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Revue de presse du lundi 08/12/03

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A propos de la révision des lois de bioéthique...

Le projet de loi relatif à la bioéthique sera soumis à partir de demain en deuxième lecture aux députés. Il a déjà été adopté en première lecture par les sénateurs le 30 janvier 2003.

Cinq grands chapitres seront passés en revue : les greffes d'organes, l'assistance médicale à la procréation, le diagnostic prénatal et pré-implantatoire, la recherche sur l'embryon et le brevetage du génome.

Dans le Figaro du jour, 12 experts en bioéthique adressent une lettre ouverte à Jacques Chirac. Citons parmi eux Guy Coq, essayiste, professeur agrégé de philosophie, Claude Huriet, professeur de médecine, président de l'Institut Curie, Lucien Israël, professeur, cancérologue, membre de l'Institut, Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, Elisabeth Montfort, député français au parlement européen, Marie-Odile Rethoré, professeur, généticienne, membre de l'Académie nationale de médecine ou Paul de Vigerie, président de la Confédération nationale des AFC

Ils appellent l'attention du président sur "l'approche éthique et scientifique très délicate qui sous-tend la révision en cours de ce texte, notamment à propos de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, comme sur la question du clonage". Ils demandent que le clonage thérapeutique soit autant sanctionné dans le Code pénal que le clonage reproductif. En effet, le clonage thérapeutique n'est qu'un clonage reproductif interrompu. En ce qui concerne la recherche sur les embryons ils soulignent qu'il n'y a aucune raison scientifique d'autoriser une recherche qui détruit l'embryon ni de permettre la conception d'embryons à des fins dites thérapeutiques. Ils dénoncent que l'on veuille élargir l'expérimentation aux nouveaux embryons surnuméraires et non plus "seulement" aux embryons actuellement conservés. Enfin, ils rappellent l'urgence de trouver des financements pour les recherches sur les cellules souches adultes, qui, elles ne posent aucun problème éthique et ont déjà des résultats probants.

Le journal La Croix rappelle qu'un article inscrit dans le projet de loi propose de faire du clonage reproductif un "crime contre l'espèce humaine". Le clonage reproductif serait ainsi punissable de trente ans de réclusion criminelle et de 7,5 millions d'euros d'amende.La prescription commencerait à courir à partir des 18 ans de l'enfant cloné.
De nombreuses questions demeurent quant à la possibilité d'appliquer une telle loi ainsi  que les retentissements qu'elle pourrait avoir pour l'enfant cloné. C'est pourquoi, estime Frédérique Dreiffus-Netter, directrice du centre de recherche en doit médical de Paris V "on s'y prend beaucoup trop tôt pour légiférer à propos d'un acte qui ne sera peut être jamais réalisé, et dont on ne sait pas quelle forme il pourrait prendre".

Enfin, dans l'Express, Jean-François Mattéi s'explique sur la bioéthique en général. Revenant sur l'amendement Garraud, il estime que celui-ci ne remet pas en cause l'IVG et n'influence pas le statut de l'embryon puisque "depuis la loi Veil de 1975, le législateur parle de l'embryon et encadre les atteintes qu'on peut lui porter sans pour autant s'engager dans la définition du statut".
Interrogé sur les questions soulevées par la future révision des lois de bioéthique, Jean-François Mattéi cite un rapport de l'Inserm qui "démontre que nous avons une attitude eugénique. Il précise "qu'il ne s'agit pas d'une décision collective, mais bien de la somme des décisions individuelles qui aboutit à une dérive eugénique de fait". Il souligne que toute la difficulté de la bioéthique consiste à mettre au diapason la science et les consciences.

Sur la question du clonage, il réaffirme sa volonté d'assimiler le clonage reproductif à un crime contre l'espèce humaine. "En revanche , si le clonage thérapeutique doit être interdit [car il risque de dériver vers le clonage reproductif et le commerce des ovules, deux pratiques incompatibles avec la dignité humaine] on peut déroger provisoirement à l'interdit tant que l'embryon est le seul moyen d'obtenir des cellules souches, en attendant de pouvoir en trouver ailleurs."

Concernant les bébés médicaments, M. Mattéi estime qu'il est difficile de refuser à un couple dont l'enfant est malade la possibilité de recourir au diagnostic pré-implantatoire mais il s'interroge également sur les conséquences éthiques dans le cas où aucun des embryons conçus ne serait compatible avec l'enfant malade.

Enfin sur le transfert d'embryon post mortem M. Mattéi ne souhaite pas qu'une femme puisse avoir un enfant d'un homme après la mort de celui-ci."Il ne peut y avoir d'héritiers dans les congélateurs" affirme t-il.

 Le Figaro  08/12/03 - L'Express (Jean-Marc Biais - Jacqueline Rémy) 05/12/03 - La Croix (Marianne Gomez) 08/12/03

 

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Polémique autour du Téléthon

Polémique autour du TéléthonDans le journal Libération, des personnes handicapées s’insurgent contre le « voyeurisme et la compassion » exposés par le Téléthon. (cf revue de presse du 05/12/03)

 

Un handicapé précise : « Je voudrais dire mon indignation sur le fait de mettre un compteur et une caisse enregistreuse sur la tête des handicapés pour faire grimper le compteur ».

