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Sept
députés européens* ont dénoncé hier l’existence d’un
accord secret sur la recherche à partir d’embryons humains.
L’accord aurait été passé au cours de la présidence espagnole
entre le Conseil, des services de la Commission et la commission
parlementaire de l’industrie. L’accord, conclu à l’insu des
autres membres du Parlement et des gouvernements des Etats membres de
l’Union, viserait à sécuriser l’inclusion de la recherche sur
les embryons humains dans le financement de l’Union européenne, méthode
pourtant jugée illégale dans plusieurs pays européens.
Sont accusés, l’ancien ministre espagnol de la Recherche,
plusieurs membres de la Commission parlementaire sur l'industrie, le
commerce extérieur, la recherche et l’énergie (ITRE) et le
Commissaire à la Recherche Philippe Busquin. Celui-là même qui
avait rejeté le rapport Fiori sur les incidences éthiques,
juridiques, économiques et sociales de la génétique humaine.
Le Pr. Bernat Soria, chercheur espagnol de l’Institut de
biotechnologie de l’université Miguel Hernandez de Elche (Alicante)
a obtenu avant l'été le premier financement de l'Union Européenne
pour poursuivre ses recherches sur les cellules souches d’embryons
humains. Ces recherches étant interdites en Espagne, il a créé un
consortium multinational de 8 laboratoires : un espagnol, 3
anglais, 2 allemands, 1 suisse et 1 belge. Les travaux ont été
distribués entre les laboratoires en fonction de leurs législations
nationales. L'objet des travaux est de transposer à des cellules
souches issues d'embryons humains des techniques mises au point il y a
deux ans sur des embryons de souris,
qui visent à transformer ces cellules souches d'embryons en cellules
pancréatiques productrices d'Insuline. Les essais cliniques seraient
prévus d'ici à 5 ans.
Les sept députés demandent «l’ouverture d’un
vrai moratoire, c’est-à-dire permettant au Conseil de réexaminer
cette question controversée en décembre 2003, conformément à la
procédure existante (art 166.4 du traité CE)». La député
française, Elizabeth Montfort, ajoute que «durant cette période,
il est du devoir de l’Union de favoriser l’avancée de la
recherche sur les cellules souches adultes qui, à la différence de
la méthode embryonnaire, et en dehors de tout débat éthique, ne présentent
notamment pas de risque de rejet de greffe».
* Hiltrud Breyer (Verts
– Allemagne), Dana Scallon (Irlande - PPE-DE), Conceptio Ferrer
(PPE-DE – Espagne), Elizabeth Montfort (PPE-DE – France), Mario
Mauro (PPE-ED – Italie), Bernd Posselt (PPE-DE – Allemagne) et
Jose Ribeiro (UEN – Portugal)
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