement réprimé. L’autorité administrative «  peut décider de la fermeture d’un établissement recevant du public » s’il n’est pas conforme.

Quelques chiffres sur le handicap :
14 milliards d’euros sont consacrés aux personnes handicapées en 2001.
753 000 personnes bénéficient de l’allocation adulte handicapée d’un montant mensuel moyen de 480 euros.
22 % des enfants et adolescents handicapés ne sont pas scolarisés.

 La Croix (Marianne Gomez) 17/12/03

 

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Réactions à l'amendement Garraud

Dans le journal La Croix, plusieurs lecteurs reviennent sur l'amendement Garraud.Le 1er d'entre eux souligne toute l'attention que l'on porte au foetus pendant une grossesse que ce soit, la mère, la famille, le corps médical, la société et se demande à la fin "S'il [le foetus] n'est pas un personne, ne sommes-nous pas tous fous ?"

Un deuxième lecteur rappelle que d'après le code civil l'enfant conçu pendant le mariage est considéré comme légitime et que cette légitimité est présumée s'il naît entre 180 et 300 jours après la mort de son père. Il rappelle qu'il s'agit de l'application d'un principe de droit romain qui en matière de droit considère l'enfant conçu comme né : "infans conceptus pro nato habertur".

Enfin, un 3ème lecteur souligne que toutes les protestations qui ont eu cours dans cette affaire n'existeraient pas si l'on admettait que le foetus est réellement un être humain, au moins en devenir tout en disant "qu'il existe des cas où l'avortement peut être nécessaire, voire indispensable à tout le moins compréhensible." La loi Veil "n'est pas une avancée pour le droit de la femme à disposer de son propre corps mais un pansement nécessaire sur des situations de détresse que l'on ne peut condamner comme on le faisait avant cette fameuse loi" conclut-il.

La Croix 17/12/03 

 

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