Les chercheurs du CNRS disent que l’État se débarrasse à bon compte de son devoir de financement de la recherche publique. Florence qui souffre d’une maladie génétique, est contre ce financement. Elle dénonce « la quête fondée sur la pitié … Je souffre bien plus des discriminations, que de la maladie». Elisabeth Auerbacher, avocate, atteinte d’une maladie génétique est choquée par le Téléthon qui « fait croire aux gens qu’on va les guérir, dans la grande majorité, il n' y a pas de retombées directes sur l’amélioration du quotidien des malades ».

 

Enfin pour la psychanalyste Maudy Piot, le Téléthon « est le moyen extraordinaire qu’on a trouvé pour déculpabiliser les gens. »

Libération (Didier Arnaud) 06/12/03

 

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Interruption involontaire de grossesse : Dominique Perben recule

Le ministre de la Justice a annoncé vendredi qu'il allait demander le retrait de l'amendement Garraud lors de son examen au Sénat : "l'amendement Garraud pose plus de problèmes qu'il n'en règle" a déclaré Dominique Perben.

Rédigé par le député UMP Jean-Paul Garraud, l'amendement créant le délit d'Interruption Involontaire de Grossesse (IIG) a été adopté le 27 novembre par les députés avec le soutien du gouvernement (cf revue de presse du 28/11/03). Il prévoit de punir d'un an de prison et de 15 000 euros d'amende une interruption accidentelle de grossesse provoquée par un tiers contre la volonté de la mère, par "une maladresse, une imprudence, une inattention, une négligence ou un manquement à une obligation de résultats".

Vendredi, J.P. Garraud a déclaré : "je reste persuadé que j'avais raison, je n'étais pas le seul, le garde des Sceaux l'a écrit, la chancellerie m'a aidé à rédiger mon texte"

Lire en ligne la réaction de Jean-Paul Garraud

Libération (Blandine Grosjean)  06/12/03 - Le Monde (Sandrine Blanchard - Nathalie Guibert) 08/12/03 - Le Nouvel Observateur 08/12/03 - Le Figaro (Guillaume Tabard) 06/12/03 - La Croix 08/12/03

 

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Droit de veto pour les donneurs de spermatozoïdes

Le département de la santé Australien propose un projet de loi visant à donner un droit de contrôle plus important aux donneurs pour l’utilisation de leurs spermatozoïdes congelés. Cette loi permettrait de donner un droit de veto, même après que l’embryon ait été conçu chez la femme désireuse d’avoir un enfant via une banque de sperme. Cette mesure expose la femme enceinte à un avortement forcé au cas où le donneur retire son accord.

 

Sandra Dill, directeur général du groupe ACCESS Infertililty Network, précise qu’un homme « donne » pour aider un couple stérile et qu’il serait illogique de lui redemander son consentement à chaque stade du traitement. Mme Dill propose une période de réflexion  «  cooling off period » entre son don à la banque du sperme et la création d’embryon.

The Sydney Morning Herald  National 07/12/2003

 

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Injection intracytoplasmique de spermatozoïde : le bilan...

Élise de la Rochebrochard, chercheuse à l'Institut national d'études démographiques et à l'Inserm a dressé vendredi le premier bilan de la prise en charge de l'infertilité des hommes.

Depuis 1992, la plupart des hommes stériles ont eu recours à l'injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI). La technique consiste à  injecter avec une aiguille, un spermatozoïde directement dans l'ovocyte.En 10 ans cette technique a fait doubler le nombre d'enfants nés par fécondations in vitro (10 000 par an). En 1998, 1,4% des enfants nés en France étaient conçus en éprouvette et l'ICSI représentait déjà 43% de toutes les fécondations in vitro. Aujourd'hui elle serait majoritaire.

Rappelons que chez 58% des couples stériles, l'homme est impliqué et dans 20% des cas il est le seul membre du couple infertile.

Cette nouvelle technique inquiète certains chercheurs qui s'interrogent sur les conséquences de ces manipulations pour l'ensemble de la descendance. L'autre préoccupation porte sur "l'éthique et la cohérence d'une démarche médicale où les risques de la technique [qui oblige les femmes à avoir recours à une stimulation hormonale] sont supportés par la femme, alors que celle-ci présente une fertilité normale".

Libération (Julie Lasterade) 06/12/03 

 

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Union Européenne : les OGM à l'ordre du jour

Le Comité permanent pour les denrées alimentaires de l'Union Européenne doit examiner aujourd'hui la demande de mise sur le marché du premier maïs génétiquement modifié. Dans le cas où la mise sur la marché serait autorisée, ce serait la fin du moratoire européen en place depuis 1999. 

21 autres aliments génétiquement modifiés sont, eux aussi, dans l'attente d'une autorisation de commercialisation ou de mise en culture.

Les États membres de l'Union Européenne sont fortement divisés sur cette question. Il y a donc fort à parier que cette mise sur le marché soit reportée à une date ultérieure.

  Libération (Denis Delbecq) 08/12/03 - Le Nouvel Observateur (Olivier Frégaville) 08/12/03

 

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