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C'est
aujourd'hui que la chambre criminelle de la Cour de cassation doit se
prononcer sur le statut de l'enfant à naître : peut-il être victime
d'un homicide involontaire ?
Rappelons les faits : suite à la mort d'un enfant en train de
naître due aux négligences du suivi médical du gynécologue,
celui-ci avait été condamné pour homicide involontaire en janvier
2000 par la cour de Versailles. Le gynécologue avait alors fait un
recours en cassation (cf. revue de presse des 12/02/02,
06/06/02 et 07/06/02).
Plaidant pour que son client ne soit plus poursuivi, l'avocat
du gynécologue s'est appuyé sur la décision du 29 juin 2001 selon
laquelle "une interprétation stricte de la loi pénale
s'oppose à ce que l'incrimination d'homicide involontaire soit
étendue au cas de l'enfant à naître".
Rappelons que certains ont
considéré cet arrêt (affaire Grosmangin) comme "un arrêt
historique, apparaissant un peu pour des pénalistes comme l’équivalent
de l’arrêt Perruche pour les civilistes".
L'avocat général, Dominique Commaret, ne s'y est pas
trompée. Le 6 juin dernier, elle a soutenu dans ses conclusions qu'il
fallait considérer l'enfant naissant comme un nouveau né. Pour cela
elle s'est appuyée sur l'avis du CCNE selon lequel "l'embryon
humain dès la fécondation appartient à l'ordre de l'être et non de
l'avoir, de la personne et non de la chose" et de la
Convention de New York de 1990 (ratifiée par la France) qui pose le
principe d'une "protection juridique appropriée avant comme
après la naissance".
Après
les arrêts Perruche et Grosmangin nous nous trouvons dans la
situation paradoxale où comme le dit le Professeur Hauser :
"est puni civilement celui par la faute duquel le foetus est
arrivé à la vie, et n’est pas puni pénalement celui par la faute
duquel il est arrivé à la mort".
Quelle relation de confiance peut alors s'établir entre
le médecin et ses patients ?.
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