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La
Cour de cassation a examiné hier le pourvoi d'un médecin poursuivi
pour l'homicide involontaire d'un foetus (cf
notre revue de presse d'hier). Une fois de plus, la haute
juridiction devra se prononcer pour dire si celui qui est responsable
de l'accident peut être poursuivi pour homicide.
Dans son réquisitoire, maître Didier Le Prado, qui défend le
médecin mis en cause, estime que "la loi pénale est
d'interprétation stricte : causer la mort d'autrui est un homicide.
Cet autrui est nécessairement une personne. Or un foetus n'est pas
une personne, il est un être vivant, et n'acquiert la qualification
de personne que par la naissance".
Ce à quoi, l'avocat de la jeune femme a répondu en faisant la
distinction entre "la personnalité juridique, au sens civil
du terme, qui s'acquiert à la naissance et l'enfant à naître, être
de chair et de sang que le droit pénal protège".
L'avocat général, Dominique Commaret, de son côté, a
demandé à la chambre criminelle de considérer la situation de
l'enfant à naître assimilable à celle de l'enfant en train de
naître. Elle a ainsi démontré que celui-ci pouvait être victime
d'un homicide. A cet effet, elle a rappelé que depuis 1993, on peut
inscrire sur les registres de décès un enfant mort-né après
dépassement du seuil de viabilité. Par ailleurs, elle a souligné la
reconnaissance des actes médicaux des médecins qui "traitent
le foetus comme un patient à part entière et donc comme un être
vivant (...) dès lors qu'il est porté par un projet parental". Parallèlement,
elle a souligné les "effets dévastateurs" qu'il y
aurait à exempter de sanctions les professionnels qui causent la mort
in utero, alors que si les mêmes sont responsables de lésions
causées à l'enfant à sa naissance, ils seront poursuivis".
Celui qui s'efforcerait de sauver la vie du foetus qu'il aurait
blessé s'exposerait à des poursuites pénales alors que son
confrère qui laisserait mourir sa victime bénéficierait d'une
totale impunité.
La décision est attendue le 25 juin prochain.
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