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Lors
du colloque "Bioéthique et santé mentale : Sexualité et
handicap" au Sénat (cf. revue de presse du 23/10/02), une table
ronde a été organisée avec Jean-Marie Le Méné, président de la
Fondation Jérôme Lejeune, et le Professeur Jacques Milliez, chef du
service de gynécologie obstétrique de l'hôpital Saint-Antoine à
Paris. Le thème de la table ronde était : "prédiction
prénatale, stérilisation et eugénisme".
Le Professeur Milliez a montré que dans son service de
dépistage prénatal (DPN) il pratiquait "l'euthanasie
foetale" qu'il qualifiait d'"eugénisme médical".
"Un bon eugénisme" précise-t-il puisque répondant
à la liberté des parents. A ne pas confondre avec l'eugénisme
criminel qui est organisé, planifié, politique.
Pour Jean-Marie Le Méné, "cette
simplification est irrecevable". Il n'y
a pas un "gentil" et un "méchant"
eugénisme car dans tous les cas il y a des victimes. Refusant l'idée
que le DPN n'est pas eugénique sous prétexte qu'il s'inscrit dans
une démarche individuelle, Jean-Marie Le Méné
montre au contraire que tout est organisé pour parvenir à un
dépistage de masse. "Effectivement,
le dépistage de la trisomie 21 est un dépistage de masse (cf. rapport
du Pr. Mattei de décembre 1996), généralisé et remboursé par
la Sécurité sociale sans condition d’âge. Les chiffres parlent
d’eux-mêmes : jusqu’en 1996-1997, le nombre annuel de
naissances vivantes d’enfants trisomiques 21 était d’environ 900,
en 1999 ce nombre est d’environ 300. En trois ans, le nombre a été
divisé par trois. Et cela coûte plus de plus
de 600 MF pour 670 000 femmes (demain plus de 700 MF pour 750 000
femmes enceintes, soit 100 millions d’euros)".
On parle même pour les trisomiques 21 qui n'ont pas été dépistés
de "taux d'échappement".
A ceux qui refusent de considérer que le DPN est eugénique
arguant du fait qu'il est fondé sur le libre choix des parents,
Jean-Marie Le Méné pose la question : peut-on vraiment parler de
liberté pour les parents d'un enfant trisomique quand la solution qui
leur est proposée après diagnostic est l'interruption médicale de
grossesse et qu'aucun effort n'est fait pour la recherche par les
pouvoirs publics ? Quand
on consulte ORPHANET qui regroupe les recherches faites sur 900
maladies rares,
s’agissant de la trisomie 21, "on trouve 72 laboratoires qui
font du diagnostic, 100 centres qui font du conseil génétique,
seulement 6 projets de recherche mais aucun à visée thérapeutique".
Pour Jean-Marie Le Méné, les intentions des auteurs de ces
pratiques eugénistes ne suffisent pas pour masquer la violence de la
réalité, de même que supprimer le mot "eugénisme" des
dictionnaires comme certains le souhaitent.
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